Sceptique

24 mai 2012

Brèves du changement(II)

Les boutons de Maitre Badinter.


Maitre Badinter souffre d'une urticaire virtuelle, produisant des démangeaisons pénibles. Il ne supporte plus une disposition, contestable, de notre Constitution: la nomination automatique, à vie, des anciens Présidents de la République au Conseil Constitutionnel.

Cette allergie subite a une cause: cette disposition s'applique au président Nicolas Sarkozy, pour lequel Maitre Badinter éprouve une antipathie particulière. L'éminent avocat a été frustré, "son" Président, François Mitterrand, gravement malade à la fin de son mandat n'a pas pu exercer ce droit. Seuls en ont bénéficié, jusqu'à maintenant, les présidents Valéry Giscard d'Estaing, et Jacques Chirac.

Maitre Badinter trouve cette disposition inepte, dépourvue de raison(s). Je suis d'accord avec lui. Mais par qui a-t- elle été inscrite dans la Constitution de la Vème République? Par le Général De Gaulle, ou par ses fidèles, mais pas à son insu.Une façon de prolonger son rôle de guide de la Nation, sans les fatigues et les blessures d'une présidence. On sait que le Général, désavoué par un référendum, mode de consultation qu'il affectionnait, s'est retiré instantanément du pouvoir, et n'a pas fait valoir son droit à participer aux travaux du Conseil Constitutionnel.

Son successeur, Georges Pompidou, en sera empêché, lui, par sa mort prématurée. Si François Mitterrand avait été en état de prolonger son mandat par cette mission (c'en est une, forcément), qu'en aurait pensé Maitre Badinter?

Nicolas Sarkozy ne s'est pas occupé de cette affaire, secondaire. François Hollande pensera-t-il à soumettre cette suppression au Congrès?

 

Arnaud Montebourg n'est pas un ange. Qui en doutait?


François Hollande, candidat presque sûr de sa victoire, avait proclamé qu'il n'admettrait dans son gouvernement que des gens purs, sans casserole accrochée à leur veste*. Mais il n'avait pas précisé la taille, la matière, et le prix, de la casserole. Finalement, la raison dicte que c'est le prix qui compte. Et il doit bénéficier de l'amortissement. Jean-Marc Ayrault, le Premier Ministre, y a eu droit. "On" en a découvert une petite, assez ancienne, sur le tailleur de la Garde des Sceaux. Et enfin, pas besoin de recherche, "IL" vient de s'en faire attribuer une, Arnaud Montebourg, Ministre du Miracle. Un poste clé! 

Pour un Euro, on n'a plus rien. Un "pin" au revers du veston, pas plus. Alors, pas question de se priver du thaumaturge. "Il faut donner du temps au temps". La vie va plus vite, mais les miracles se font attendre. Le Président François Hollande a fait tourner son exigence en même temps que sa montre**.

Sceptique

*L'expression est obsolète, en ces temps de parité. 

**En ce moment, circule sur le net une amusante photo du Président François Hollande, consultant sa montre. Mais "elle" est tournée vers l'objectif du photographe! C'est sans doute pour cette raison qu'il est toujours en retard, "à ce qu'on dit".


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22 mai 2012

Brèves du Changement(I)

Cachez-moi ce savoir, que je ne saurais voir!


THNS* avait imposé à notre pauvre école une inquisition humiliante. S'inquiétant de la proportion importante de quasi-illetrés dans les collèges, les lycées et les universités, "IL" avait imposé un contrôle des connaissances acquises sous la forme d'un examen unique, organisé en fin d'année scolaire, dans les classes de CM1 de l'école primaire. Un outil d'évaluation de cette classe d'âge, d'un degré de maturité considéré comme suffisant pour être mesurable. On sait que les capacités intellectuelles parviennent à leur maximum, en tant qu'outillage, à l'âge de douze ans. Au delà, ce sont les connaissances qui s'accumulent, mais l'intelligence ne progresse plus, sauf blocage par inhibition. Le dit examen pouvait cependant, aussi, montrer des différences entre les établissements, à l'échelle locale, ou nationale. Les anomalies pourraient être analysées. Inutile d'ajouter que cette "exposition" ne plaisait pas du tout aux syndicats des enseignants concernés.  Que leur employeur, l'État, puisse avoir des indices de qui faisait quoi, était insupportable. Pourtant, de mauvais résultats ne mettent pas uniquement en cause les enseignants. Les paramètres qui relèvent du recrutement des élèves, de la capacité de leurs familles à les soutenir dans leur effort, sont extrêmement importants. L'adaptation de l'école aux situations particulières, l'école pour chacun, est complémentaire de l'école pour tous. Mais pour cela, il faut une évaluation discriminante.

Le changement, c'est hier. Les résultats de l'examen de cette année ne seront connus, peut-être, s'ils le veulent, que par les enseignants qui l'auront fait passer à leur classe. L'année prochaine, terminé!

Tous les jeunes, ils sont beaux, tous les jeunes, ils sont gentils.

