Sceptique

18 juin 2013

ENFANCE EN DANGER? RAISON GARDER!

Il y a des enfances malheureuses, à base de négligences diverses, ou de maltraitances caractérisées. Il y a des accidents mortels, causés par des parents, des pères, le plus souvent, qui oublient l'espace d'un instant le rapport de forces inégal, en leur faveur, la fragilité d'un enfant en bas âge. Il y a des étourderies, dont on se demande quelles peuvent en être les séquelles morales, qui font oublier une enfant dans une voiture, où il mourra d'un excès de chaleur.

On peut ajouter à ces fautes tous les accidents mortels dont les enfants sont victimes en raison de leur ignorance du danger. Tout accident survenant à un enfant peut être relié à un manquement de quelques instants de sa surveillance par un adulte. 

Pour autant, c'est à se demander quelle instance invisible les protège, l'enfant d'aujourd'hui, et d'ici, a bien plus de chances d'atteindre l'âge adulte qu'un enfant d'autrefois, ou d'ailleurs.

De nos jours, la mort d'un enfant, même de maladie, est un scandale, l'échec de notre mission d'accompagement vers l'autonomie de l'adulte, responsable de ce qu'il fait de sa vie. Dans la première phase de cette vie d'adulte, la prudence et la raison sont plutôt considérées comme des faiblesses peu glorieuses. Mais c'est une autre histoire.

Cette inconséquence fondamentale du jeune humain, même majeur, au regard de la Loi, la rationalisation collective, incarnée par les chercheurs en prévention, tente de la maitriser à l'aide de garde-fous, à inventer, ou à perfectionner. Or, parmi ces inconséquences, la jouissance de "faire" des enfants, tant du côté des pères, que des jeunes mères, est plus que jamais un droit sacré. Que la "puissance publique" s'engage à soutenir et à garantir. La situation de crise économique que nous vivons a réhabilité le concept de famille élargie, abritant et nourrissant trois générations sous le même toit et autour de la même table. Mais ce n'est pas toujours possible, et beaucoup de jeunes couples, chargés d'au moins un enfant, sont confrontés à la pauvreté aggravée. C'est  dans cette catégorie qu'il y a le plus de risques que l'enfant soit un motif de dispute, plutôt que de rapprochement et de solidarité.

La liberté qui fonde notre société n'est pas une fiction, comme elle est parfois dénoncée. Mais elle angoisse tous ceux qui savent qu'il peut en être fait un mauvais usage. Et la découverte fortuite, de temps en temps, de cas de maltraitance ou d'infanticide intentionnel, entretient cette angoisse de "passer à côté" d'autres cas. Et quand "ça" arrive, à coup sûr, il y a une défaillance des services chargés de cette protection, passant nécessairement par une intrusion dans l'intimité des familles.

La distance entre la conscience professionnelle et le procès d'intention est courte. L'opacité des murs qui abritent les familles exacerbe la défiance. La tentation d'affecter d'un coefficient multiplicateur à la situation connue, crée une situation inconnue, mais tout aussi vraie

La proportion de dix pour cent d'enfants maltraités et en danger de mort a surement une commodité pour l'esprit. Il laisse une marge substantielle à un dépistage inquisiteur. Ce qu'une société attentive mais libérale ne peut pas réaliser. Est-ce que cette impossibilité autorise à parler de "phénomène de santé publique massif"? Comme on a pu le faire pour d'autres supposés vices cachés de notre société*?

Pourrait-on améliorer la situation par une suspicion systématique et généralisée? Où se situerait la limite entre une liberté "normale", dont on sait qu'elle s'arrête où commence celle des autres....dont les enfants font partie, et une "liberté surveillée", ou "conditionnelle", établissant une présentation obligatoire des enfants déclarés, à quelle fréquence, et devant qui? Je doute que la société française approuve, par son vote,  une telle évolution.

Ce n'est pas parce que la criminalité est plus visible et mieux médiatisée qu'elle est réellement pire que dans le passé. La connaissance crée de nouvelles obligations pour la puissance publique. Mais la raison doit s'opposer à des débordements incontrôlables.

Sceptique

*L'inceste, supposé méconnu d'un facteur dix! 

Source:le Monde du 15 Juin 2013, p.11-Société

 

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16 juin 2013

IRAN : UNE LUEUR D'ESPOIR.

