Sceptique

18 janvier 2017

EMBRASSEZ-VOUS, MES AMIS!

Le libéralisme n'a pas la cote, en France. Il ne comporte pas beaucoup de théoriciens, et très peu de politiques prêts à tenter l'expérience de cette audace, lâcher la bride à la vie économique et à ses acteurs.

Un des fervents partisans français de cette théorie économique, se fondant sur la liberté d'entreprendre et de gérer, Mathieu Laine, publie dans le "Monde" daté du mardi 17 Janvier 2017, un éloge appuyé de François Fillon et d'Emmanuel Macron, qui lui semblent prêts à user de cet outil, qu'il conseille et soutient de son amitié, et que, logiquement, il verrait bien s'entendre et unir leurs forces.

L'ami de mon ami est mon  ami, et, selon ce principe le rapprochement de ces deux hommes lui parait comme allant de soi.

Le premier, François Fillon, tombé dans la politique dès sa jeunesse, propulsé à l'Assemblée Nationale par le décès subit du député Le Theule dont il était le suppléant.

Ayant choisi comme référence le Général De Gaulle, pour mentor Philippe Seguin, sa carrière de parlementaire s'est déroulée sous ces hauspices, se consolidant législature après législature. Il se voit confier des portefeuilles ministériels par le Président Jacques Chirac. Discret, souriant, mais sobre de paroles, il forge son expérience politique. Il est un pilier du gaullisme social. Un pilier, aussi, des équipes ministérielles de cette période qui voit sortir du lot Nicolas Sarkozy, rapidement allergique aux principes de prudence du Président Jacques Chirac.

Les qualités de chef de Nicolas Sarkozy séduisent les militants de l'UMP et les électeurs lassés par l'immobilisme ou la culture du recul du Président Chirac. L'UMP se donne à Sarkozy, et la perspective d'un retour à l'efficacité du pouvoir d'une Vème République conçue dans ce but, rallie progressivement les militants et en attire beaucoup d'autres. L'élection présidentielle de 2007, face à la candidate socialiste Ségolène Royal, est "confortable", sans être un raz de marée. Malgré une perte d'environ cinquante sièges due à des "bruits" de TVA augmentée*, exploités à fond par l'opposition, le nouveau président dispose d'une majorité confortable et sûre.

Nommé Premier Ministre, François Fillon apparait alors. Il représentera la constance, la fidélité, et l'efficacité, pendant la totalité du quinquennat**. 

Mais quand Nicolas Sarkozy fut finalement battu par François Hollande à la Présidentielle de 2012, et annonça son retrait de la vie politique, François Fillon révéla rapidement, dès l'été 2012, aux militants de l'UMP qu'il préparerait la revanche de 2017, et serait candidat à la fonction de Président de la République. 

Ayant intérêt à disposer du soutien du parti, il fut candidat à sa présidence, également sollicitée par Jean-François Copé, Secrétaire général, gérant le mouvement depuis l'effacement de Nicolas Sarkozy. 

Les résultats contrarièrent les sondages. Jean-François Copé apparaisait comme le vainqueur, en même temps que d'indiscutables fraudes, et des "oublis" de résultats, semaient le doute. Une fracture profonde mettait en péril le mouvement. Elle se conclut par un statu quo provisoire et l'engagement pour une nouvelle élection, plus sûre. Jean-François Copé gardait la main sur le mouvement, et François Fillon organisa le sien, Force Républicaine, dont l'impact était cependant limité.

Je saute quelques années, marquées par le retour de Nicolas Sarkozy, son élection à la Présidence de l'UMP, devenant "Les Républicains", mais gardant dans ses statuts la nomination du candidat à la présidentielle au moyen d'une primaire à deux tours, sur le modèle du P.S.,qui avait bien réussi à François Hollande.

La suite est encore fraiche, la désignation de François Fillon comme candidat des Républicains et des Centristes à l'élection présidentielle de 2017.

