Sceptique

31 janvier 2012

Éva Joly et les étonnés...

Le mouvement écologique pensait avoir trouvé sa "figure de proue", pouvant rendre plus beau et plus convaincant son drakkar. Avec un symbole pareil, compte tenu de l'influence de la pensée écologique dans la sphère médiatique, EELV se voyait faire des ravages dans les sondages. 

Qu'il se passe le contraire dans la réalité en étonne plus d'un. Madame Joly poursuit sa route suivie d'un cortège d'étonnés. "pas sympathique", "incompétente", "loin des gens", "sans stature présidentielle", "inquiétante", sont les principales appréciations recueillies par les sondages.

Ceux qui ont choisi, couvé, porté sur les fonts baptismaux de l'écologie politique madame Joly,dont le principal titre de gloire est d'avoir été juge d'instruction à la brigade financière, ce qui n'a pu poser de problèmes qu'à des personnalités éloignées du peuple,  sont les premiers à s'étonnner. Une personne si pure, si convaincue, si gentille....avec nous, si..., si...comment peut-on ne pas l'aimer? La solidité des sentiments de ses amis à son égard est exemplaire. Même Daniel Kohn-Bendit, qui, lui, n'était pas favorable à une candidature verte à la présidentielle, lui renouvelle son affection et son soutien. La famille est solidaire dans son étonnement.

Les autres étonnés sont les journalistes. Leurs journaux, papier, radiophoniques ou télévisés, n'avaient commis aucune faute. Le réchauffement climatique, les risques du nucléaire, ceux des OGM, la crise de la biodiversité, les péchés capitaux commis par les inconscients et attardés de l'hexagone, étaient rappelés heure par heure. Les critiques scientifiques de ces assertions étaient caviardées avec vigilance. Nul n'en saurait jamais rien, c'était le serment des rédactions.

Mais trop, c'est trop. D'avoir attribué à une étude particulièrement élogieuse du programme économique de la candidate verte, le label d'un organisme scientifique, alors qu'il était entièrement fait de la main d'un militant vert travaillant dans cet organisme, n'est pas bien passé. Le "Monde" n'a pu faire autrement que diffuser l'information. Était-ce vraiment dangereux? Le bon peuple lit-il le "Monde"? L'électeur "lambda" de l'écologie peut-il être ébranlé, douter, et voter....Sarkozy?

J'en doute, mais il y a longtemps que le boniment sans vergogne de l'écologie ne trompe plus les mal-pensants. Pas le moindre étonnement de ce côté là.

Cela confirme que l'évaluation des hommes ou femmes qui nous demandent leur vote est dépendante des sentiments que leurs idées nous inspirent, et que ce jugement s'étend à leur personne, en vertu de la question: "comment peut-on penser ainsi?"


Sceptique

Complément du 31/01/2012 à 21 h30: Madame Éva Joly était interrogée ce soir, au Journal de France 2. La première étonnée de sa difficulté à s'attirer la sympathie des français, elle a écrit la part française de sa biographie: fille au pair dans une famille, un des fils, de deux ans plus âgé qu'elle, tombe amoureux et ils se marient. Elle se décrit comme une femme pratique, faisant (au début), ses propres vêtements, par principe. Elle affirme que si elle n'a pas de sang français, la France coule dans ses veines. Elle ne se rend pas du tout compte qu'elle propose en tous points aux français, le modèle de vie....norvégien, celui qui l'a forgée. Inconsciemment, elle veut refaire l'éducation d'une France, hédoniste incorrigible.

 

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30 janvier 2012

"On attendait Sarkozy.....ce fut...Sarkozy!

Cet entretien avec quatre journalistes de la télévision, pour les charger de commenter les mesures importantes, que lui, le Président de la République en exercice, a décidé de faire adopter dans les semaines qui viennent, ne semble pas tenir compte de l'imminence de la consultation électorale qui va mettre en jeu son mandat, et, s'il peut compter sur sa majorité à l'Assemblée Nationale pour faire valider des décisions, les aspects techniques de leur mise en place en repousseront l'application au delà de l'élection. Il faut être LUI pour faire un tel pari: remporter l'élection de Mai 2012, ou laisser ce cadeau encombrant à son challenger, qui projette tout autre chose.