L'élection à la présidence de l'Iran de Hassan Rohani, le seul candidat "modéré", "réformateur", autorisé par le Guide Suprême, dès le premier tour, a surpris le monde entier. Un dernier sondage, publié la veille, annonçait une avance d'un "dur" à la suite de ce premier tour.

On sait maintenant que l'heureux cadidat a fait campagne en direction des jeunes, contre lesquels s'étaient déchaînés, en 2009, Ahmadinejad et ses protecteurs religieux, et dont le désespoir aurait pu justifier une abstention massive. Il les a mobilisés, il les a convaincus d'avoir un dernier geste d'espoir et de confiance. Il avait critiqué, pendant sa campagne, la dérive agressive de son prédécesseur, et les conséquences économiques qu'elles avaient entrainées, maintenant l'Iran dans la pauvreté.

J'ai été, comme tous ceux qui pensent aux hommes subissant des dictatures, rempli de joie par ce résultat "incroyable".

Bien sûr, la théocratie des ayatollahs n'est pas abattue, elle peut "mettre des bâtons dans les roues" de l'élu, lui faire perdre la confiance mise en lui. Mais il a promis de reprendre autrement les discussions avec les américains sur la question des buts de l'industrie nucléaire.

De toute façon, le résultat confirme que le temps de l'étouffement de la pensée est révolu, que la jeunesse sait se passer de la presse et des médias autorisés pour entretenir et diffuser sa pensée libre. Le régime peut faire toutes les misères possibles aux journalistes, c'est totalement vain. L'expression "corporelle", active, de l'opposition au régime est encore très risquée, mais cette répression brutale est maintenant impuissante. Le facteur nouveau est sans discussion l'usage d'Internet!

Restent les dégâts infligés à l'économie et leurs conséquences sur la vie de l'ensemble de la société. C'est ce handicap qui retarde ou compromet l'effet des bouffées de liberté imposées par les jeunes aux gérontocraties cramponnées à leur pouvoir et à leurs privilèges. Ce qui explique les résultats encore partiels des différents "printemps" arabes. Qu'on songe à notre Révolution, et au temps qu'il lui a fallu pour être définitivement acceptée. L'histoire allait bien moins vite, encore.

Sceptique

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15 juin 2013

LES DISCOURS DU DOCTEUR HOLLANDE, LES SILENCES DU COLONEL HOLLANDE.

Quelques jours après la réunion dont j'ai rapporté l'essentiel dans mon dernier billet, j'ai replongé dans l'affaire en participant à l'assemblée générale de la Coopérative rurale*, qui a, bien avant la nationalisation de 1945, équipé les zones rurales de mon département. Organisme associatif, sans but lucratif, elle a échappé à la nationalisation, et a conservé la responsabilité de distribuer un courant qu'elle ne produit pas elle même.

En guise de conclusion, les électriciens qualifiés qui gèrent ce service au profit des populations rurales, peu nombreuses, mais dispersées, ont exprimé la douleur que leur causent la surdité et la cécité de ceux qui exécutent la politique de l'énergie à l'échelle nationale, élaborée dans les cénacles des partis politiques, d'abord, et adaptés vaille que vaille par les ministères, "cornaqués" par le clergé de la nouvelle religion**. 

S'il y a eu décentralisation administrative et politique, ce qui n'a pas été sans inconvénient sur le coût de cette nouvelle administration, il y a, par contre peu visible, une centralisation idéologique. Chaque Ministre décide, selon les convictions qui l'animent, ce qui est bon, et ce qui est mauvais, pour les citoyens, dans le domaine qui est le sien. Au moins pour ses débuts (un an, ça passe vite), la nouvelle majorité affiche une complaisance manifeste pour le droit de propriété sur leur champ d'action, exercé par les ministres. Ça commence à changer, mais comme pour la pêche au gros, il ne faut pas tirer trop brutalement sur la ligne. Les espadons et autres marlins ne se sont encore aperçus de rien, et auront des forces pour faire de la résistance.

L'obsession du collectif a guidé les premiers pas de la nouvelle majorité et de son chef, François Hollande, élu dans les règles de la Vème République, mais qui semble avoir cru pendant quelques longs mois qu'il pouvait reproduire à l'échelle nationale ce qui était considéré comme bon par le Parti Socialiste, mais aussi, sous d'autres formes, par le parti EELV. Or ce dernier parti a des convictions beaucoup plus fortes, sans concessions, que le Parti Socialiste, majoritaire en voix et en sièges, mais pas en idées. 