L'échec global du quinquennat de François Hollande, l'effondrement de sa popularité, aggravée par une "grosse bêtise" qui lui a fait perdre la confiance de son propre parti, l'a fait renoncer à être candidat en 2017. L'alternance est hautement probable, et François Fillon dispose d'un maximum de chances. Les surenchères "de gauche" des divers candidats qui s'en réclament se heurteront à la réalité économique, financière et sociale léguée par François Hollande. La peur des mesures de redressement, agitées sous le nez des électeurs, aura du mal à inverser l'opinion,car la confiance est très entamée.

François Fillon doit cependant compter avec un rival sérieux, transfuge du gouvernement de François Hollande, Emmanuel Macron.

Ministre de l'Économie, en profond désaccord avec la ligne du gouvernement, finalement démissionnaire, Emmanuel Macron a, dans la foulée, affirmé son ambition, sa candidature à la présidence de la République, seul pouvoir conférant une autorité suffisante pour réaliser les réformes indispensables. Les siennes sont d'inspiration franchement libérale, bien qu'il ne voie que l'autorité de l'État pour les élaborer et les appliquer. Tout autre verrait un paradoxe. Lui, non, et sa conviction, à la fois emballe et rassure. 

Sa campagne est un triomphe, il fait salle pleine partout. S'il rallie des hommes politiques expérimentés, venant de la frange modérée du Parti Socialiste et du Centre, cela ne constitue pas une force suffisante pour réaliser une politique très audacieuse. L'étape des législatives devrait suivre son éventuelle victoire. Il lui faudrait trouver les hommes et les femmes capables et fidèles, soutenant son programme "libéral". 

Sa popularité réelle est encore difficile à évaluer. Celle qui est déjà visible inquiète les candidats issus de la politique "professionnelle"***, disposant d'un programme précis, et de soutiens sûrs et solides.

C'est en ce point précis qu'intervient l'invitation de Mathieu Laine, admiratif de l'un et de l'autre, partageant des idées de l'un et de l'autre. Ce qu'il ne peut contourner, c'est la question du statut politique. Pour conduire une politique, il faut l'accord explicite du peuple, et ça s'appelle la Présidence de la République. Et il n'y a qu'une place. Sa possession est une exigence à la fois interne, "Président, je suis", et externe, "Président, il est".

Ce n'est certainement pas le moment, pour l'un, ou l'autre, d'annoncer une alliance. Il ne peuvent qu'être rivaux, croisant le fer et se cherchant des puces.

Sceptique

*Il s'agissait déjà d'une TVA "sociale", permettant d'alléger les charges patronales pesant sur les entreprises. Une "horreur" pour la gauche.

**Son remplacement par Jean-Louis Borloo a été évoqué lors d'une crise "sociale" comportant un blocage des approvisionnements en carburant. Jean-Louis Borloo, Ministre des Transports, n'a pas brillé dans sa résolution.

***"Professionnel", adjectif péjoratif en France, surtout en politique. On peut se demander pourquoi !

 

 

 

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17 janvier 2017

LES MÉCHANTES SOTTISES DE DONALD TRUMP, ADRESSÉES AUX EUROPÉENS.

Donald Trump, le Président élu des États Unis, a accordé un entretien à deux journalistes européens, un britannique (sur le départ), et un allemand, "en plein dedans". Le journal La Croix en reproduit l'essentiel.

La passion de l'ignorance qui affecte le nouveau Président des États Unis est bien connue, depuis qu'il est entré en lice, et il ne semble pas avoir complété son information entre temps. Sa connaissance de l'Histoire ne remonte pas très loin en arrière. Son évaluation de la situation internationale est alignée sur ses préjugés.

Il va sans dire que, par cet entretien, nous sommes très mal traités. Seul le Royaume-Uni trouve grâce à ses yeux. Sa position est symétrique de celle qu'adopta le Grande Bretagne au sortir de la deuxième guerre mondiale: la préférence marquée de la relation anglo-américaine, au lieu du lien plus large entre l'Europe et les États-Unis.

