Sceptique

23 février 2017

LE LYNCHAGE(MÉDIATIQUE) DE MEHDI MEKLAT

Mehdi Meklat est un jeune écrivain, issu de la "diversité", devenu la coqueluche du monde bien pensant, grâce à deux romans publiés et salués par la critique. 

Mais il a été dénoncé par une femme pour une duplicité "aggravée". Sous un pseudonyme très "souchien", il envoyait sur le réseau Twitter, des tweets "racistes", "sexistes", "homophobes", et "antisémites".

Chouchou la veille, il est devenu l'horreur, pendable ou dépeçable, sans procès, sans défense. Son aveu et sa contrition ne pèsent rien en face de la condamnation unanime de ceux qu'il a trompés.

On peut poser le diagnostic de "faux self", enterrant le vrai, à la façon des oreilles d'âne du roi Midas. 

Mais les écrivains qui écrivent et publient des soi-disant exploits criminels ou érotiques, dont leurs lecteurs se régalent, ont-ils réellement vécu leurs perversions? Autrefois, comme Mehdi Meklat, ils se dédoublaient, ils ou elles écrivaient sous un pseudonyme, parfois révélé, parfois non.

Aujourd'hui, ils ou elles assument leurs fantasmes sulfureux, ils ou elles en vivent, leurs lecteurs et lectrices s'en délectent, ça ne fait pas d'histoires.

Traumatisées par la shoah, honteuses de certaines haines qui portent en germe une récidive, ou un nouveau génocide, nos sociétés ne relativisent plus rien. Les évocations verbales ou écrites du mal absolu sont traitées comme devraient l'être leurs mises en actes.

Ces interdits ne sont pas malsains, il n'est pas mauvais qu'ils soient dénoncés, qu'un rappel à la tolérance, à la paix civile, soit exprimé. 

Mais l'homme parle, parle, écrit, enregistre, diffuse, "urbi et orbi", grâce aux moyens nouveaux. Comme le domestique du Roi Midas, il peut étouffer sous le poids d'un secret, ou de paroles-pas-bonnes-à-dire. Le web a remplacé le journal intime. À bon lecteur, salut!....ce que je suis en train de faire, à mon tour.

Mehdi Meklat s'est fait aimer pour ses écrits d'écrivain, sortis de son cerveau après contrôle de qualité, et garantie d'imprimatur. Il a bourré des bouteilles avec les souvenirs de son adolescence d'immigré baignant dans le sentiment d'inégalité et sa rancoeur. 

Ayant franchi le mur invisible qui enferme les jeunes issus de l'immigration, ses rancoeurs sont devenues encombrantes. Il s'en est débarrassé là c'était possible, là où se déverse la mauvaise humeur du monde.

Adoré, le voilà brûlé. Le monde en sera-t-il meilleur?

Sceptique

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22 février 2017

PRÉSIDENT, SINON...RIEN!, CHAPITRE II

C'est au tour de François Fillon, "estourbi"par l'attaque juridico-médiatique, mais rassuré par le resaisissement de ses troupes et de ses soutiens, de se remettre en marche (tiens, tiens!) et de parler le Président comme s'il l'était déjà.

Attaqué dès le début de sa campagne sur ses propos sur la Sécurité Sociale, il a précisé ses intentions...rectifiées, et enrobées d'un onguent adoucissant(de la pommade, dit l'éditorial de l'Opinion).

Il rafle, aussi, au passage, quelques idées du rival Emmanuel Macron, qui accuse le larcin, observant que "s'il n'a pas de programme", "on" lui en pique quand même quelques "bonnes" idées.

Il y a une vraie cohérence dans la nouvelle posture de François Fillon. Le front judiciaire est muet, et immobile. Les sondages le remettent en selle, au détriment d'Emmanuel Macron, plombé par son propos sans nuances sur le colonialisme. Il a oublié un trop long instant qu'il était un "personnage médiatique". Ce qui est indispensable si on veut prendre l'ascenseur pour l'Élysée, mais avec ses risques évidents.