Le P.S., pour résumer, travaille pour ses électeurs, ce qui est normal, mais dans le court terme. Or, l'équation est simple: il suffit qu'un facteur soit réduit à zéro pour que le résultat le devienne aussi. Impossible de réduire à la misère une quelconque catégorie de mal-pensants, sans ruiner l'ensemble, bien-pensants compris.

Pour le parti EELV, les convictions sont beaucoup plus claires: le modèle de développement et de prospérité qui nous porte depuis deux siècles est une impasse, et doit être abandonné, sans état d'âme. Rien n'y est bon, tout est à jeter. Que le futur, à leurs yeux, soit une frugalité nécessaire pour tous, n'est pas le problème. C'est sa solution. Que les ouvriers fabriquant des gadgets inutiles soient jetés à la rue fait partie des solutions. Ce qui les ferait soupirer, c'est qu'ils puissent rester à leur poste, et qu'il continuent à pourrir les esprits des consommateurs. Que le reste du monde persiste dans l'erreur ne les trouble pas. Le monde se trompe, point barre. La France doit être la fille ainée de la nouvelle Église. En y parvenant, les français restaureraient leur réputation d'être le peuple le plus intelligent de la terre.

Le dilemme du Président de la République, on le sent, c'est d'avoir à choisir entre le repli austère dans le désert, qui le deviendrait ,non pas par la sécheresse qui ne se commande pas, mais par le choix d'une baisse des rendements, et d'une autarcie totale des territoires, ou de reprendre la course avec les autres peuples, et rester, si possible, dans le peloton de tête.

D'un côté comme de l'autre, il y a la nécessité impérieuse de revenir sur sa parole, sur ses promesses, également partagées entre "bonne chère" et "sobriété".

Sceptique

*Toutes les communes détiennent quelques parts sociales.

**Quelques principes de la religion fondatrice, le marxisme-léninisme, doivent aussi être sauvegardés, par respect.

Note additionnelle: Je semble tenir pour rien l'opposition déclarée à ce gouvernement, répartie entre la droite, l'extrême-droite, et l'extrême-gauche. C'est mon constat, qui me laisse serein. Le bruit qu'elles font ne trouble pas le jeu de ceux qui se partagent le pouvoir, qui constituent la majorité disponible à la prise de décision. Le seul élément décisif est la fêlure originaire entre les partenaires de la coalition. L'avantage institutionnel du Président de la République oriente le pronostic, mais ne fixe pas le moment.

 

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11 juin 2013

L'ÉNERGIE VUE PAR LE PETIT BOUT. UNE MESSE VILLAGEOISE.

Je représentais mon village, hier, à la réunion du Syndicat intercommunal de l'énergie, une des feuilles de la structuration de la vie politique locale et  française. Elle a, elle avait, pour être précis, la fonction d'assister les communes dans les domaines de la distribution de l'énergie (réduite à l'électricité dans la plupart des zones rurales) et de son utilisation collective (éclairage public).

Je dis "avait", car il s'est formé, au dessus de ces feuilles couvrant les territoires de communes regroupées en communautés (de communes), une autre feuille, recouvrant tout le département: la Fédération Départementale de l'Énergie. Qui a maintenant la haute main sur les finances et les normes techniques de l'équipement et des réseaux communaux de distribution. Les syndicats ne sont plus que des transmetteurs de dossiers.

Alors, quand même, l'État semblerait finalement décidé à supprimer une feuille, et son coût, celle des Syndicats intercommunaux de l'Énergie. 

Si je pars de cet événement très mince, qui, même répété sur tout le territoire français, n'allègera pas beaucoup la dette publique, c'est parce qu'en fin de messe, nous avons eu droit à la lecture de l'Évangile selon Hollande. Dont la rédaction a été pluripartite, un contrat de gouvernement.

Sa motivation est la menace de la Déesse Nature d'un réchauffement implacable, sous l'effet des gaz à effet de serre que nous produisons, combinée à celle du Démon nucléaire, qui vient de dire aux japonais ce qu'il pensait des humains.