Les liens historiques, linguistiques et culturels, expliquent ces sentiments particuliers, cette préférence parfois ambivalente. Mais l'intérêt bien compris des États-Unis pousse régulièrement les dirigeants américains vers le reste de l'Europe, en contact direct et inégal avec la puissance russe, héritière de la très problématique URSS, ennemie jurée de la culture américaine sous tous ses aspects, et partout dans le monde.

Le nouveau Président affiche un mépris évident pour la "marche" européenne de l'influence américaine.

Pourquoi? Le fossé linguistique et culturel crée depuis toujours un obstacle. L'ambivalence est réciproque. Il faut de l'intelligence, de part et d'autre, pour enjamber le fossé. Elle manque cruellement, ces temps ci.

Pour le Président Trump, l'Europe ne participe pas assez, financièrement, à la sécurité assurée concrètement par les États-Unis. C'est vrai si on se limite à cet aspect. Mais le désarmement matériel et humain de l'Union Européenne a une signification bien plus grave. Ce n'est pas le cas de la France, parce que notre pays n'a pas renoncé à sa propre puissance militaire, et à sa propre diplomatie*. Ce n'est pas, non plus, le cas du Royaume Uni, dont les engagements se sont cependant réduits. Malgré l'ampleur, et le haut niveau militaire, de notre participation aux conflits qui opposent la Puissance américaine au autres, elle reste très éloignée du niveau des engagements américains.

Les États-Unis de Obama prenaient en considération, en leur apportant leur aide, les actions menées par les forces françaises contre l'ennemi commun, l'islam politique. En sera-il de même avec Donald Trump? Ignore-t-il, ou fait-il semblant d'ignorer, cette participation conséquente? Pour le moment, ses rapports avec notre État sont, au moins, inconnus.

L'admiration, le culte de la force, exprimés par Donald Trump au profit de Poutine et de son empire, ne le placent pas à nos côtés...actuels. Sa politique sera plus proche de celle qu'envisage François Fillon, l'actuel candidat le mieux placé dans la compétition présidentielle de ce printemps. Même si les caractères et les cultures sont bien différents, une communauté de vues est possible...aux mêmes "risques et périls"!

Les images de Donald Trump, "brieffé" par Barack Obama quelques heures après son succès, étaient troublantes. Il s'est ressaisi depuis, il a repris ses tics, son habitus de taureau de combat. Il a formé son équipe de clones, bien triés. Il faut s'attendre à ce qu'il fasse ce qu'il avait annoncé. Au moins en début de mandat.

Son simplisme éclate dans son commentaire sur la passion éprouvée par les riches du monde, USA compris, pour les belles berlines allemandes, des marques Mercédès et BMW. Comme si elles ne signifiaient rien de plus qu'une bagnole courante. Il ne comprend pas qu'elles subissent les mêmes droits de douane que les autres. En montant absolu, "ils" atteignent une forte somme. Et leurs acheteurs font passer leur frime avant leur patriotisme.

La pratique du pouvoir lui mettra-t-elle du plomb politique dans la cervelle. À suivre!

Sceptique

*Assez conformiste sous la présidence de Hollande, elle pourrait se singulariser sous une présidence de Fillon.

 

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16 janvier 2017

IL N'Y A PAS TRENTE-SIX MANIÈRES D'ÊTRE UN DICTATEUR.

Je ne crains pas de faire de la peine à Jean-Luc Mélenchon, ou à d'autres admirateurs de la dynastie d'Hugo Chavez. S'ils ont changé d'avis sur leurs chouchous, ils le gardent pour eux, car ils veulent sauver le modèle.

Hugo Chavez, devenu crypto-communiste par haine des États-Unis et de leurs habitants, a été, grâce aux revenus de son pétrole, le sauveur du Cuba de Fidel Castro, abandonné par son banquier russe, en faillite.

Mais il est mort "prématurément"*, laissant sa chère vache à lait à son second, Maduro. Loin d'être aussi futé que son maitre.

L'effondrement des prix du pétrole n'avait pas tardé à mettre à sec les finances du Vénézuela, au détriment prioritaire des vénézuéliens. L'égoïsme de ces derniers, voulant être préférés aux cubains, a accéléré le désamour pour l'héritier de Hugo Chavez, incapable de faire évoluer sa politique au profit de son propre peuple.