Car, si les mesures décidées sont rien moins que démagogiques, et recevront des volées de flèches, elles s'attaquent, enfin, au "mal français", la haine viscérale de l'économie marchande, de son symbole, l'entreprise, de ses acteurs, les patrons. Tant que la France se protégeait derrière ses frontières, cette autarcie très particulière créée par une économie protégée et rançonnée, fonctionnait plutôt bien. La reconstruction, l'équipement des ménages, faisaient monter en puissance notre industrie, qui n'avait pas à se fatiguer les méninges en termes d'innovation et de prix de revient. La 4CV, la Deudeuche, et le presse-purée à manivelle de Moulinex étaient les rares concessions à la "Société de Consommation" qui pointait son nez. 

En 1958, l'avènement de la Vème République, à la fois chargée de régler au mieux les diverses décolonisations, et de déclencher une vraie modernisation de la France, en l'équipant de lignes téléphoniques, d'autoroutes, en lui ouvrant la voie vers les hautes technologies, accéléra le mouvement. Mais personne n'osa toucher aux handicaps structurels imposés en 1945 par un PCF, plus qu'influent, impératif. Ses plans conduisaient la France vers le modèle soviétique, une fois endormie la vigilance du libérateur américain. La Guerre Froide, déclenchée avec précipitation par Staline, compromit pour de bon la phase politique du projet. Il remontra le bout de son nez en 1968, mais c'est une autre histoire.

L'ouverture européenne, puis mondiale, de l'économie a rendu sensible, visible, le handicap proprement français, le surcoût, non compensé par un différentiel d'innovation et de qualité, des productions de nos industries manufacturières. Les délocalisations, les destructions massives d'emplois marchands, ne peuvent, sur la durée, être corrigées par des emplois publics ou d'aides à la personne. Si l'existence de ces emplois entretient la circulation de l'argent, les déficits des budgets de l'État, celui de notre balance commerciale, sont autant de plaies ouvertes et saignantes qui nous épuisent. Il y a longtemps que nos Casssandres diverses le disent, mais il ne fallait pas désespérer le fantôme de Billancourt.

Les cinq ans qui viennent de passer ont vu tomber quelques châteaux-forts, comme les Régimes Spéciaux, la Retraite à 60 ans, le droit de grève totale et illimitée dans les services publics, tandis que l'État, chaque fois que c'était possible, faisait une cure d'amaigrissement. Mais il reste encore beaucoup de mauvaise graisse, dans des recoins d'accès difficile.

Parmi les décisions annoncées hier soir, la diminution des charges patronales, qui pèsent sur la compétivité, aurait du être adoptée en début de mandat. La contre-offensive de l'opposition, alertée par un bavardage, compromettant les résultats de l'élection législative qui donne une majorité au président élu, força le nouveau gouvernement à une dénégation contrite. Ce premier revers de la majorité s'est payé de cinq ans de plus de mise à la casse de nos usines. La mesure* a ses raisons que l'opposition en quête du pouvoir ne veut pas connaître. Elle a les siennes: faire poser un étrangleur sur le carburateur des Ferrari, pour que les tacots puissent les rattraper. Mais une fois lancée et définie dans tous ses détails, comment l'annuler?

La seconde est le transfert à l'échelle des entreprises des décisions sur les conditions de travail et les salaires, par des discussions directes faisant participer tous les salariés de l'entreprise. Une façon de lever le siège des forteresses syndicales, mais de les contourner.

La troisième, supposée réduire la crise du logement par une augmentation de 30% des C.O.S., y compris au profit des constructions déjà réalisées, si c'est techniquement possible, devra évidemment passer par le pouvoir des communes. Elles devront motiver leurs refus par une délibération du conseil municipal. Je ne doute pas que ce niveau de décision aura un pouvoir modérateur, car le principe possède en puissance l'anarchie.

Et alors, l'élection présidentielle, que devient-elle? Comme Nicolas Sarkozy est le seul à pouvoir surmonter, par un engagement dont nous ne connaissons pas le véritable contenu, le handicap que son activisme, même, lui a fait accumuler, ce sera LUI.  Ou on ne sait qui, qui s'offrirait au sacrifice. L'élection de François Hollande ne serait alors qu'une formalité. Trop accaparé par sa tâche, il ne veut pas en distraire du temps. Mais "ça" s'approche, lâche-t-il, pour finir.