Le contrat politique signé sous cette double menace comporte logiquement un coup de frein à nos besoins d'énergie, un autre modèle de croissance....négative, et une révision drastique de nos procédés de production: les plus "renouvelables" possibles.

C'est alors que la méditation à voix haute des orateurs, le président du Syndicat, le représentant de la Fédération, a "lâché", en direction de l'auditoire, tous les obstacles accumulés en amont, et tous les inconvénients, quantitatifs, de la grande oeuvre fixée comme cap. 

Ègrenant les diverses sources de production, par ordre de prix de revient (à faire payer, idéalement, par le consommateur), les sources substituables au nucléaire sont affectées des facteurs 2, 3, 4, jusqu'à 7 pour la plus chère, la photo-voltaïque. Les + 15% qui ont fait hurler le Président de la République donnent une idée de l'accueil que feront les électeurs à ces futurs tarifs d'une électricité vraiment "écologique". Ces deux messieurs raisonnables et pragmatiques étaient saisis par le doute. Un pouvoir politique sans tentation totalitaire ne pourrait jamais faire passer des tarifs doubles ou triples des actuels.

Une idée intéressante fut avancée: constatant que la distribution organisée à l'échelle nationale, toutes les sources étant interconnectées, était inadaptée à la puissance des sources d'énergie renouvelable, des solutions d'autonomie, à l'échelle d'un village, comme une ou deux éoliennes, n'alimentant que la commune propriétaire, s'imposeraient peut-être. Ce serait une révolution culturelle. Les habitants pourraient aussi s'habituer à des coupures, compensées par des batteries chargées pendant les mises sous tension du réseau local. Tant il est évident que le peuple de demain ne se déshabituera pas de l'électricité....s'il n'y a pas de soviets pour l'y contraindre.

Pour le moment, il ne s'agit que de fantasmes. Les interrupteurs sont toujours fonctionnels, libérant, ou ne libérant pas, la fée Electricité.

Sceptique

*Je ne mentionne que pour faire sourire, encore franchement, la méthode imaginée par Jean-Pierre Mocky, dans son film "Les Gaspards", une "centrale" formée de vélos fixés, dont les dynamos sont activées par des reclus volontaires ou "de service", pour satisfaire les besoins minimaux d'éclairage. 

 

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07 juin 2013

BEAUCOUP DE FRIC POUR RIEN!

C'est un article dans le Figaro.fr d'aujourd'hui. Il rapporte une étude pharmacologique (publiée dans Human Reproduction, dirigée par Bernard Jegou, de l'INSERM) qui aurait abouti à la conclusion que les antalgiques courants pris régulièrement (aspirine, paracétamol) étaient susceptibles de faire baisser le taux de testostérone, et donc, "a priori", de retentir sur les fonctions viriles*. Comme, depuis quelque temps, le désir et la puissance, sont "tabou", il n'est supposé qu'une baisse de la fertilité. Quelle affaire!

Cet article m'a fait sourire. L'âge des prises régulières d'antalgiques, n'est pas celui de la bagatelle et de la satisfaction du désir d'enfant, que dis-je, de la satisfaction du droit à l'enfant.

Je suis trop indulgent: les autres commentaires sont sarcastiques, sans retenue. La stupidité du sujet de l'étude provoque des gorges chaudes, les lecteurs ont passé un bon moment!

Qui a demandé l'étude, qui l'a payée? S'il ne s'agissait que de tester la sagacité des lecteurs, le résultat est probant. Mais l'évaluation du Q.I. des mâles français méritait-elle cette dépense?**

Sceptique

*J'oubliais de préciser que ces conclusions résultaient, non d'une collecte de cas d'hypo-fertilité ou d'anomalies du sperme de patients sous antalgiques courants, mais d'études "in vitro" de l'agressivité de ces molécules sur du tissu testiculaire en culture. Le cheminement déductif me semble court.

**Démontrer à grands frais la dangerosité de la civilisation post-paléolithique, a pris une place importante, et qui fait sérieux, dans le monde d'aujourd'hui.

 

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"DES PAROLES ET DES ACTES", ET FRANÇOIS FILLON: UN FRANC SUCCÈS.