Il restait encore assez de démocratie au Vénézuela pour traduire politiquement le mécontentement populaire. L'Assemblée Nationale vit arriver une majorité d'opposants, critiquant la politique suivie par "l'exécutif".

Mais, loin de modifier les priorités, Maduro entreprit d'affaiblir l'opposition par les moyens familiers des dictateurs . Les arrestations des leaders de l'opposition, la répression des manifestations, le refus, on l'imagine, de la procédure de destitution engagée par la nouvelle majorité.

La stagnation, jusqu'il y a peu de jours, des cours du pétrole, a forcément empêché Maduro de rallier le peuple par des distributions consolantes. Mais il a mis en route une défense "anti-coups d'état", consistant à emprisonner préventivement les personnalités en vue de l'opposition. Au crédit du dictateur, "elles" ne sont pas assassinées, et les séjours en prison ne durent que pour les principaux, les plus aptes  la reconquête du pouvoir.

Quelle sera l'efficacité de la remontée des cours du pétrole, résultat d'une entente sur les quotas de production? Elle permettra de calmer la révolte populaire, enragée par les pénuries et l'inflation. Mais un profit politique pour l'opposition n'est pas du tout certain.

Sceptique

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15 janvier 2017

RÉPUBLICAINS: CE QU'IL EST DUR DE CHANGER DE CHEF!

Ça leur fend le coeur, ça leur arrache le coeur, les grognards républicains n'arrivent pas tous à se faire au changement de chef, que les militants et les sympathisants ont décidé, aux deux tiers des voix.

Le nouveau chef, c'est François Fillon. Il a endossé l'habit, s'est saisi des instruments, et a assumé les "non" aux demandes des nostalgiques de Nicolas Sarkozy.

On sent bien que la plus petite faiblesse aurait été exploitée à fond par les ennemis, qui depuis des semaines, surveillent le bien élu des primaires.

Ce n'est plus à l'armée, aussi puissante et aguerrie qu'elle soit, de décider le plan de bataille. Par tradition du mouvement gaulliste, il appartient au chef désigné. Lequel semble avoir jaugé l'importance de l'autorité dans ce parti, en particulier, dans notre pays désemparé, en général.

La statue du vrai, du commandeur, est dans le décor. Ce n'est peut-être pas joyeusement que le candidat des Républicains à la fonction de Président de la République est passé sur les amitiés de tous niveaux ou sur le "respect humain". Le contraire, qui a marqué le quinquennat finissant, constitue le principal argument d'une cohésion renforcée. Le mouvement gaulliste et le pays dans son ensemble ont tout à gagner de cette reprise en mains, ferme.

Le Monsieur bien élevé a choisi dans sa garde-robe les tenues de la course automobile et de l'alpinisme, des passions qu'on a du mal à imaginer quand on le voit "en civil".

Personne ne peut ignorer la vigueur des "bras de fer" qu'il aura à gagner, s'il est désigné pour de bon par les français, Président de la République*. Les forces anti-démocratiques sont multiples, et tenteront leurs chances.

Sceptique

*Il ne sera désigné que par un peu plus de cinquante pour cent des électeurs. Les démocraties ont une raison assez forte pour valider des scores proches de l'égalité. Et les vrais démocrates respectent les résultats, sans amertume, sans triomphalisme. On sent que c'est...très dur! J'ajoute que notre système électoral, uninominal à deux tours, facilite l'expression de la majorité, grâce à une amplification des différences. C'est pourquoi les partis de gauche préféreraient le scrutin proportionnel sur liste, qui n'a pas cet effet amplificateur, et qui ne met en valeur aucune personnalité. Ah, s'il pouvait y avoir un système différent selon l'appartenance politique! Le meilleur pour les partisans du pouvoir, le pire pour les opposants!

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13 janvier 2017

DU COLÈJE NAJAT AU LISSÉ PAPILLON.

TOTNEIB NO AREHHCRAM RUS AL ETÊT!