Pour lui, comme pour les autres, la Présidence de la République garantit un pouvoir de "faire bouger les choses". Pas sans mal, car les diverses résistances sont mobilisées. S'il met en actes sa propre résistance, les institutions, et la majorité que les législatives, bien placées et astucieusement organisées, lui assurent ses cinq ans de pouvoir présidentiel. La condition est nécessaire. Il faut que l'élu(e) lui donne une force suffisante.

Cette période où il faut dire, ni trop, ni pas assez, jusqu'à la confirmation finale, sous forme d'une majorité parlementaire, est très délicate. La future opposition tire à "boulets rouges", du début de la campagne jusqu'à sa fin.

Aujourd'hui, "on" attend l'entrée dans l'arène, ou non, de François Bayrou. Qui veut jouer un rôle, mais fait attendre les spectateurs.

Deux options sont possibles. Une candidature vouée à l'échec, mais perturbante du jeu annoncé, ou un renfort à celle d'Emmanuel Macron, enfin reconnu comme fils adoptif, digne du père adoptant. Les rivaux de Macron ont plus à attendre de la première option que de la seconde!

À suivre!

Sceptique

 

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21 février 2017

PRÉSIDENT, SINON...RIEN!

Depuis les réformes constitutionnelles actées par le Général De Gaulle, rappelé au pouvoir en 1958, à l'acmé de la crise politique accompagnant l'impasse algérienne, notre régime démocratique est passé de parlementaire à présidentiel.

Pour achever son oeuvre, De Gaulle a ajouté l'élection du Président par le suffrage universel direct, à deux tours.

Le premier tour est ouvert, pas totalement, afin de contenir le flot d'ambitions présidentielles qui germent dans des dizaines de têtes. Les candidats* doivent être parrainés par un nombre conséquent d'élus de divers niveaux(à partir de celui de maire d'une commune).

Les partis politiques, eux aussi, s'efforcent de contenir le flot des ambitions présidentielles qui s'en réclament. Le système des primaires, inspiré des États-Unis, a été adopté par les grands partis, comme le Parti Socialiste en premier, suivi par les Républicains, l'an dernier.

Marlgré ces filtres et ces freins, le nombre des prétendants à la fonction présidentielle dépasse la dizaine au premier tour, à chaque élection présidentielle. Il n'en reste que deux, les mieux classés, au second tour. La compétition, est, en fait, très fermée. 

Mais tellement exaltante! Et flatteuse!

Très concrètement, aussi, l'onction présidentielle donne à l'élu un pouvoir très réel de modifier la marche du pays en conformité avec son programme, et l'idée principale qui le sous-tend.

Que ce pouvoir soit réellement exercé, ou, à moitié, ou moins encore, est une autre histoire. "La surprise du chef"!

Dans le fantasme du candidat, la résistance du réel n'est pas prise en compte, la toute puissance de la pensée peut s'y déployer, la mutation du pays sous l'effet de l'action présidentielle sera au rendez-vous de l'histoire.

Au terme q'un quinquennat "de gauche"qui s'est vite brisé sur les écueils d'une réalité économique volontairement ignorée, les partis contestataires sont avantagés. Tandis que les frustrés de résultats voudraient convaincre les électeurs déçus que l'échec n'est que celui d'une personne, et non d'une idée. Qu'ils se font forts de remettre debout, et d'aboutir à l'idéal promis, envers et contre les résistances nationales et supra nationales déjà à l'oeuvre depuis cinq ans.

À gauche, l'heure est donc aux idéologues et à la relance d'un projet radical, sans ménagements pour ceux qui n'en voudront pas. Comme l'économie réelle ne fournira pas l'argent nécessaire, le nouveau et vrai pouvoir de gauche confisquera ce qu'il lui faut dans les divers "bas de laine" chers aux français, et le dépensera avec générosité. Quant à l'opinion des partenaires européens et mondiaux de la France, "Il" n'en a rien à faire.

La primaire de la gauche a sélectionné son candidat, un doux rêveur, mais il y a un indépendant, au projet révolutionnaire, que les sondages placent entre 12 ou 13% au premier tour, en principe un peu moins que ce que peut espérer le candidat issu de la primaire. 