François Fillon, ancien Premier Ministre de Nicolas Sarkozy, et se posant comme candidat à la Présidentielle de 2017, sous réserve du choix des électeurs lors de "primaires", se voyait reprocher, depuis qu'il s'était déclaré, de ne pas donner assez à voir et à entendre. Il a fait un "sans faute" lors de cette longue et éprouvante émission, dont l'essentiel et de tester les "nerfs" des personnalités politiques invitées. Même la "première gachette" déléguée par le gouvernement a rendu les armes.

D'un bout à l'autre, l'ancien Premier Ministre ne s'est jamais départi de son calme souriant, de son humour persifleur, et a refusé de tomber dans le piège du reniement de l'homme qu'il a accompagné et épaulé pendant cinq ans. S'il prend date pour l'élection présidentielle qui concluera le mandat de François Hollande, il présente cette "audace"comme son devoir envers la France et les français. Il s'en tiendra à cette position jusqu'au bout. Ni reniement de Nicolas Sarkozy, dont il prend simplement au mot son annonce d'un renoncement à la vie politique, ni attaques "ad hominem" contre ses possibles rivaux de la Droite Républicaine. La primaire les départagera, le vote des français répondra à la question de la valeur de son offre, et de ses mérites. Quant aux péripéties que connait l'UMP depuis quelques mois, il en voit le bout, et il justifie l'attitude pragmatique et pacifiste qu'il a adoptée.

Son "offre" consistera davantage à libérer les forces créatives des français, que d'imposer un système "prêt à porter" concocté par des experts de l'État. C'est à dire tout le contraire de ce que notre tradition monarchique et colbertiste nous souffle.

Il se réserve la liberté d'approuver, ou de désapprouver, les mesures que devra prendre François Hollande avant la fin de son mandat, en raison de la gravité et de l'urgence de la situation actuelle de la France et de l'Europe du Sud. 

Sceptique

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05 juin 2013

RETRAITES: POURQUOI LES FRANÇAIS ONT-ILS TANT DE MAL À S'ACCORDER SUR LE SUJET?

"I WANT MY MONEY BACK" : ce propos de Margaret Thatcher réclamant le remboursement de la contributiion britannique à l'Union Européenne, a une traduction française: "Je veux mon argent!". C'est le slogan souvent affiché par les futurs retraités, participant à des manifs contre toute réforme des retraites.

Lorsque je dis que les français n'ont toujours pas assimilé le système par répartition, je ne reçois en retour que des protestations. "Mais si, mais si, nous le savons".

Si c'était vrai, l'ajustement du fonctionnement du système aux évolutions économiques et démographiques n'aurait jamais du poser de problème à aucun gouvernement, de gauche, ou de droite. 

Or les gouvernements sont soit timorés jusqu'à l'abstention de tout abord du problème, soit obligés d'affronter des émeutes bien organisées et à monstrueux effectifs, et parfois un blocage complet des services publics. La réforme qui en résulte est incomplète et inégalitaire, ne frappant que les activités privées, touchant à peine la fonction et les services publics.

Les douloureuses réformes arrachées de haute lutte par les gouvernements de droite sont toujours insuffisantes, en retrait sur les chiffres implacables de l'allongement de la durée de la vie, et du raccourcissement de la durée de l'activité professionnelle, par le retard lié à la longueur des études, même les plus limitées, et par l'avancement du départ en retraite, soit par décision politique (la retraite à soixante ans), soit par nécessité économique, les seniors privés d'emploi n'ayant aucune chance d'en retrouver, dans une économie française en contraction régulière depuis des décennies. C'est le budget de l'État qui assure le comblement du déficit de fonctionnement du système.

"C'est bien fait!", disent ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. L'argent qui manquera à des investissements d'avenir ou plus essentiels, c'est "après nous, le déluge!".

L'inégalité structurelle qui persiste entre les systèmes de retraite publics et privés permet une utilisation des plus malsaines par les meneurs des protestations. Car pour le maintien de leurs privilèges, qui ne suscitent qu'une protestation bien molle, ils sont vigilants sur tout ajustement des retraites du privé, susceptible d'être étendu aux publiques, au nom de l'égalité. La mise en faillite des caisses privées, régime général et régimes complémentaires, n'est pas leur problème*.