Il faudra attendre au moins cinq ans pour accéder à cette étape essentielle de notre novlangue. Car une pause se profile, et la dernière nouveauté (à moins qu'il s'agisse d'un archaïsme) de la pédagogie libérée du passé, ne fait pas jaser qu'à Landerneau.

Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué, pourquoi insérer de l'ordre, dans le cerveau des enfants, alors que la confusion rime avec libération?

Faut il rire de l'introduction du concept de prédicat dans l'initiation aux usages du verbe, de son, ou ses, sujets, de ses compléments d'objet, directs ou indirects? Il y aurait un risque, selon la cour de la Ministre, qu'un excès de rigueur s'avère un obstacle à l'originalité. Celle de l'usage parlé et écrit de notre langue, qui serait, dans les conditions d'hier, d'un ennuyeux pas possible. 

Comme, à l'âge de l'école primaire, la fantaisie et l'anticonformisme sont encore embryonnaires, il a paru évident, à la Ministre et à ses conseillers, de devancer, tout simplement, la révolte pubertaire. Grâce à une nov-grammaire aléatoire écrite en sabir.

Pour Madame la Ministre, ce sera l'ultime pied de nez, ou bras d'honneur, en direction des SDP, pour sa cour, quelques peaux de banane sous les pieds des successeurs, arrivant dans les fourgons de la droite.

Il faut absolument libérer l'enseignement de la politique. Plus de Ministre, jamais plus. Ou "ils" se font écrabouiller, ou "ils" se font tourner en bourrique.

Sceptique

 

 

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12 janvier 2017

LA GAUCHE, SES RÊVES, ET SES RÊVEURS.

C'est tellement évident qu'on l'oublie, ou qu'on ose pas secouer les rêveurs, de peur qu'ils fassent une mauvaise chute.

Dans le Monde daté du 12 Janvier (paru hier), le chroniqueur Arnaud Leparmentier, un sage, invite le Parti Socialiste à cesser de se mentir. Une autre façon de dire que ce parti se raconte des histoires. On appelle ça, aussi, du rêve éveillé (à ne pas confondre avec une méthode thérapeutique ainsi nommée). Le rêve éveillé du P.S. ne le mène à rien, ne le guérit pas, aggrave plutôt son cas.

Ce ne sont pas les partis qui rêvent, mais les individus qui les composent, et imaginent ce qu'ils feraient s'ils avaient le pouvoir. "Ils" viennent de le posséder pendant cinq ans, leur rêveur-en-chef a reçu son congé...de lui-même, mais avec l'approbation de la majorité de son parti. Le problème est maintenant de choisir le prochain, présentant les mêmes aptitudes. Au plus beau désastre.

Pour faire le bon choix, le parti a ouvert un concours, la Primaire, à deux tours. Chacun des postulants raconte son rêve. C'est à celui qui racontera le plus beau. Ses concurrents se tiendront les côtes, douloureuses à force de rire, en attendant leur tour.

Ce que cherche à leur dire le sage Arnaud Leparmentier, c'est que le rêve socialiste ne marche qu'une fois sur deux, que le désastre semé par le sortant, va avantager, soit d'autres rêves, construits selon d'autres principes, moins orptimistes, soit un projet réaliste, qui ne fait pas rêver. Il faut bien, de temps en temps, remettre les pieds sur terre, renouer avec les autres hommes, les pragmatiques, majoritaires dans le monde.

Le journaliste a fait son devoir. Mais il ne sera pas écouté. Le sado-masochisme est profondément enraciné dans la France de gauche.

De toute façon, une alternance semble inscrite dans notre calendrier quinquennal .En majorité, pas écrasante, les accrocs, au sadisme, au masochisme, ou à leur combinaison, ne disparaissent pas. Simplement, une partie de ceux qui jouissent de leurs fantasmes, s'en fatiguent. Quand, de nouveau, ils s'ennuient, et voudraient bien les revoir, il leur faut attendre la fin du quinquennat des névrosés.

Sceptique

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11 janvier 2017

UN PASSEPORT POUR PARIS.