Le changement, c'est toujours vers hier. 1945. Il ne s'est rien passé depuis. Jusqu'à 18 ans, on est une petite tête, blonde ou brune. Petite, toujours. Le jour de ses 18 ans, on prend la grosse tête, on est majeur, électeur, justiciable, contribuable, sans discussion.

THNS, sur la base des rapports de ses acolytes, avait conclu, lui aussi, à un changement, mais en sens contraire: les petites têtes devenaient grosses et dures avec de l'avance sur les générations d'autrefois. Un autrefois qui ne remontait pas en deçà des années 70. De 21 ans, la majorité avait été judicieusement ramenée à 18 ans. Et voilà que depuis quelques années, des "petites têtes" de moins de 18 ans se singularisaient en se faisant voleurs à main armée, violeurs, ou même assassins. Pouvaient-ils, ou devaient-ils, être encore considérés comme des enfants? Couverts par les dispositions réservées aux mineurs, arrêtées en 1945?

THNS estima que non. Il fit préparer et voter, une loi qui plaçait les actes punissables d'un minimum de trois ans de prison, comme relevant des tribunaux correctionnels ordinaires, dès que leurs auteurs présumés avaient plus de seize ans. À crimes de majeurs, juges de majeurs.

À peine installée au Ministère de la Justice, Madame Taubira** a fait savoir que la Loi serait abrogée***. Retour à l'innocence de l'enfance.

Sceptique

*Très Honni Nicolas Sarkozy

**L'événement avait sans doute été imaginé "hier". Mais il a été "acté" ces jours-ci: un match de basket-ball, mettant en jeu des détenus et des surveillants, mais hors de la prison. Un joueur en a profité pour reprendre sa liberté. Quelle ingratitude!

***Les projets de retour sur les réformes accomplies par THNS sont aussi nombreux que les réformes elles-mêmes. Reste à savoir ce qui sera réellement rapporté.

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21 mai 2012

François Bayrou au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro-2012-II

François Bayrou, privé du rôle de Raminagrobis dont il rêvait, croquant la Belette et le Petit Lapin, a pris avec philosophie son destin de non-Président, et limé ses griffes et ses dents. Son ambition est maintenant de rassembler autour de lui un maximum de centristes sorti des urnes des imminentes législatives, et d'être un sage à la disposition d'une Gauche aux abois..

Ah, confesse-t-il, si nous avions un scrutin proportionnel, c'est au moins soixante députés qui pourraient composer son groupe, le "Centre pour la France", force d'appoint à un P.S. confronté à des difficultés réelles et majeures, lui interdisant de continuer sa politique, et ne pouvant plus compter sur la tolérance de ses partenaires de gauche. Les délices de la IVème République, comme les grands vins, s'améliorent en prenant de l'âge. Mais à consommer avec modération quand même!

Le fond de son propos reste pessimiste, voire dramatique. "La crise n'est pas derrière nous, mais devant nous", répète-t-il à plusieurs reprises. Ce rôle de Cassandre, que personne ne lui dispute (dans le monde politique), lui plait, et l'avantagera, un de ces jours. Il devrait être vu, dans le futur, comme "le plus grand dénominateur commun", un recours. 

Pour ne pas être privé de ce rôle, mais aussi avec raison, il rejette l'hypothèse caressée par Étienne Mougeotte d'une victoire de la droite sarkozyste aux législatives, contraignant le Président socialiste à une cohabitation, et à l'abandon de ses contre-réformes. François Bayrou dit, et je l'approuve, que cette situation serait catastrophique pour notre pays. Il rappelle, également, que nos institutions ont limité le pouvoir des gouvernements de cohabitation par un droit de veto du Président, opposable aux décisions du dit gouvernement. Sans oublier le droit de dissolution, au bon moment, une fois assuré le retournement de l'opinion. Fatalité qui n'a pas été prise en compte par l'attelage Chirac-de Villepin en 1997.

Pessimiste sur l'avenir de l'Europe, il redoute les conséquences d'une sortie de la Grèce. Pour cette dernière, il préconise la prise en charge par les institutions financières européennes, la BCE, la BERD, et d'autres fonds conjoncturels, au lieu d'en laisser la direction aux États, et à leurs..."états d'âme". Il insiste sur la restauration indispensable de la confiance.

Èric Revel lui fait remarquer que son discours catastrophiste ne contribue pas à la restauration de cette confiance. François Bayrou admet "qu'il faut cesser de danser au bord du gouffre". 

À propos des difficultés spécifiques de notre économie, obérée, dans tous ses secteurs, par un droit du travail tatillon, il répond:" oui, il faudra aller vers plus de flexibilité...mais "on" n'y arrivera pas dans cette atmosphère de compétition (droit-gauche?). C'est pourquoi je veux être une  force de proposition.

En attendant, il désapprouve les initiatives, dans le sens d'un retour sur les réformes léguées par Sarkozy, évoquées par les néophytes du gouvernement. Un timide coup de chapeau à l'ancien président, assorti d'une critique de sa campagne, conclut l'entretien.

Sceptique

 

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20 mai 2012

Brèves politiques -Hollande-(I)

La passation de pouvoir vue d'ailleurs.