Il y a, au coeur du système des retraites, des mesures démagogiques qui pèsent sur l'équilbre financier des caisses et sur le budget de l'État. Leur suppression figure dans la liste, "explosive", suggérée aux politiques actuellement au pouvoir. Le pouvoir d'achat des retraites du privé se réduira par ses deux extrémités: diminution des pensions, augmentation des impôts. Mais comme il est question, aussi, de s'attaquer aux privilèges des agents de l'État et des services publics, en allongeant à dix ans, au lieu des derniers six mois, la base de calcul du montant de leur retraite, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, et le Président François Hollande peuvent s'attendre à une vigoureuse offensive des syndicats concernés, testant leur capacité de résistance.

Le paradoxe, c'est que les salariés du privé, inconscients du fonctionnement de la répartition, pensent que les syndicats oeuvrent pour eux, défendent réellement leurs intérêts, et ils ne leur mesurent pas leur soutien, fournissant des effectifs aux manifs, et, le cas échéant, leurs voix aux politiques démagogues.

Sceptique

*Avant d'en arriver là, la solution sera de réduire drastiquement les pensions, même celles déjà "liquidées", comme ça s'est fait en Europe du Sud.

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04 juin 2013

INQUIÉTUDE POUR LE PANTHÉON: SI LES MORTS NE PARLENT PAS, ILS POURRAIENT SE BATTRE!

C'est une grave question qui se partage toute une page du "Monde" (la 17 datée du 1er Juin 2013...je date un peu, oui!). Deux journalistes éminents, férus d'histoire, glosent sur un projet du gouvernement: faire une place au Panthéon aux cendres de Pierre Brossolette, où elles cotoieront (la distance n'est pas indiquée), celles de Jean Moulin.

Aïe, aïe, aïe, proteste Pierre Péan, qui nous rappelle, ou nous révèle (c'est mon cas), que Pierre Brossolette haïssait affreusement Jean Moulin, pour piétinement de ses plates-bandes, pour favoritisme de la part du Général De Gaulle, leur chef commun. 

Les deux hommes sont morts en raison de leur engagement dans la Résistance, et du fait de leur capture par l'occupant et leur torture. Se seraient-ils réconciliés s'ils l'avaient su, chacun de leur côté? Pour Pierre Péan, historiographe de Jean Moulin, cette haine de Pierre Brossolette, un héros, pour son héros à lui, Jean Moulin, rendrait intolérable la cohabitation des deux cercueils dans le même mausolée.

Éric Roussel, également journaliste, mais historiographe de Pierre Brossolette, ne voit pas, lui, une fracture aussi grave entre les deux hommes. Il postule implicitement que, s'ils avaient vécu, leur brouille serait devenue bisbille. Il est donc franchement pour l'admission de Pierre Brossolette au Panthéon, et ne craint aucun éclat entre leurs fantômes.

La haine est la maladie de l'homme, de tous temps et en tous lieux. Elle sévit toujours autant dans notre société d'aujourd'hui, soigneusement entretenue par les politiques, qui en vivent. On ne peut que constater que la mort des protagonistes, professionnels, ou amateurs (nous tous), ne change rien. La haine est notre phoenix. Elle renait de ses cendres!

Les humains ont essayé de se détourner de cette éternité là, peu glorieuse, et égalitaire, en en inventant une autre, à mériter.

Chassez le naturel....

Sceptique

 

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03 juin 2013

QUELQUES NOUVELLES BRÈVES....

France: Madame Sylvia Pinel a été nommée Premier Ministre.

Par elle-même...

Turquie: La jeunesse se rebiffe...

Avec la bénédiction de l'Union Européenne, le Chef du Gouvernement, Recep Erdogan, grignotait l'héritage d'Atatürk, le réformateur de la Turquie, le fondateur de la République Turque, nationaliste, mais laïque. Nationaliste, la Turquie le restera encore longtemps, mais le parti au pouvoir veut restaurer, sur les corps et les esprits, celui de la religion historique, l'islam. Il faut regarder attentivement les jeunes en révolte, pour un motif sérieux de nos jours écologiques, mais grossi à dessein. Garçons et filles alternent lancers de projectiles divers sur la police, et chants et danses. Aucune fille ne porte foulard ou voile. Ils le disent, ils défendent la laïcité, pièce maitresse de l'oeuvre de Mustapha Kemal, Atatürk (Père de la Turquie).

Énergie:

"Ce n'est pas du gaz de schiste que les écologistes ne veulent pas. C'est, à terme, de n'importe quelle énergie à base de carbone." Christophe de Margerie, Président de TOTAL.