Bien sûr, Mélenchon, l'indépendant-sûr-de -lui, ne peut renoncer à son ambition de toute puissance. Que son rival ait participé au gouvernement de François Hollande, le disqualifie à jamais...aux yeux du "saint des prochains jours". 

C'est le premier tour qui tranchera. Il ne devrait sélectionner aucun des deux pour le deuxième tour. Trop tard, mais l"orgueil sera sauf. 

Sceptique

*Les femmes peuvent être candidates, et précisément, cette fois-ci, il y en a une, Marine Le Pen, Présidente du Front National. Mais à écarter de la fonction présidentielle, à tout prix, tellement son programme politique et économique est dangereux.

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20 février 2017

L'ISLAMO-GANGSTERISME EST-IL UN CONCEPT UTILE?

Dans le "Monde" daté des 19 et 20 Février, pages Débats et Analyses, le chroniqueur Yves Trotignon observe cet aspect d'une réalité, le passage par la case délinquance et prison de la plupart des figures du "djihadisme".

En amont de ce recours à l'islamisme comme "armement moral", le simple nationalisme anti-colonialiste n'a pas négligé les actes de banditisme d'un haut niveau de compétence et de moyens, pour se financer aux dépens des banques de l'ennemi.

Mais ce choix a-t-il surgi d'un rien, ou d'une différence culturelle préexistante?

Si on se reporte à un phénomène comparable, mais antérieur de quelques décennies, celui de la résistance à l'occupation nazie, il n'est nulle part fait mention d'un financement à partir de hold-ups ou de casses. L'argent arrivait d'Angleterre, en même temps que les armes, par parachutages.

Une commodité, si on peut dire, dont n'ont jamais disposée les mouvements nationalistes des diverses colonies.

Le recrutement des résistants ne passait pas davantage par la case délinquance. Au contraire, ce sont les polices parallèles recrutées par l'occupant qui utilisaient les services de voyous.

L'éducation reçue dans leur famille par les futurs délinquants ne peut pas davantage être mise en cause, sinon par sa faiblesse en direction des jeunes mâles. Priés par leur mère d'aller dépenser dans la rue leur excès d'énergie.

C'est là qu'ils apprennent que la raison du plus fort est plus profitable que l'obéissance aux parents et aux lois.

Une certaine proportion retient la leçon, et la met en actes. Il y a d'autres manières de se procurer de l'argent que le travail. Mais elles sont interdites et risquées, mettant en rapport les jeunes et les flics, les seconds s'efforçant de mettre fin aux comportements délinquants des premiers.

Dont on peut dire, déjà à ce stade, qu'ils ont échappé à toute éducation moralisante, et découvert le libre-service.

Par contre, ce n'est pas dans le champ libre et excitant de la délinquance qu'il vont découvrir la religion, son exaltation, sa substitution de la délinquance par son seul service. Dans la majorité des cas, "ils" passent par la case prison, où ils sont pris en charge par les anciens, condamnés à de longues peines, et déjà prestigieux à ce titre.

La religion est présentée à la fois comme une excuse (elle fait qu'ils sont mal acceptés par une société qui n'est pas musulmane), et comme une sublimation de leur violence. La mettre à "son" service, la promouvoir comme moyen d'abattre la société de mécréants.

Leur conversion va anoblir leur violence, l'excuser, la mettre au service de leur Dieu. Ce qu'il exige sera trié. Les valeurs générales seront "mises sous le coude", au profit des ambitions propres de la religion, faire barrage à la mécréance, reprendre la conquête du monde, trop tôt interrompue. Le nombre et la diversité des "fronts" possibles nécessitent des effectifs importants et déterminés, sans états d'âme, et sans pitié.

Dans la foulée la morale devra faire le tri entre ce qui profite à la religion, et ce qui ne lui profite pas. Elle doit se mettre au service du djhad.

Ainsi, tout conflit entre la morale naturelle et les nécessités de la religion est aboli.

À ce titre, le concept d'islamo-gangsterisme n'est qu'à notre usage de mécréants. Il contient un jugement.

Sceptique

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18 février 2017

LE CETA ET SA FURIE.