C'est une émission intéressante découverte sur LCI hier après-midi. Trois journalistes étrangers (un anglais, un allemand, un italien), et le rédacteur en chef de Courrier International, exprimaient leur réaction aux particularités de la passation de pouvoir, vidéos de rappel à l'appui. Les propos et les conduites du nouveau Président étaient scrutées, ciblées. On ne pouvait en manquer aucun aspect.

La conclusion des journalistes étrangers était unanime; inélégante, en rupture avec la courtoisie, toute hypocrite soit-elle, habituelle à cette cérémonie républicaine. Même en l'absence de son rival, évoquant ses prédécesseurs à la Présidence de la République, le Président François Hollande, a laissé entendre Nicolas Sarkozy comme "nul et non avenu". Tous étaient choqués. Un relent de soviétisme, curieusement remis en fonction!

Certes, cette campagne a été particulièrement violente, haineuse, de part et d'autre. Le rejet de Sarkozy était le carburant d'un camp, le rejet du socialisme, celui de l'autre. Aucun respect réciproque, mais de la haine et du mépris. "On" croyait peut-être mettre cette violence des sentiments et des propos sur le compte de la "comédie du pouvoir", mais hélas, elle est constante et réelle.L'incompatibilité entre la crise, réelle, et les fantasmes structurant les deux moitiés de l'opinion va continuer à handicaper la société française pendant tout ou partie des cinq années à venir.

Pas touche à l'école, ou pas touche à la société?


C'est le premier "couac" du premier gouvernement de Jean-Marc Ayrault. À peine nommé, Vincent Peillon, Ministre de l'Éducation Nationale, proclame le retour à la semaine de cinq jours et une réduction de la durée des vacances. En accord avec les syndicats maison (FCPE comprise), mais sans s'occuper de l'avis de l'autre organisation de parents d'élèves, ni de celui du premier Ministre.

Il parait que nos enfants font des journées à l'école trop longues, mais un total annuel trop faible. Voilà pourquoi une bonne partie d'entre eux sont ignares à l'entrée au collège. Défense de chercher une autre raison! Werboten! La seule voie est la suppression de la semaine concentrée sur quatre jours, et une réduction du temps des vacances, celles de l'été offrant une modeste réserve.

Nicolas Sarkozy ayant été le mal absolu, inutile de se poser la question des motifs de sa décision. Je les rappelle: l'école primaire semblant avoir du mal à envoyer au collège des enfants possédant tous, à un niveau suffisant, les connaissances fondamentales: lecture, écriture, pratique orale  et écrite, correctes, de la langue française, l'idée était de permettre aux enseignants libérés de quelques heures, de pratiquer un soutien personnalisé des enfants en difficulté. Idée généreuse, mais qui s'est révélée inefficace, car non soutenue par les parents des dits enfants. Les enseignants constatent, mais en même temps censurent, le rôle des parents dans le succès, ou l'échec, du parcours scolaire. Dans son ensemble, car l'échec initial se répercutera sur la suite, artificiellement enrobée jusqu'à l'âge fatidique de 16 ans*.

Le discours officiel des syndicats d'enseignants est de rejeter sur l'État la responsabilité du taux d'échec de la scolarité. Jamais assez de moyens, point barre. Pas question, toujours officiellement, de mettre en cause les méthodes pédagogiques et l'indifférence d'un trop grand nombre de familles aux études des enfants. Le plus souvent, celles auxquelles leurs propres années d'école ne leur ont servi à rien.

Le sacrifice offert au nom des enseignants (plus de temps scolaire, moins de vacances), est admirable en lui-même. Mais il se heurte à l'organisation acquise de la société française. Les vacances, les plus fréquentes possibles, les plus longues possibles, sont l'obsession largement majoritaire. L'organisation économique a suivi. Une grande partie du recyclage monétaire qui maintient des emplois et des prestataires de service, est fondée sur ce retour régulier de vacances, souvent réparties en zones d'étalant sur plus d'un mois, de "ponts", associés à des jours fériés, principalement en Mai. La France, qui jouit du plus grand nombre de jours de vacances dans l'année, en est étroitement dépendante, économiquement. Restaurer l'activité industrielle, ce sera bien, mais ça ne se fera pas en un jour, ni en cinq ans, tellement ses handicaps structurels, maintenant niés, sont lourds.

Porter un coup à l'économie vacancière sera, bien sûr, impopulaire, argument "immoral", dira-t-on, mais aussi coûteux en termes d'emplois et de rentrées fiscales. Jean-Marc Ayrault, Premier Ministre, chargé de "tenir" les autres, semble bien avoir évalué les dangers de la précipitation.

Sceptique

*D'aucuns voient déjà la prolongation de la scolarité jusqu'à 18 ans, allocations comprises. Il n'y a pas encore d'enseignants volontaires pour aller plus loin encore. Oh comme c'est pas bien, ça! 

 


 

 

 

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19 mai 2012

Les nantis ne veulent plus de la science (IV)

Le triomphe d'Attila?