Ce passeport, c'est cette vignette*, que, désormais, tout automobiliste, d'où qu'il vienne, devra avoir achetée, et collée sur son pare-brise, s'il a à pénétrer dans la ville nommée Paris.

Un délai a été accordé aux non-familiers de cette incursion, mais il ne sera pas infini. Aucune excuse ne dispensera le "contrevenant" du paiement d'une amende salée. Inutile d'imaginer des cas de force majeure. En existe-t-il pour entrer aux États-Unis? Non... Alors?

Depuis les années Giscard, la création d'une fonction politique de Maire de Paris, coiffant les maires d'arrondissements, la fonction de capitale de la France de la Ville de Paris s'est régulièrement affaiblie, au profit d'une entité politique très puissante, démographiquement, et financièrement. 

Le premier Maire de Paris, Jacques Chirac, avait des ambitions nationales. Paris n'était qu'un marche-pied prestigieux. Mais qu'il chouchoutait, dont il chouchoutait les habitants, sans lésiner. Les non-parisiens n'avaient pas à se plaindre de lui. Paris était une ville accueillante, "cool", agréable à vivre, à la circulation facile, et même, un temps, moins courue et moins chère que ses meileures banlieues.

"Il" la quitta dès la première opportunité, qui se présenta en 1995, l'élection présidentielle, à laquelle François Mitterrand, malade, ne se représentait pas. Mais il avait un rival à sa droite, Édouard Balladur, qui avait gagné du galon comme Premier Ministre de l'ultime cohabitation. La droite s'était divisée entre les deux hommes. Le premier tour fonctionna comme une primaire. En seconde position, Balladur s'effaça, et Jacques Chirac devint, enfin, Président de la République. Deux ans plus tard, il fit la bêtise de dissoudre l'Assemblée Nationale, et se retrouva en cohabitation, avec Jospin comme Premier Ministre, et une politique socialiste à cautionner.

L'échéance des élections municipales coupa sa voie de repli: Paris fut conquise par la Gauche, socialiste et écologiste. Dont les premières mesures furent de rendre Paris impossible. Les principales voies furent rétrécies d'un bon tiers, tandis que les voies réservées aux bus et aux taxis furent élargies. Une piste cyclable en plus, et la voiture se retrouva limitée à une seule voie dans chaque sens. C'était dissuasif.

La circulation automobile à Paris n'était pas le fait des parisiens, mais des banlieusards qui y travaillaient, et des artisans qui exerçaient leurs métiers, d'entretien et d'aménagements. Ni les premiers, ni les seconds, ne furent l'objet d'une considération quelconque.

Les électeurs, eux, furent satisfaits. Usagers des transports en commun, ils bénéficièrent de leurs privilèges.

Toujours satisfaits, ils reconduisirent la municipalité, maintenant dirigée par Madame Anne Hidalgo, dont la vision est claire: Paris aux parisiens, autant que possible, seuls. La pression touristique, les nécessités d'une capitale, restent un obstacle à l'entre-soi intégral, à la fermeture pure et dure. Dure, aussi, la vie pour les non-ayant-droits, les banlieusards et les provinciaux. Les bestiaux des autres continents, ne pouvant comparer avec le passé, font où on leur dit de faire.

Seul l'État conserve des droits, mais il ne les exerce pas, ou le moins possible. Ce passeport aux motifs environnementaux, d'autres mesures frappant les professionnels du transport à la demande, et quelques agglomérations de la proche banlieue, ne bénéficient d'aucune modération exigée par l'État. Une casserole de plus!

Sceptique 

*Cette vignette, qu'il faut acheter sur un site internet, a une couleur qui indique l'âge de la voiture, et sa motorisation, essence ou diesel (pas trop ancien). 

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10 janvier 2017

UNE PETITE HISTOIRE AU DÉBUT D'UNE GRANDE.

Je place ce billet sous l'égide de "l'homme éternel". En l'occurrence, "éternellement"..con!

La petite histoire, je l'ai recueillie à l'occasion de l'émission "Les douze coups de midi". Il fallait dire ce qui était arrivé à l'homme qui, le premier, avait fumé en public, comme il l'avait appris...aux Amériques. 