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02 juin 2013

UNE CIVILISATION BÂTIE SUR DU SABLE?

C'est tout à fait par hasard que j'ai pu voir un reportage de la chaine Arte, consacré aux problèmes posés par les besoins insatiables de sable d'une civilisation devenue mondiale, construisant ses infrastructures et ses villes avec du béton. À quoi bon un reportage, de nos jours, si le but n'est pas d'affoler l'homme moderne vautré avec insouciance dans les plaisirs de la société de consommation?

Ce dernier était conforme au genre, mais le problème est effectivement sérieux.

En deux siècles, la révolution industrielle partie de l'Europe occidentale et des États-Unis a gagné le monde entier. Nous avons contribué à cette diffusion dès le 19ème siècle en conquérant ce monde, profitant de notre rapport de forces très favorable. Pour certains conquérants, il s'agissait de se réserver des ressources naturelles et un marché pour les produits de l'industrie nationale. Quelques uns ont ajouté le noble projet de diffuser le savoir qui avait abouti à notre réussite, aux populations placées sous notre administration directe, pour notre commodité.

Si la possession et l'administration directe des territoires conquis ont complètement reflué, à quelques exceptions près, le modèle de civilisation, technique et matériel, qui l'avait permise, a été totalement adopté. Les rancunes, parfois tenaces, parce que politiquement utiles, n'englobent pas les éléments "incontournables" hérités de l'Occident, l'acier, l'électricité, la bagnole et son carburant, le béton, symbole de la solidité.

La mondialisation de ce besoin créé de toutes pièces par notre civilisation est considérée comme une boite de Pandore par nos propres penseurs, désespérés par l'approche de la limite des ressources diverses de la planète. En même temps, comment interdire aux humains peuplant le monde, en supposant que nous en ayons les moyens politiques et militaires, d'aspirer à notre bien-être et à ce qui le permet?  

Le béton a besoin de sable, une de ses matières premières. La folie mondiale du béton, faisant la solidité des immeubles, permettant une compétition vaniteuse de leur hauteur, la solidité des ouvrages d'art qui supportent les voies de chemin de fer, ou les autoroutes, a fait de ce "fluide" minéral, produit de l'érosion naturelle des roches siliceuses, une matière première profitable, valant la peine d'être extraitee et transportée au bout du monde, pour satisfaire une nouvelle soif.

Alors, partout où il y en a, les hommes, avec de petits moyens, sac par sac, ou avec des gros, s'ils sont organisés en sociétés, parfois mafieuses, prélèvent du sable, pour l'envoyer aux batisseurs du monde. Et ce prélèvement, de ce matériau à la fois solide et fluide, le met en mouvement et provoque des changements importants des côtes, faisant disparaître une autre source de bonheur de l'homme "moderne", la plage!

On entendait presque les sanglots (justifiés)des commentateurs, exposant ce désastre de plages réduites à une bande de quelques mètres, au pied de constructions, qui tombaient comme les premiers rangs des armées d'autrefois, sous l'effet des fusils de l'ennemi. Car la mer profite de la diminution du sable pour aller frapper plus loin, attaquant le socle continental, et ce qu'il supporte. 

Le paradoxe est que, pour satisfaire la demande de cet ingrédient du béton, "on" met à mal un autre trait de la prospérité des hommes, les vacances, les plaisirs de la plage et des bains de mer. La guerre entre ceux qui vivent du tourisme côtier ou de la pêche littorale, et ceux qui font leur beurre avec le sable sucé au large de ces côtes, est déclarée.

Mais c'est une guerre civile! Sans prospérité, pas de vacances (même si c'est le dernier poste sacrifié!). Quelques astuces sont proposées, très amusantes, rappelant les trois petits cochons: construire en bois et en paille comme isolant, fabriquer du sable en broyant finement le verre qui encombre les déchetteries (il est,  jusqu'ici, en grande partie recyclé, sous forme de bouteilles neuves.).

Il y a tellement de problèmes d'environnement posés par la prolifération et l'élévation du niveau de vie de l'humanité, que ce problème là n'est manifestement pas prioritaire. Comme les autres, il suscite des fantasmes malthusiens: empêcher les populations en retard de le rattraper. Attitude vaine et injuste. Tout aussi stupide, celle de nous sacrifier pour donner le bon exemple.

Encore du boulot pour les politiques!

Sceptique

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