Les protagonistes de la deuxième guerre mondiale ne se sont pas rendu compte tout de suite de la profondeur des dégâts commis en marge du conflit, à commencer par l'extermination planifiée des juifs d'Europe, celle des roms, celle des malades mentaux ou des handicapés. L'idéologie qui armait les nazis était faite de haine et de mépris pour tous les hommes qui n'appartienaient pas à la race supérieure, la leur. Ceux qui furent sous leur pouvoir en souffrirent ou en moururent. Parmi les jugements qui suivirent l'état de choc de la découverte des horreurs commises par le nazisme, il y en a un qui me semble avoir contribué à ce désaveu de la science. Il se résume à:"à quoi sert la culture, si c'est pour en arriver là?" La science et ses applications sont une partie de la culture, cette accumulation de savoirs que les hommes enrichissent partout et depuis qu'ils ont émergé du monde animal grâce à leur aptitude à parler, à nommer les choses. C'est devenu un bien commun à toute l'humanité. Ni la distance, ni la diversité des langues ne sont plus un obstacle. Même le savoir critique sur le savoir, sur la culture, certaines d'entre elles, ou toutes, autant qu'elles sont, est librement accessible. L'ignorance n'est qu'une défense de sa conviction, ou de sa tranquillité.

Mais pour certains, l'ignorance est une passion offensive. Non seulement l'humanité aurait perdu son innocence, par sa curiosité*, mais elle aurait perverti ses découvertes par leur mauvais usage, elle aurait, depuis qu'elle est parvenue à maitriser la plupart des maux qu'elle a rencontrés, mis en danger la Nature elle-même, dispensatrice légitime de ces mêmes maux. Face à ce dilemme, La Nature ou Elle, l'Humanité, l'humanité ne dispose pas du choix. Elle doit disparaître ou "rentrer dans le rang". Elle a fait suffisamment de mal à la Nature par les artifices découlant de sa connaissance même. Il pourrait lui être permis d'en savoir toujours plus, mais à condition ne ne plus en tirer parti pour son bien-être ou pour sa sécurité. Mais le passé n'autorise plus aucune confiance, quant au respect de cet interdit . La conclusion est claire: l'humanité doit renoncer à en savoir plus. Si certains s'appuyent sur les résistances à la science de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, pour en annoncer la fin, d'autres n'hésitent pas à lui intimer de s'arrêter. L'ignorance ne s'apprend pas, mais le savoir s'oublie, au bout d'un temps suffisant de dissuasion. C'est sur l'oubli que comptent les défenseurs de ce qu'il reste d'intact de la Nature? Trop peu de chose à leur goût.

Le paradoxe est que cette nouvelle religion se transmet grâce aux bijoux technologiques, sous-produits de la science, mais la contradiction est une des aptitudes de l'homme. "On" peut être hostile à l'électricité et être abonné à EDF, hostile à la pollution due aux automobiles, et en posséder une....par nécessité. Hostile à Total, mais pas à ses pompes.

Sceptique

*J'ai rencontré des oppositions de puristes en interprétant le Livre de la Genèse à la lumière de l'actualité. L'arbre de la connaissance a cessé d'être seulement "du bien et du mal" à l'instant même de la transgression d'Ève et d'Adam. C'est la connaissance "tout court" qui est devenue l'essence du mal. Ce thème mythique des origines de l'humanité n'est pas unique. Les hommes ne sont pas à l'aise avec ce pouvoir. L'amplification de l'aptitude au mal par la connaissance(à l'échelle d'une culture, d'une civilisation) est un constat de l'Histoire. Le relatif  équilibre qu'on constate aujourd'hui me semble le résultat de l'extension à l'ensemble de l'humanité de la science et de ses applications. Ce pourrait être un bon début plutôt qu'une fin.

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18 mai 2012

Les nantis du monde ne veulent plus de la science (III)

Les douches froides

Les sciences fondamentales ont pris leur essor au 19ème siècle, et leurs applications pratiques les suivent de près. La vie des sociétés occidentales en est profondément transformée. L'automobile a été la première à susciter l'intérêt des hommes. Dans la foulée, l'aviation progresse aussi vite. Le moteur à explosion est une trouvaille excitante, dont les utilisations apparaissent comme infinies. La machine à vapeur et ses immenses services rendus semble vouée au musée.

Mais l'esprit des hommes, lui, n'est pas modifié. L'avantage qu'il peuvent tirer du développement technologique et industriel concerne aussi la force qu'ils peuvent mettre en jeu dans leurs rapports avec les "autres". La deuxième moitié du 19 ème siècle a vu les puissances occidentales se partager le monde grâce à ses armes et à ses navires de guerre, en bon acier, et propulsés par ses machines à vapeur. Seul, dans l'extrême-orient, le Japon, qui a vu l'avantage que ces nouveautés donnaient, les a ajoutés à sa propre culture, et n'a pas tardé à égaler, en puissance militaire, les nations occidentales.

Toutes ces machines, roulantes, volantes, qui s'ajoutent aux flottantes, intéressent quelques militaires. Je dis quelques, car, à l'époque, les militaires sont encore conservateurs. La guerre se fait d'abord avec du sang. L'essentiel est d'en disposer en grande quantité. La façon dont on le fait couler importe peu. Mais quelques uns parmi les plus jeunes se passionnent pour ces machines roulantes et volantes, et imaginant leur utilisation guerrière, en devinent les avantages sur un ennemi qui ne les posséderait pas. 