Le CETA, c'est le traité de libre échange négocié entre le Canada et l'Union Européenne. Il a été approuvé par un certain nombre d'états de l'Union, au contraire de celui qui était négocié avec les États Unis, et butait sur leurs exigences et leurs refus. De ce dernier, l'élection de Donald Trump aidant, on ne parle plus.

Bien que les enjeux des deux traités, leur esprit, aussi, soient très différents, les contestataires systématiques des traités économiques les "mettent dans le même sac". Celui de la poubelle de l'histoire. Ils se divisent entre une gauche qui combat le capitalisme, et une droite qui croit au protectionnisme.

Leur esprit systématique leur interdit de nuancer leur point de vue, de prendre en compte la différence de taille et d'esprit des deux puissances partenaires. 

Le Canada, puissance économique et politique pacifique et modérée, ne se drape pas dans une perfection incontestable de son modèle, de ses normes, de son rôle international de police. Il ne prend aucune posture écrasante avec ses partenaires. Son essentiel est le bien-être des populations, de part et d'autre de l'Atlantique. 

Les nations de l'Europe n'ont aucune raison d'en avoir peur, car les avantages réciproques sont équilibrés. Et aucune aventure dans laquelle une partie voudrait entrainer l'autre n'est en vue.

En ce qui concerne la France, les nationalistes et les gauchistes qui se retrouvent dans le même camp, perdant, ne roulent quand même pas l'un pour l'autre, et même, j'en ai l'impression, se neutralisent.

"Ils" viennent de recevoir l'appui véhément de la passionnaria Natacha Polony, une étoile de la galaxie journalistique. Son argument est la disqualification de "démocrate" des négociateurs européens, peut-être les français seulement, qui ont signé l'accord, contre les avis que j'ai définis.

Natacha Polony jette son glaive dans la balance pour la faire revenir à la position qui lui convient. Ce glaive, c'est la responsabilité pleine et entière du libre échange dans notre déconfiture industrielle. C'est la position commode des extrêmes et des gestionnaires de la Hollandie. Eux ne sont pour rien dans les six cent mille chômeurs de plus depuis 2012. Comment font les nations qui s'en sortent mieux? Botus et mouche cousue.

Il n'y a maintenant qu'une quinzaine de jours que j'ai pu évaluer la capacité de haïr de la journaliste, quand "l'affaire Fillon", dite encore "pénélope-gate", a éclaté. L'horreur! Peut-on faire du bon journalisme à ce niveau d'engagement doctrinaire, de prévention idéologique? 

Maintenant, je suis "prévenu".

Sceptique

Post Scriptum du 19 Février 2017: Je déplore d'une manière générale la place des passions dans les sociétés d'aujourd'hui. Celle de la haine est nettement excessive, car cultivée pour sa capacité à manipuler les humains. Il n'est pourtant pas si difficile de prendre du recul, de la voir comme une faiblesse, un obstacle à la réflexion, et à l'échelle d'un État, à sa bonne gouvernance. "Qui sème le vent (mauvais), récolte la tempête. Qui, au sommet de l'État, ou à l'occasion de la Présidentielle, donnera l'exemple?

 

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17 février 2017

COLONISATION: LE PROPOS SOMMAIRE D'EMMANUEL MACRON.

Se préparant à la charge de Président de la République, Emmanuel Macron a voulu rencontrer un de nos principaux partenaires, à la fois historique, politique, économique, et humain, l'Algérie.

Pour faire plaisir aux dirigeants, encore tous issus du FLN qui nous a combattus, il leur a déclaré que la colonisation est un crime contre l'humanité, semblant oublier que nous en étions nous-mêmes issus, et que ce phénomène concerne l'ensemble de l'humanité. Il n'y a pas si longtemps que ça que les frontières se sont figées.

Je n'apprendrai rien à personne en détaillant notre tranche d'histoire commune avec l'Algérie: sa conquête, difficile, à partir de notre expédition "punitive" de 1830, l'envie d'en découdre d'une armée encore nostalgique de l'épopée napoléonienne, un rapport de forces favorable, et un pouvoir royal peut être jaloux de la même épopée.