Sceptique

*Pendant que l'opposition fait tonner ses gros calibres, les zélotes trouvent que ce n'est pas assez. D'un facteur 2 à 3! S'il est bien un domaine où il ne faut pas avoir la folie des grandeurs....!

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29 janvier 2012

Les droites et les centres ont-ils une autre voie que de se serrer les coudes?

Une certaine rivalité, ou même, une rivalité certaine, caractérise, dans notre paysage politique, les relations entre les droites, regroupées dans l'UMP et quelques courants, et les centres..."centrés" sur quelques personnalités comme François Bayrou, Hervé Morin, Jean-Louis Borloo.

Ce sont des différences de "philosophie politique" qui ont, peu à peu, depuis 1958, naissance de la Vème République, musclé la droite de gouvernement, en en faisant une force structurée, ne cherchant pas longtemps son leader, et travaillant pour lui, avec un dévouement de jésuites, tandis que la mouvance centriste, se préférant "bonne compagnie", refusait habituellement toute forme d'organisation pyramidale, malgré la doctrine chrétienne-démocrate qui les unissait.

À l'exception de l'intermède giscardien, de 1974 à 1981, les centres constituèrent une force d'appoint utile et modératrice à la mouvance gaulliste prééminente des deux cohabitations des années Mitterrand, et des deux ans de la présidence de Jacques Chirac, élu Président en 1995, et privé de majorité en 1997. En 2002, Jacques Chirac récupéra les "coudées franches", et confia le poste de Premier Ministre au centriste Jean-Pierre Raffarin.

En 2007, une UMP regroupant les gaullistes et un contingent étoffé de centristes gagnés à la dynamique unitaire, sous la direction de Nicolas Sarkozy, plaça en première position du second tour son chef et candidat. Les centristes, menés par François Bayrou, n'étant pas au second tour, leurs électeurs se reportèrent sur Nicolas Sarkozy et contribuèrent à sa victoire finale, mais sans en avoir reçu la consigne de leur leader éliminé. Quant aux députés centristes élus aux législatives de 2007, une majorité d'entre eux formèrent le "Nouveau Centre", qui rallia la nouvelle majorité présidentielle.

En cette année 2012, d'élection présidentielle, l'action délétère de la crise mondiale et l'impopularité des réformes indispensables assumées par Nicolas Sarkozy l'ont affaibli, lui personnellement, et la majorité qui le soutient. Mais, malgré quelques corrections dictées par la raison et la prudence, le programme annoncé par le candidat du Parti Socialiste, pièce maitresse de l'opposition, est indiscutablement redistributeur et négationniste, à la fois de la crise et des difficultés structurelles de l'économie française. François Hollande et ses soutiens proposent un "remake" un peu édulcoré de François Mitterand. Tous les témoins de cette époque ne sont pas morts ou frappés de maladie d'Alzheimer. L'inadaptation de ce programme à la réalité d'aujourd'hui est caricaturale. Ils en ont le frisson.

Donc, tout en continuant à défendre leur propre ambition et leur propre thérapeutique, les leaders centristes qui sont candidats, Hervé Morin, et surtout François Bayrou, sont bien obligés, au vu des sondages, d'envisager leur absence au deuxième tour. Et l'UMP, qui soutiendra la candidature, non encore déclarée, du Président Nicolas Sarkozy, sait qu'Il aura besoin des voix centristes pour être réélu, et, du soutien des députés centristes que seront portés à l'Assemblée Nationale en Juin prochain. 

C'est pourquoi, sans attendre de reconnaissance* des intéressés, la Commission d'investiture de l'UMP n'a pas opposé de candidats aux leaders centristes qui assument, ou qui ont assumé, des ambitions présidentielles. Sans l'avouer, les gaullistes et les centristes sont d'accord sur les risques majeurs d'un succès de l'opposition dans le contexte économique et financier qui affecte toute l'Union Européenne, zone Euro ou non. Au sein de l'Union Européenne, ce sont les économies les plus distributrices, les plus sociales, qui sont en difficulté, qui font l'objet d'une grande méfiance de la part des prêteurs. La France, qui a hérité de ses expériences de gauche des handicaps très lourds, qui aurait besoin de plus de modernité que de retour au "bon-vieux-temps", ne peut se permettre une récréation supplémentaire.