La réponse, "on l'a jeté en prison...Pour "possession"! La fumée qu'il exhalait ne pouvait être que celle de l'enfer, du démon, son maitre, tiens!

Il y est resté six ou sept ans. Pas mal dans une vie de ce temps là!

Il n'est pas dit comment et par quelle décision il en est sorti. Ses géoliers ont du faire le lien avec une mode qui se répandait.  Comme quoi, les campagnes anti-tabac....!

Il parait évident que la diabolisation de la première bouffée de ce côté-ci de l'Atlantique a un rapport intime avec notre socle de croyances religieuses. Il ne peut y avoir qu'une seule Vérité, dans un océan d'erreurs.

Les créateurs de religions ont rapidement constaté qu'il était incommode de mettre sur le compte d'un seul dieu le bien et le mal. La première division des rôles est née de cette évidence, cependant nuançable.

Car on peut imaginer qu'un seul Dieu récompense le bien et punit le mal, selon les actes commis. Beaucoup de religions puristes l'admettent. Mais pour des raisons obscures, probablement utilitaires, les tâches ont été nettement séparées, au long de l'histoire des religions. La spécialisation, la division des tâches et des rôles, ont prévalu. Ça pouvait heurter les monothéismes. Le concept d'ange déchu a pris la place en excès.

Notre histoire, celle des mécréants, a ramené dans le corps des hommes les sources du mal. Ils en sont totalement responsables. Ils contiennent le bien et le mal, et font en permanence un choix qu'on souhaiterait le bon, mais dont s'approprie le désir. Beaucoup moins regardant.

Collectivement, par ailleurs, les hommes ont fini par se rebiffer contre la perfection.Ils ont préféré, comme l'a écrit un poète, les péchés bien dodus aux vertus maigres. Cette sélection a retenti forcément sur leurs progénitures, qui ont continué sur le même chemin, élargi par l'usage. Une sélection "à rebours", pour les grincheux.

Mais quand on réfléchit à ma petite histoire, il saute aux yeux qu'on revient de loin!

Mais gare à ne pas y retourner, car la perfection a toujours ses défenseurs cachés.

Sceptique

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08 janvier 2017

MUTINERIE EN CÔTE D'IVOIRE.

Si je rédige un billet sur une affaire qui va laisser sans réaction un grand nombre de français, c'est par ce que je fais partie de ceux qui se sentent encore responsables des suites lointaines d'une colonisation "mimétique"*et d'une décolonisation bâclée, de part et d'autre.

Je ne peux rien y faire, l'histoire est l'histoire, mais je souffre pour les victimes de ces désordres, trop souvent meurtriers.

Un certain recul fait apparaitre une différence entre deux grands groupes de colonisations, celles qui furent le fait de nations protestantes, et celles accomplies par des nations catholiques. Sans être parfaites, les premières s'en sortent plutôt mieux, et surtout, les ex-colonisateurs n'éprouvent pas de remords, ne cherchent pas à se faire pardonner en jouant les arbitres.

Parmi les secondes, la France a encore les moyens et la tentation d'intervenir, au moins pour se porter au secours de ses ressortissants. Ce faisant, elle fait pencher la balance au profit du pouvoir établi. Les autres colonies "catholiques", celles de la Belgique, du Portugal, et de l'Espagne (pour mémoire), restent seules face à leurs drames inter-ethniques ou religieux.

Ce qui fait une différence entre la mutinerie en Côte d'Ivoire**, et ce que beaucoup de pays d'Afrique subissent régulièrement, c'est qu'elle ressemble plutôt à une "grève-sur-le-tas", comme la CGT aime en réaliser en France. Il ne s'agit pas d'une tentative de putsch au profit d'un officier ou d'une ethnie, mais d'une protestation sur les salaires et les conditions de travail. 

C'est nettement moins grave, pour le proche avenir, mais un tel comportement d'une armée est totalement impensable pour nous. Les forces armées ou de police, non syndiquées, pour les premières, hyper-syndiquées, pour les secondes, accomplissent toujours leur mission. Les premières forment la "Grande Muette", les secondes font entendre leur voix, tout en faisant leur travail.