Quand la première guerre mondiale éclate en 1914, les troupes engagées ne se déplaceront qu'à pied, ne combattront que sous forme d'assauts, à l'ancienne, visant à submerger l'adversaire sur la défensive. Comme lors des précédentes guerres, cette tactique semble encore efficace. Mais elle est épuisante, terriblement meurtrière, et indécise. Les armées s'enterrent sur les positions acquises. Mais ça ne peut pas durer, et il faut concevoir les moyens de briser le front et de reprendre les mouvements nécessaires à la libération des territoires occupés par l'ennemi.

L'artillerie prépare l'assaut, escomptant la peur de l'ennemi attaqué et les destructions subies par les ouvrages défensifs. C'est ainsi que se menèrent les grandes batailles terrestres de la Somme et de Verdun, avec leurs centaines de milliers de morts et de blessés. Le rapport entre la puissance de feu et la mobilité des troupes était gravement déséquilbré, et cette saignée ne serait pas indéfiniment supportable. Sur mer, les batailles se livraient à coups de canon de longue portée, pointés sur des mats ou des cheminées dépassant l'horizon. On vit apparaître les premiers sous-marins, qui ne s'attaquaient qu'aux navires civils. Mais la maitrise des mers par un des deux camps contribua à l'épuisement de l'autre, et permit la conclusion d'un armistice boiteux, puis d'une paix qui ne l'était pas moins.

À peine vingt ans plus tard, marqués par une grave crise économique qui affecta surtout les sociétés industrielles, les combats reprirent, entre les mêmes adversaires, mais cette fois-ci associés à une progression considérable de l'avion et des véhicules automobiles, et des doctrines d'utilisation de leurs versions militaires. 

C'est ainsi que la seule Allemagne, armée et conditionnée pour plus qu'une revanche, la domination du monde, en toute simplicité, écrasa en quelques semaines la Pologne, puis la France et les petits pays, la Belgique et la Hollande, par lesquels elle avait besoin de passer. Elle avait occupé la Norvège pour sécuriser son ravitaillement en minerai de fer.

C'était le premier épisode de la seconde guerre mondiale, opposant les nations militaristes aux démocraties, et qui mit au service de la mort toutes les applications possibles de la science. Les bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, coups de grâce assénés sur un Japon irréductible, furent le signal d'une haine pour cette création humaine. La science avait fait plus pour le mal que pour le bien.

(à suivre)

Sceptique

 

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17 mai 2012

Les nantis du monde ne veulent plus de la science (II)

L'enthousiasme

La première étape, déterminante de notre présent, va de la chute de l'Empire romain d'Occident à la Renaissance. Elle se caractérise par un monopole du savoir détenu par les religieux, prêtres, et surtout moines. Ce qui est livré aux gens ordinaires est ce qui est nécessaire à l'entretien de leur foi. Rien de ce qui pourrait les faire douter ne leur est permis. Les religieux détiennent-ils en secret le savoir élaboré par les grecs, notamment la rotondité de la terre, et l'héliocentrisme de notre monde "proche"? Le savoir officiel, compatible avec le mythe fondateur, c'est la place centrale de notre terre, plate et immobile, autour de laquelle tournent le soleil,la lune, les planètes, et la voute céleste avec ses étoiles fixes.

À cette époque, la nécessité d'une science ne s'impose pas. L'Église s'appuie sur les monarques qui sont en même temps des chefs de guerre, et cette activité n'a pas encore besoin de beaucoup de science, mais par contre, de courage et de puissance musculaire.

Le dévoilement de la science grecque oubliée serait du aux lettrés arabes, qui ont redécouvert ces textes, et les ont traduits. Les contacts de l'Occident avec le monde arabo-musulman sont toujours rudes, leur limite est encore loin d'être stabilisée, mais ils sont plus "normaux" entre lettrés, catégorie encore très réduite de part et d'autre. Mais la diffusion, "restreinte", de ce savoir entame le monopole de l'Église, exposée par ailleurs à une crise interne, en raison de sa sécularisation, s'éloignant de la pureté du mesage christique. Sur la défensive, l'Église cherche à faire taire les perturbateurs, comme Galilée.

À la fin de cette crise, des schismes luthérien et calviniste, de celui, politique, de l'Église d'Angleterre, la séparation des savoirs religieux et profane est admise. L'Église ne défend plus comme vérité intangible la vision du monde transmise par la Bible. La science est libre, mais a tout à découvrir. Il lui faut une méthode, et des instruments. Si on observe, à partir du 17ème siècle, un intérêt des puissances politiques pour les sciences, leur progression, en termes de découvertes et de place dans les sociétés, sera lente pendant encore deux siècles. Elle s'accélère au dix-neuvième siècle et transforme profondément la vie des hommes qui la côtoient, notamment par ses applications à la médecine, mettant fin à l'effroyable mortalité maternelle et infantile. Mais toutes les possibilités offertes par la révolution industrielle participent à la transformation des sociétés. Grâce à la science, tout parait possible. Le succès de l'oeuvre de Jules Verne témoigne de cet engouement.