L'Afrique du Nord, dont la spécialité avait été pendant des siècles la piraterie en Méditerranée, aux dépens des riverains et du commerce maritime, était, sur ce plan, en déclin, les marines opposées, longtemps occupées à de battre entre elles, ayant pu, enfin, utiliser les quinze années précédentes, pour combattre les derniers pirates, jusque dans leurs repaires. Même la jeune marine des États-Unis y avait réglé quelques comptes.

Pourquoi notre état a-t-il décidé d'aller au delà de ce nettoyage, et a commencé la conquête de l'Algérie? Je ne me l'explique que par le modèle napoléonien, frappant les imaginations des responsables civils, et des militaires. Leurs généraux étaient tous des anciens de la Grande Armée. En tout cas l'affaire fut rude, meurtrière de part et d'autre.

Du côté algérien la résistance était conduite par l'émir Abd El Kader. Sa capture et son transfert en France constituèrent un avantage pour le conquérant. 

L'Algérie n'était pas alors, une nation, mais un territoire sous tutelle ottomane. Et l'empire ottoman n'était plus en mesure d'agir si loin de ses bases. Quant aux nations européennes, elles se remettaient des guerres napoléoniennes, et elles furent globalement indifférentes. L'éradication de la piraterie, qui avait sévi des côtes marocaines aux libyennes était pour toutes un soulagement.

 Tous les régimes qui se succèdèrent en France àprès 1830 entérinèrent la conquête de l'Algérie, et favorisèrent, ou organisèrent, l'installation de colons. Originaires de France, de ses parties les plus pauvres, mais aussi d'Espagne, d'Italie du Sud, de Malte, affectés par une misère chronique. S'y ajoutèrent, au fil des événements français, les réprouvés de la Commune et les alsaciens refusant l'annexion allemande.

Dans la dernière partie du 19ème siècle, la France imposa un protectorat au Maroc et à la Tunisie (autre fief ottoman), incapables de contrôler leurs frontières avec l'Algérie.

C'était aussi l'époque d'une expansion coloniale d'un grand nombre de nations européennes vers l'ensemble du monde encore disponible, situé en Afrique, en Asie, et en Océanie. Les motifs essentiels étaient les rapports de forces, la compétition entre nations, la seconde révolution industrielle et sa recherche de marchés. 

La première guerre mondiale retira à l'Allemagne sa part de conquêtes, récupérées par les vainqueurs français et anglais, et la seconde, celles de l'Italie (Libye, Erythrée, Somalie). Les années 1960 virent la fin de la colonisation en Afrique, soit par consentement mutuel, soit à la suite de guerres de décolonisation (France, Portugal, Belgique, Afrique du Sud). La guerre d'Algérie s'acheva par une décision politique, et les accords d'Évian. En Asie, la France avait quitté le Vietnam après 1954 et sa défaite de Dien-Bien-Phu.

La trace la plus profonde de ces aventures dans notre esprit est évidemment l'Algérie, où combattirent des dizaines de milliers d'appelés, et d'où partirent un million de colons. Ce fut un choc pour eux, augmenté du peu de sympathie qui leur fut manifestée par la France et son administration. Ce fut encore bien pire pour nos supplétifs algériens, les harkis, arrachés par leurs officiers à la vindicte des vainqueurs. Les autres, abandonnés et désarmés, furent massacrés dans des conditions honteuses (pour nous).

C'est à ce titre que les propos complaisants d'Émmanuel Macron font scandale. S'ils ont été "petit lait" pour les algériens, ils ont été douloureux pour les rescapés harkis et pieds noirs. "Un Président ne devrait pas dire ça!"....apparemment, Emmanuel Macron, postulant à la Présidence de la République, a suivi les mêmes cours de gaffes que son mentor!

Il est devenu de bon ton de passer en jugement l'histoire, de faire un procès par contumace à ceux qui l'ont marquée de leur nom. Alors qu'il est est évident, partout et depuis toujours, que la maitrise de l'histoire est une illusion, à partir d'une durée de quelques décennies. Il y a toujours quelque faits ou groupes de faits qui en perturbent le cours prévu. Les hommes foncent tête baissée dans leur futur, et n'arrivent jamais où ils le voulaient. Il n'y a de prévisions possibles qu'à court terme. Quant à sa mise sous naphtaline, dans un placard, c'est la meilleure façon de figer en même temps ce qui pourrait lui succéder. 