Avant le premier tour, le retrait des candidats de droite qui ne peuvent espérer atteindre 5% des voix serait raisonnable. Et, au deuxième tour, pas une voix ne devra être perdue par le rassemblement d'une nouvelle majorité autour de son candidat naturel au deuxème tour. L'hypothèse de la nécessité d'un Front Républicain contre la candidate de l'extrême-droite ne nécessitera pas une longue réflexion.

Sceptique

*Inconnue dans nos moeurs politiques. 

 

 

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28 janvier 2012

François Hollande et le programme de sa coalition

S'il y a quelque chose de bon dans le programme présenté par François Hollande, au nom de lui-même et de la coalition qu'il veut amener au pouvoir, c'est son arrivée avec une bonne avance sur le marché des choix politiques. Il est maintenant possible d'en examiner la philosophie, les lignes de forces, et les conséquences sur la vie des français, échelonnées sur cinq ans, s'il est élu.

En face de lui, l'UMP a concocté un catalogue de mesures de bon sens mais prudentes, en attendant que son candidat naturel, Nicolas Sarkozy, lâche sa besogne quotidienne de Président en exercice, et entre en campagne avec des projets d'envergure, visant à redresser la situation créée par la crise, ce qui passe par la sortie d'icelle, concertée avec l'Union Européenne et les États-Unis, et à parachever la réforme structurelle de la société et de l'économie française. Il y a encore beaucoup à consolider et à faire!

En 2007, le programme de Nicolas Sarkozy proposait une perspective qui visait une justice sociale, non fondée sur la redistribution, mais sur la propulsion d'un maximum de français vers les revenus les plus élevés. C'était le "enrichissez-vous" des gouvernements bourgeois du 19ème siècle. La crise internationale à jeté à bas cet objectif ambitieux. Les ascenseurs sont tombés en panne et les marches d'escalier sont devenues branlantes et glissantes. Le chômage s'est sensiblement aggravé, en raison de la contraction de l'économie européenne, et le manque de compétitivité de nos industries a précipité les faillites et les délocalisations.

Le défaut de compétitivité de nos industries a des causes bien connues et reconnues: le coût excessif des charges qui pèsent à la fois sur les salariés (diminution du salaire réel) et sur les employeurs. À quoi s'ajoutent le prix des 35 heures, compensé par le budget de l'État, et celui des trop nombreux congés et ponts dont jouissent les français. La hausse de la productivité, exemplaire en France, ne parvient pas à compenser le défaut de compétitivité. Comme il ne peut être question de priver de vacances les français, qui ne vivent plus que pour ça, la solution rationnelle s'imposait: transférer une partie des charges reposant sur le travail, sur la consommation, ce qui permettait de faire payer les marchandises importées, et donc, ceux qui les fabriquent. Mais contre toute logique, ce transfert est rejeté par l'opposition et les syndicats. Leur solution, c'est que l'économie marchande renonce à tout ou partie de ses profits. Qu'elle n'en fasse plus du tout serait le paradigme de la justice.

Le programme présenté par François Hollande propose donc l'alourdissement des charges des entreprises ayant atteint la rentabilité, et le partage de la société française entre les foyers qui ne dépassent pas un revenu moralement correct ( moins de 4.000 euros mensuels), et ceux qui le dépassent et sont considérés comme perpétuant l'embourgeoisement des catégories professionnelles supérieures. Pour eux, spécialement, le quotient familial sera revu à la baisse et quelques niches fiscales, logiques: (prise en compte des aides familiales nécessaires aux familles dont les deux conjoints travaillent), seront rabotées. La parité a ses limites, à moins, qu'au contraire, elle soit absolue: si les femmes veulent des enfants, c'est leur affaire!