(à suivre)

Sceptique

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16 mai 2012

Les nantis du monde ne veulent plus de la science (I)

Cette réflexion sur un phénomène culturel à la fois daté et localisé (époque contemporaine, Europe et pays de culture euopéenne) est trop longue pour être traitée dans un seul billet. Il consiste à rejeter de manière violente le développement des biotechnologies, en particulier la création de plantes génétiquement modifiées, pour leur donner une protection supplémentaire contre leurs ravageurs spécifiques.Cette hostilité, tentée par des actes terroristes, ne se rencontre que dans les pays tempérés, relativement peu exposés aux ravageurs, sans commune mesure avec les pays tropicaux ou sub-tropicaux, comme le montre la revue de la presse spécialisée, colligée par le chercheur français Marcel Kuntz. Tous les actes de destruction des essais en champ de plantes OGM sont commis en Europe, sauf un, en Nouvelle-Zélande. Cette particularité mérite une analyse. 

Préambule

À quoi a servi la science, qui s'est développée très lentement au cours de la déjà longue histoire de l'humanité, puis a été l'objet d'un engouement flatteur, qui l'a stimulée et l'a chaussée de bottes de sept lieues?

À s'affranchir, pas complètement, mais massivement, de toutes les fatalités qui s'abattaient sur notre espèce comme sur n'importe quelle forme de vie, avec cette différence que nous étions capables de nous poser la question: pourquoi?

Face à ces malheurs répétitifs, composés de maladies, de blessures, de famines, de caprices des saisons, les hommes se sont d'abord retournés contre eux-mêmes: qu'avaient-ils fait à leurs ancêtres, dont les esprits semblaient les punir? Puis, plus tard, c'étaient les dieux qui géraient les divers phénomènes de la nature qui manifestaient leur colère. Et ainsi de suite jusqu'au Dieu unique qui n'en pouvait plus de son oeuvre ratée.

La culpabilité accompagnait l'humanité partout où elle avait pris pied et essayait d'y vivre le mieux possible. Il y avait toujours et partout des esprits chagrins pour "lui chercher des puces" et lui mettre le nez dans ses fautes réelles ou imaginaires. 

Des juges d'instruction d'un genre nouveau sont apparus, qui ont repris ce procès de l'homme, en admettant les faits à décharge. Car, au fond, c'était d'abord ça, la science, la recherche d'une cause et non d'une faute, à l'origine de tout, existence de l'homme comprise. C'était une bête, comme une autre, mais affligée d'une conscience, vivant dans une nature vivable par le plus grand des hasards, mais parfaitement indifférente au sort de cette vie, qui était apparue, et, depuis, s'accrochait désespérément sur cette terre, en subissant des cataclysmes capables d'anéantir d'un coup quatre-vingt-dix pour cent des espèces, les plus développées en premier lieu. 

De grande extinction en grande extinction, sur une planète qui se calmait, quand même, en prenant de l'âge, l'évolution avait fini par laisser apparaître notre espèce, dotée d'une inventivité particulière et d'une aptitude à parler, et à transmettre ses découvertes*. Elle a quand même mis un temps certain à créer les bases d'un développement s'affranchissant du hasard, de plus en plus décevant, car incapable de nourrir un nombre croissant de rationnaires. Ce furent l'invention de l'élevage et de l'agriculture, qui constituèrent un avantage décisif pour leurs inventeurs. Ils colonisèrent, en quelques millénaires**, les parties du monde aptes à l'utilisation de ces nouveaux savoirs, et qui leur étaient accessibles. La jalousie qu'ils suscitèrent, la faim périodique qui frappait les hommes soumis au hasards climatiques, furent à l'origine des premières guerres, du développement des castes militaires et de la nouvelle organistion politique de l'humanité, fondée sur les rapports de force. Ce changement créa un nouveau marché, celui des experts expliquant le pourquoi des victoires et des défaites. Les fautes étaient plus graves. Le nombre et la puissance des intervenants divins suivit le mouvement. À côté de la caste militaire qui se confondait avec le pouvoir politique, se formait celle des prêtres qui transmettaient les avis des dieux. Les sorciers et les chamans avaient pris du galon. Les armes des guerriers ne pouvaient rien contre ces dieux qui décidaient de leur sort: vaincre ou mourir.

Il semble bien que le développement de cette nouvelle organisation de  l'humanité, là où elle était concentrée sur un territoire pas trop vaste, autour de la Méditerranée, favorisa l'alliance "du sabre et du goupillon" comme on le dira plus tard, au détriment de la philosophie au sens large du terme. Les premières réflexions scientifiques sur la nature lui étaient redevables. L'alliance des mythes et des guerriers la contraint au silence pendant des siècles.

(à suivre)

Sceptique

*L'aptitude au langage articulé spécifie l'homme et constitue la première condition de la formation d'une culture, bien commun d'un groupe humain. C'est un saut qualitatif permis par le développement de notre cerveau, qui peut intégrer des fonctions isolées chez les autres espèces.