Espérons que l'émotion soulevée lui servira de leçon. Même les hommes les plus intelligents et les plus instruits en ont besoin.

Sceptique

P.S. Ayant participé comme appelé à cette guerre, j'ai été frappé par l'immensité du "No French Land", la partie de l'Algérie dont la plupart des habitants n'avaient peut-être jamais vu de français. Je me demandais quelle idée nos ancêtres avaient eue d'entreprendre cette conquête.

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16 février 2017

SAUVE-QUI-PEUT CHEZ LES RÉPUBLICAINS?

C'est une réplique de la bataille d'Hastings: la blessure infligée à Harold Fillon affole ses troupes et leur débandade s'accélère.

Ceux qui possèdent un chateau s'y enferment, abaissent la grille et lèvent le pont-levis. Si le blessé se présente, les défenseurs ne lui ouvriront pas.

À ce compte là, le roi blessé sera vite mort, et la victoire sera pour les tueurs.

Se démasqueront-ils pour revendiquer l'héritage?  Comme personne ne s'est vanté du coup, que les soupçons ne peuvent viser qu'une foule d'assassins anonymes, les regards se tournent vers les fuyards, et ne voient que leurs dos.

Que peut faire un chef blessé et abandonné par ses troupes? Fin de l'histoire? Il faut le craindre.

Ce triste aboutissement d'une marche rassembleuse et enthousiaste, on ne voit pas comment il se transformerait en succès d'un autre, promu général, ou rappelé de sa retraite. Qui fera confiance? En qui?

J'ai eu l'occasion de remarquer que la primaire, inaugurée par la gauche en 2006, perfectionnée en 2011,n'avait pas fait la preuve d'éclectisme. Celle de la droite en 2016 semblait plus loyale, plus solide. Elle vole en éclats au premier coup, mais ce sont les hommes qui flanchent, et le principe suit.

Ces dernières heures, il est plus souvent question de désertions que d'actes d'héroïsmes, de serments de fidélité. Les complots fleurissent. Qu'en sera-t-il après la grand-messe de Compiègne demain-soir?

Il ne faut pas que les déserteurs se fassent des illusions. Il n'y a pas de plan B. Aucun notable des Républicains ou du Centre ne ralliera l'électorat potentiel de François Fillon,sauf, peut-être, si c'est lui qui désigne un remplaçant.

Dans le contexte actuel,c'est Macron qui ramassera les marrons chauds.

Il vaudrait mieux que ceux qui se réclament du Gaullisme s'imprègnent de l'esprit de la résistance, mettent en actes leurs devoirs envers leur chef désigné. Ça ne leur coûtera pas plus cher.

Sursum corda !

Sceptique

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15 février 2017

DITES SEULEMENT UN NOM, SEIGNEUR POUTINE, DÉVOILEZ-NOUS NOTRE AVENIR!

Vous auriez fait le Président Trump, aux USA, et vos agents s'en vantent, au point de se faire virer(de leur job américain).

Mais vous n'avez pas empêché le coup de poignard dans le dos de François Fillon, qui promettait une meilleure entente avec vous, et une levée des sanctions que vos manières en Ukraine vous ont values. Vous ne nous ferez pas croire que vos services n'étaient pas au courant du complot. Vous auriez pu en toucher un mot au commanditaire.

Tout sentiment étant réciproque, vous ne sauriez bouder Marine Le Pen, qui vous porte dans son coeur et vous place aux nues. Vos banques ont pour elle les mêmes sentiments. Je ne pense pas qu'elle ait eu besoin de votre aide pour que le meilleur score lui soit promis au premier tour. Mais au second, il faudra peut-être bourrer  des urnes, et il y a longtemps que nous ne savons plus faire!

Le doux rêveur Benoît Hamon ne semble pas vous exciter. Ce n'est pas comme ça que vous voyez un chef d'état. Pas par intérêt, mais par principe.