Il serait préférable que nous cessions,nos anciennes colonies et nous, de nous surveiller mutuellement, mais l'affectif, réciproque, ambivalent et, en même temps, puissant, fait de l'ensemble une grande famille, terminant ses réunions par des engueulades et des brouilles, toujours réversibles. 

C'est, selon moi, un trait culturel, la non-indifférence, ou l'incapacité à l'indifférence, qui a l'inconvénient d'exacerber nos sentiments vers les deux extrémismes "défensifs", la haine rejetante, ou la solidarité indéfectible.

Sceptique

*La seconde Révolution Industrielle a, à la fois, creusé le fossé technologique entre les peuples concernés et les non concernés, et les besoins de marchés et de matières premières, spécifiques des pays industrialisés. La compétion s'est étendue aux conquêtes territoriales ou aux prises de contrôle sous d'autres formes, comme le protectorat. Avant la première guerre mondiale, les principales nations développées se sont taillées un domaine aux dépens des autres. L'Afrique, particulièrement faible, politiquement, militairement, a été dépecée. C'est la seconde guerre mondiale qui a annoncé la fin de cette situation. Encore en cours, pas vraiment achevée.

** La Côte d'Ivoire se remet avec peine de sa guerre civile, opposant les populations du Sud et du Nord.

 

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LE GROS CHAGRIN DE FRANÇOIS BAYROU.

Non, bien sûr, IL ne pleure pas, il a sa dignité, il se maitrise, mais la violence de sa critique de François Fillon en dit long sur ce qu'il ressent. 

Autant il ne mentait, ni aux médias, ni à lui-même, quand il disait qu'il se présenterait contre Sarkozy, possible vainqueur de la primaire, autant il laisse sentir son désappointement, face à la sélection finale d'un rival autrement sérieux.

Ainsi, Lui qui a été le chantre de la rigueur de la gestion des dépenses publiques, lors de ses précédentes candidatures, attaque maintenant Fillon sur son programme de redressement des comptes publics, et de soutien de l'économie marchande.

Il fouille la plaie ouverte par les critiques de gauche, sur ses projets de maitrise des dépenses de la Sécurité Sociale. Voulait-il transférer le "petit risque" aux mutuelles, ou simplement sa gestion? Il n'a eu ni le temps, ni le loisir de nier explicitement cette intention, ou d'en préciser les détails. Un fumigène bien placé, c'est tout ce qu'il a pu faire, et, de toute façon, ses adversaires ne lâcheront pas le morceau.

Du coup, François Bayrou trouve appréciable cette expression de la "brutalité" de Fillon, et, se tâte.

J'ai eu l'occasion d'évaluer "in live", mais brièvement, François Bayrou. Sympathique au premier abord. Mais la suite a montré sa propension à être seul, à ne pas pouvoir rassembler beaucoup de monde autour de lui, et à partir ainsi à l'assaut du pouvoir. En 2007, il a, un moment, rassemblé les anti-sarkozystes. Mais pas suffisamment pour gêner l'élection du Président de l'UMP. 

Il n'a pas changé, ce que je comprends. Toute personnalité à un minimum de rigidité*. Mais sa solitude s'entretient**, se renouvelle. 
Qu'il s'acharne à "ramasser des gamelles" est son affaire, mais celle du pays est d'une autre ampleur.

Sceptique

*Un homme "ordinaire" a une opinion relativement stable, qui peut le faire hésiter sur le choix d'un candidat ou du parti qu'il représente. Un homme politique a une autre démarche. Il faut qu'il participe à la marche vers le pouvoir avec d'autres, dont les motifs et les buts ne se confondent pas complètement, ou parvenir à être le leader d'une formation, assez étoffée et cohérente pour le porter au pouvoir.

**Les sarkozystes n'ont pas digéré qu'il ait appelé à voter pour François Hollande en 2012. Il doit s'en être mordu les doigts depuis.

                                                                                                                                                                                                                                                               

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