**C'est ce que semble proposer la science archéologique d'aujourd'hui, qui dispose de l'analyse des génotypes. La diffusion de l'élevage et de l'agriculture le long de la vallée du Danube, à partir du proche-orient, est accompagnée par ses inventeurs, d'un génotype spécifique qui les apparente. La diffusion du savoir comme on la constate de nos jours, de plus en plus rapide, n'était pas encore à la portée de l'humanité de cette époque. 

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15 mai 2012

La droite a sa sainte héroïne, Jeanne d'Arc. Ouf, la gauche, aussi...

....je vous le donne en mille: Nafissatou Diallo!


Dans la ligne de "si le nez de Cléopatre avait été plus long, l'histoire du monde (quelle prétention!) aurait été changée", le "Monde" fait cette découverte, et n'hésite pas à titrer son article de la plus explicite manière: 

"Ce que la Gauche française doit à Nafissatou Diallo".


Eh bien, le (ou la) journaliste qui a trouvé ça, a bien raison! Il(ou elle) a rendu un signalé service à son journal. Et, à notre époque, de presse souffrante, de presse martyre, un hommage à une sainte, même moderne, peut être lié dans le ciel!

Donc, remontons le temps d'un an, jour pour jour, à quelques heures près.

Le Parti Socialiste prépare la succession du Président de la République, dont le mandat se termine en Mai 2012. Depuis longtemps, il n'y a plus de Roi à faire sacrer à Reims pour qu'il soit légitime. Le successeur républicain du Roi de France est élu par le peuple français, divisé depuis très longtemps entre deux grosses moitiés, la gauche et la droite, après regroupement de tiers, de quarts, de dixièmes et de centièmes, pour faire le compte. Un déplacement de quelques pour cent de voix à la frontière crée la différence qui détermine le vainqueur.

Tout comme en ce début du quinzième siècle, le Parti Socialiste était partagé sur le choix de son poulain. Il y avait deux prétendants, un quasi officiel, Dominique Strauss-Kahn, en exil doré à Washington, USA, et un autre, audacieusement auto-déclaré, François Hollande. Pour la simplicité de la description je vous fais grâce des quelques princes et princesses légitimes pouvant également prétendre au trône. Le Parti était convenu d'une primaire pour faire le choix définitif. Mais en coulisse, DSK disposait d'amis sûrs, "anglais" et "bourguignons", qui feraient tout pour écarter le frêle prince de Tulle. Les bookmakers ne prenaient pas de paris sur ce dernier.

Mais voilà qu'à la mi-journée du 14 Mai 2011, heure de New-York, Naffissatou Diallo, femme de chambre africaine de l'hôtel SOFITEL de New-York, entre inopinément* dans la chambre du futur Président de la République Française. Or celui-ci est nu, car il sort de sa douche. Sous l'effet des rayons infra rouges émis par la somptueuse intruse, il prend feu, et il n'a à sa disposition que la recette de Ralph Nader pour l'éteindre, l'explosion de l'orgasme. 

Hélas, les saintes ont ce trait commun d'être farouchement fidèles à leur époux, Dieu en personne. Bouleversée par le péché accompli, la sainte femme, une fois ses esprits retrouvés, s'en plaint auprès de ses employeurs, qui préviennnent la police, etc, etc..Le lendemain matin, la France qui se réveille découvre avec consternation le sort infligé à son prince, l'arrestation dans son avion en partance, les menottes, la comparaison immédiate devant un juge qui le fait jeter dans une prison infâme.

La suite est dans toutes les mémoires. Brûlé, grillé, même, le meilleur ami ne pouvait plus être poussé vers le trône, que ce soit pour ses mérites, ou par les coups de pouce de ses fidèles. La compétition devait être ouverte, chacun devait avoir une chance égale. Tout le monde croisait les doigts pour que le sort écarte le prince de Tulle. Mais il était le mieux préparé, il était le plus fort, et ses rivaux et rivales durent se rallier à Lui.

Comme en 1431, celle qui avait permis la résolution du conflit dynastique avait été sacrifiée, en 2012, celle qui a changé le cours de notre histoire par l'effet incendiaire de ses charmes, pouvait être tout autant sacrifiée, mais par l'oubli. L'accélération de l'histoire permet sa réhabilitation avec une confortable avance. 

Sceptique

*Il y a eu une rumeur nettement moins sainte, et méchante, pour la belle africaine: elle aurait été l'agent de notre DCRI, mobilisée par son vrai chef, Nicolas Sarkozy, pour faire tomber le sérieux rival, dont l'inflammabilité était connue dans le milieu de la politique. "On" dit même que l'affaire du Carlton, de Lille, était sous le coude en cas d'échec du "coup du canapé", modernisé, de New-York. Une fois officielle la candidature de François Hollande, il n'y avait plus de raison à laisser fermée la boite du Carlton. On ne prête qu'aux riches!