Est-ce pour une raison voisine que les mauvaises langues qui sont à votre service déversent des doutes sur le chouchou d'un nombre croissant de français,  Emmanuel Macron? 

Peut-être le trouvez-vous trop trop gentil, de trop bonnes manières, formées à l'ENA, pas chez les Paras. C'était bon pour le Papa Le Pen. C'est fini et passé de mode. Vous n'êtes pas le seul à le regretter!

Mais de là à laisser répandre des doutes sur sa vie privée, parce qu'il ne marche pas comme un soldat sur les Champs Élysées, le bras droit bien vertical, prêt à défourailler*, ce n'est pas sympa. S'il y a une chose que nous savons, c'est qu'il ne se dit rien chez vous que vous n'ayez permis!

Éclairez-nous, Seigneur Poutine, arrachez-nous à notre atavisme d'erreurs systématiques. Nous n'avons pas encore trouvé le bon Président, comme l'a réussi votre peuple!

Sceptique, Chargé de Mission auprès de Vous. 

*Verbe argotique:"sortir le révolver". Signe de reconnaissance des membres du KGB?**

**Voir mon billet "Quand Vladimir Poutine excite la curiosité des médecins."

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14 février 2017

AFFAIRE FILLON? QUELLE AFFAIRE FILLON?*

"ELLE" n'a comme motivation à son entretien, aux harcèlements bien organisés destinés à "le faire sortir de ses gonds", à le pousser à la faute humaine, que de l'empêcher d'être élu Président de la République, ce qui lui permettrait d'entreprendre la réalisation de son programme, le plus dérangeant de ceux qui sont "sur le marché".

Tout ce qui lui est reproché n'est qu'interprétation secondaire de choix légaux, quatorze ans après-coup, aboutissant à des ragots venimeux.

Une inspiration par ce qui s'est passé outre-atlantique n'est pas impossible. L'affaiblissement de Hillary Clinton par les attaques dd Donald Trump, ses dénonciations de fautes lourdes, malgré les jugements rassurants du FBI, ont été payants. C'est Donald Trump qui a été élu. YOUPI?

La version "hollandaise" appliquée à François Fillon est destinée à réaliser un "tout sauf Fillon", et même, un "tout sauf un républicain". Étant bien entendu que les résultats de la primaire sont incontournables, et que l'affaiblissement du candidat choisi ne fait pas remonter les autres.

Malgré leur trouble, les mouvements divers dans les rangs, les Républicains ne peuvent renier leur serment de serrer les rangs derrière le désigné par la primaire, surtout avec le score atteint. Dans l'état actuel de la manoeuvre, les Républicains subiront le sort de leur candidat.

Une décision rapide du Parquet National Financier aurait toutes les chances d'être une mise en examen, contraignant François Fillon à se retirer. Dans ces conditions, Alain Juppé serait le remplaçant "naturel".

Une mise sous le coude, sous prétexte d'enquête approfondie, créerait une distorsion de capacités entre les partis en lice et leurs candidats. Le Conseil Constitutionnel pourrait être amené à repousser l'élection présidentielle. Mais les législatives? Leur déroulement après la Présidentielle a pour but de faciliter l'élection d'une majorité présidentielle. L'actuelle majorité aurait plus de chances d'être en partie réélue, en pratiquant le reniement du bilan du quinquennat de François Hollande. Une couche de savon en plus sur l'estrade du Président à venir.

Que conclure? 

L'empêchement, de fait, imposé pour un temps indéterminé à François Fillon, affaiblit du même coup l'opposition de la droite et du centre, soulage le Front National, protège la majorité sortante, qui participe à la chorale anti-Fillon. Ce qui fait oublier son bilan, ses divisions, et ses carences.

Les méthodes employées contre un François Fillon déterminé salissent une démocratie, qui n'est déjà pas un modèle, et donnent des arguments aux partisans d'une dictature extrémiste .

Sceptique

*"elle" bénéficie du traitement intensif entretenu par la plupart des médias.

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12 février 2017

LA NATURE EST ELLE INTELLIGENTE?