 

Les électeurs oublient avec une régularité d'horloge que la gauche est idéaliste. Elle voit les choses et les hommes comme ils devraient être. Il en résulte dans l'histoire de la Vème République, qui s'appuie sur le fait majoritaire, que le pouvoir de la gauche ne dépasse jamais la durée d'une législature: cinq ans. 1981-1986, 1988-1993, 1997-2002, furent les espaces de temps possédés par la gauche. Sans la fausse manoeuvre de 1997, elle en aurait compté une de moins. Elle a mis les bouchées doubles à l'occasion de la dernière. Mais, c'est vrai, elle surfe sur deux traits de la société française, la mémoire courte, et l'ennui. Une législature, un quinquennat, c'est, pour les français, gastronomes, l'équivalent d'un bourguignon ou d'un sauté de veau servi à tous les repas, toute l'année, pendant cinq ans. "Ils" veulent changer de cuisinier. Le bourguignon est remplacé par le sauté de veau, ou inversement.

Donc le programme de François Hollande, c'est de prendre aux français qui sont au dessus de la limite qu'il a fixée, ce qui dépasse, pour le distribuer à ceux qui sont en dessous. C'est beau, c'est grand, c'est généreux, mais....ça ne marche pas. Chaque fois, le taux des mécontents, parce qu'on leur en prenait trop, ou parce qu'on ne leur en donnait pas assez, est repassé au dessus des 50%. Mais les grands sentiments l'emportent sur les petits principes, et leur vent forcit pendant les cinq ans des petits principes des petits bourgeois. Il continue à forcir après, et quand il atteint la force d'une tempête, il commence à casser tout. Retour à la case réparation des dégâts!

Il est difficile de ne pas penser qu'on pourrait faire l'économie de ces aventures.

C'est tout pour aujourd'hui!

Sceptique

 

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26 janvier 2012

Rama Yade

Que ce soit dans l'émission "Think Tank", où elle débat avec Olivier Ferrand, de Terra Nova, think tank socialiste, et ,à mon avis, qu'elle subjugue, qu'elle "souffle"*, ou, hier,  dans le OUI-NON de Michel Field, ce bout de femme m'épate par son intelligence, sa maturité d'esprit.

Elle fut l'égérie de la campagne présidentielle de 2007, qui la fit découvrir par des foules enthousiastes. Récompensée par un secrétariat d'État dans le premier gouvernement de François Fillon, elle se fit remarquer par son indiscipline, qu'on appelle aussi franchise. "Essayée" dans un autre "job", elle s'y montra aussi indépendante que dans le premier. Elle finit par sortir du gouvernement et représenter la France à l'UNESCO. Probablement pas assez "actif" pour elle, elle en démissionna.

Et comme elle connaissait aussi, sûrement, les mêmes frictions avec l'appareil très militaire de l'UMP, elle est finalement partie apporter ses talents à son annexe radicale, personnifiée par Jean-Louis Borloo. Le retrait de ce dernier de la compétition présidentiele à venir, rend sa liberté de vote à Rama Yade.

On a beaucoup parlé, ces temps-ci, de son différend avec la Municipalité de Colombes, perdue par la Majorité en 2008, au profit de la coalition de gauche, mais dont elle, Rama Yade, est toujours conseillère municipale. Elle est accusée de ne pas avoir de résidence dans sa ville, et a donc été rayée des listes électorales. N'ayant pu faire visiter qu'un appartement vide, le Tribunal n'a pu soutenir sa contestation de cette radiation. Elle a une autre adresse, se défend-elle face à Michel Field, pour protéger sa vie privée. Elle entend bien présenter sa candidature aux législatives dans la circonscription qui contient Colombes, car c'est une élection toujours soumise aux règles de la Révolution Française: tout citoyen français peut poser sa candidature à un siège de député.

Soutiendra-t-elle Nicolas Sarkozy, faute de pouvoir le faire pour Jean-Louis Borloo? "C'est possible", répond-elle, en affirmant qu'elle apprécie toujours ses qualités, sa capacité à agir. Pourrait-elle se rapprocher de François Bayrou? Elle reste évasive. Lui-même l'a-t-elle approchée? Non, affirme-t-elle.