Note du 16 Mai 2012:

L'article au titre...racoleur, dont j'ai reçu aujourd'hui la version "papier", ne fait pas beaucoup de place à l'héroïne involontaire, dont la plainte aurait épargné la France et son Parti Socialiste de bien des ennuis, dont le premier aurait pu être la mise à l'écart de l'élu François Hollande. C'est la peur rétrospective qu'il n'y ait pas eu de bombe à New-York, et que ce fusse le scandale du Carlton de Lille qui vienne disqualifier le Parti Socialiste dans son ensemble, et retourner l'électorat annoncé par les sondages.

Curieusement, les soutiens de DSK voulaient être aveugles aux faiblesses comportementales de leur champion, et François Hollande, pourtant pris à témoin des mésaventures de Tristane Banon, se serait contenté d'être sibyllin sur sa réaction à une entrée en lice de DSK. Le scandale du Sofitel, la plainte de Nafissatou Diallo, sont apparus après coup comme une chance pour tout le Parti Socialiste. La dette du P.S. à Nafissatou Diallo, ce n'est que ça. 

 

 

 

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14 mai 2012

Xavier Bertrand au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro-(Mai 2012)

Le Grand Jury et son équipe, Jean-Michel Aphatie, de RTL, Éric Revel de LCI, et Étienne Mougeotte, du Figaro, reprenaient hier soir, Dimanche 13 Mai, une semaine après la conclusion de la présidentielle 2012, et l'élection de François Hollande, le rival heureux de Nicolas Sarkozy.

Leur premier invité de ce nouveau cycle était Xavier Bertrand, un fidèle parmi les fidèles du Président vaincu.

Jean-Michel Aphatie attaque par une question: Nicolas Sarkozy a-t-il été battu: -à cause de son proframme?,-à cause de sa tactique (s.e. son recours à des arguments frontistes), ou en raison de sa personnalité?

"Je vois une quatrième", interrompt Xavier Bertrand, avant même la fin de l'énumération.

"Et c'est?....demande le journaliste? "un vote de crise", répond Xavier Bertrand."tous les chefs d'état ou de gouvernement sont successivement victimes de la crise, de son atteinte particulière de l'Europe, et des difficultés réelles de tous ses peuples. Les classes populaires doutent des capacités des politiques à traiter la crise.

Jean-Michel Aphatie, toujours, lui fait remarquer que Jean-Pierre Raffarin met en cause le comportement de Nicolas Sarkozy. "Je ne suis pas d'accord avec Jean-Pierre Raffarin", répond fermement Xavier Bertrand.

"Nicolas Sarkozy a fait preuve d'un courage exemplaire", reprend Xavier Bertrand, "tout autre que lui n'aurait pas obtenu ce résultat."

"Les deux millions de votes blancs, probablement originaires d'électeurs du FN, ont manqué à Nicolas Sarkozy, et provoqué sa défaite, remarque Étienne Mougeotte .

"Nous n'aurons aucun accord avec le Front National, mais nous parlerons avec respect à ses électeurs, sans renoncement à nos valeurs."

"Et avec François Bayrou?"-"Nous n'avons pas de contacts". "S'il perd son siège de député?"-"Il aura payé son incohérence, dans son choix entre une question personnelle et l'intérêt du pays."

"Croyez vous au retrait de la vie politique de Nicolas Sarkozy?"-"C"est ce qu'il a annoncé, tout en affirmant sa fidélité à sa famille politique."-A-t-il dit "jamais"?" interroge Mougeotte, qui ajoute:"moi, je ne l'ai pas entendu dire "à jamais, plus jamais".-"Je n'étais pas présent à la Mutualité....j'étais sur les plateaux de la télévision, participant au débat."

"Quel compromis sera possible entre Hollande et Merckel?"-"Il" a annoncé que ça se passerait mieux après son élection.Dès Mardi, il sera confronté à la réalité!"

En deuxième partie est abordée l'ambition de l'UMP pour les législatives: conserver la majorité, contraindre à une cohabitation. Cette ambition est défendue par un collectif de personnalités de l'UMP."Je crois à notre victoire, dit Xavier Bertrand." Qui précise que sera proposé...imposé...à François Hollande, un premier ministre de grande expérience "choisi" dans une génération plus ancienne que la sienne...et de quelques autres. Il ne peut viser que François Fillon et Alain Juppé.

La politique qui sera suivie par ce gouvernement de cohabitation poursuivra la politique menée jusqu'ici par Sarkozy et son gouvernement: opposition aux hausses d'impôts, poursuite de la baisse des charges de l'État, maintien de la TVA anti-délocalisation, du nouveau modèle du RSA, vote de la Règle d'Or....Cette fois ci, l'opposition rappelée aux affaires n'aura pas besoin d'improviser. On prend les mêmes et on continue.

Ce sera un vote pour l'équilibre des pouvoirs, conclut Xavier Bertrand.

Et l'UMP?  Dès après les Législatives seront organisées des élections pour désigner un Président de l'UMP..

Le rôle de ciment de l'unité du mouvement, de cette ambition improbable, est "une première". Un défi à l'histoire de la Vème République, qui a permis de mesurer les inconvénients de la cohabitation, et dont le quinquennat est supposé la préserver

Sceptique                                                    

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