L'échouage, mortel, de 400 baleines, dans une baie de Nouvelle-Zélande, suivi d'un deuxième, de 200 supplémentaires, a suscité une émotion énorme chez les témoins humains. Beaucoup se sont précipités pour maintenir à flot celles qui étaient encore vivantes, et les guider vers les zones plus profondes. En vain pour la plupart, s'entêtant à suivre la feuille de route du groupe.

De tels comportements ne sont pas inconnus dans notre espèce. Ce sont les "mouvements de foules", qui font parfois de nombreuses victimes. Ils sont analysés comme liés à une peur contagieuse, qui suspend l'instinct de survie individuel, et la remise de son sort au groupe en mouvement. C'est une option, pas réfléchie, ni programmée. Elle est aléatoire. Elle fait des victimes collatérales, déséquilibrées par le mouvement de foule, puis piétinées à mort par les fuyards. Ils sont considérés, avec humilité, comme une défaillance de notre intelligence programmée.

Ces baleines constituent une espèce "sociale", qui semble obéir à un automatisme programmé de façon identique pour les individus qui constituent le groupe, soit en permanence, soit à l'occasion d'une migration saisonnière. L'instinct de survie ne se déclenche que trop tard (l'animal se débat), mais si les humains secourables le sortent du piège, "il" y retourne, le plus souvent.

Notre émotion est amplifiée par l'évolution de notre pensée vers l'attribution d'une intelligence propre à la nature, et autonome, après avoir été attribuée à un créateur.

Des phénomènes, "de cette nature", se répètent en nombre, pour chaque espèce exposée, à échéance fixe. Il n'aboutissent pas à la disparition de l'espèce. Les humains s'apitoient sur les victimes "innocentes", et se dévouent au sauvetage de quelques uns. 

C'est, mieux, bien sûr, que de la part de ceux qui en profitent pour en massacrer un grand nombre, au nom de leur "culture", non critiquée.

Mais, à notre époque d'un retour à la déification de la nature*, proclamée meilleure et plus respectable que la réflexion humaine, ces aspects absurdes de son fonctionnement devraient nous secouer, nous ramener à la raison.

Je ne peux que revenir à la définition lumineuse de Jacques Monod:"la vie est apparue par hasard, et s'est perfectionnée par nécessité." Perfectionnée, mais jamais parfaite. Surtout "moralement"!

Une des dernières trouvailles de quelques membres de notre espèce est de vouloir lui "redonner le pouvoir". Qu'elle n'a jamais eu, et qu'elle n'aura jamais "éternellement"**.

Le vrai pouvoir serait confisqué par ses serviteurs auto-proclamés, qui lui feraient dire ce qu'ils veulent. Certains, et certaines, sont déjà à l'oeuvre.

Les humains ont encore à se méfier de la nature, tant de la "minérale", que de la "vivante". Mais plus encore de ses serviteurs, auteurs d'un vrai "coup d'états", qui veulent nous faire obéir...."perinde ac cadaver"***.

La nature minérale n'obéit qu'aux lois de la physique. La vivante, qu'à ceux de la biologie, mollement subordonnée à la précédente****.

Il y a une part de vrai dans les rapports entre l'homme et la nature, sous ses diverses formes. L'homme est le seul à avoir la capacité de nommer, de créer de la réalité.

Mais aucun n'est plus propriétaire de l'encyclopédie ainsi constituée, que les autres.

Sceptique

*"Elle" a eu un ou plusieurs créateurs pendant des millénaires. "Elle" en a toujours un pour une large majorité des humains. Mais ce n'est qu'une opinion.

**Notre monde ne dispose que de la durée de notre source d'énergie, le Soleil, une étoile comme une autre. Nous disposons d'un temps, long à l'échelle de nos besoins individuels, mais aussi collectifs: entre six cents millions et cinq milliards d'années. Ce n'est pas très précis!

*** "jusqu'à la mort". Obéissance exigée dans l'ordre des jésuites.

****La vie, une fois apparue, a eu des capacités de s'adapter à des conditions qui nous étonnent toujours.

 

 

 

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