Quand on dit d'une personne qu'elle a du caractère, il y en a une part de mauvais. Celui de Rama Yade, seuls ses mentors l'ont essuyé. Rien n'en parait dans ses rapports avec les journalistes. Mais sa propulsion au niveau gouvernemental, récompensant sa collaboration efficace à la campagne, se heurta à son retard en langue de bois. L'usage de cette dernière n'est pas infamante en politique, et diablement utile.

Sceptique

* "Il"ne semble pas en être malheureux!

 

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23 janvier 2012

Indépendance de la Justice: qu'est-ce à dire?

Une justice humaine est elle possible? Le débat de fond ne me semble pas avoir, de tout temps et nulle part, trouvé de réponse. Le minimum consensuel est l'indépendance des juges, qui leur permettrait d'être hors de portée de la pression de l'État, avant le jugement, ou de sa vengeance, après. Dans notre pays, la France, les magistrats qui jugent, ceux du "siège", car ils restent assis, sont présumés être indépendants de l'État qui les recrute et les paie. Ils ne sont contraints que par les lois. Les Procureurs, le "parquet", sont les défenseurs de la société, et la société désigne ses dirigeants qui composent l'État. Il en résulte que les procureurs sont, eux, désignés par l'État, comme il en serait d'un avocat, désigné par un mis en examen, ou un plaideur au civil. Une troisième catégorie de magistrats, les juges d'instruction, chargés d'instruire, à charge et à décharge, les affaires difficiles, se voient garantir leur indépendance, tant qu'ils sont dans cette fonction. Le paradoxe est qu'il peut d'agir de jeunes magistrats en début de carrière. Manquerait-il des vocations, pour que les postes vacants soient réservés aux débutants? Ils seraient, en principe, couvés par les "anciens" de la cour où ils professent.

Le "Monde", au double titre de "victime" de la curiosité des chasseurs de traitres*, et d'organe dévoué de l'opposition, souligne le retour en grâce médiatique des juges d'instruction, auxquels le Président Sarkozy voulait "faire la peau", dès le début de son mandat.

On était alors sous le choc de l'affaire d'Outreau, qu'un jeune juge d'instruction, gobant les fables de la principale actrice d'un scandale pédophile, avait fait "sa" Vérité, en béton, et avait envoyé en prison tous les suspects désignés par la mère organisatrice des "orgies". Et toute la communauté judiciaire du territoire de compétence avait bénit le travail croustillant et purificateur du jeune gardien des vertus. Cette catastrophe judiciaire, qui avait fait un mort par suicide, et humilié un certain nombre de mis en examen emprisonnés pendant deux ans, avait mis en évidence, d'une part qu'un juge d'instruction, indépendant par statut, pouvait ne pas l'être de son propre sentiment, et que ses pairs, susceptibles de mettre en doute ses méthodes et leurs conclusions, s'en étaient gardés, par respect ,"a priori", pour le travail très médiatisé de leur collègue. On n'en était pas encore aux norias de cars déversant des curieux de la nouvelle capitale du vice, une banlieue inconnue de Boulogne-sur-Mer. Mais réexaminée en appel**, l'affaire révéla les faiblesses de l'instruction, la manipulation du juge par une "mise en examen" et des "experts" faiblards, l'aveuglement d'une cour complète. Tout se termina par un acquittement général avec les plates excuses du procureur de la cour d'appel, et une commission parlementaire qui déballa tout le détail de l'affaire.

Outreau avait suivi une longue série d'enquêtes et de procédures visant des personnalités politiques soupçonnées de financements frauduleux de leurs campagnes électorales ou de leurs partis. Plusieurs avaient abouti à des non-lieux, après plusieurs années de mise à l'écart d'une carrière politique prometteuse, pour cause de "mise en examen", nouveau nom de l'inculpation, formulation peu compatible avec la "présomption d'innocence". Hélas, dans l'opinion du peuple et des copains, la "mise en examen" rend infréquentables ces collègues. Leur hiérarchie, Président,  Premier Ministre, Secrétaire Général de leur parti, les prie fermement de se mettre sur la touche.

Et personne, par contre, n'avait observé qu'un non-lieu, accouché dans la douleur après des années de gestation, avait mis sur le flanc la maman ou le papa du non-lieu. Les suites de couches étaient fulgurantes, à faire palir d'envie l'Assurance Maladie. Les juges d'instruction gardaient leur prestige national et international, tandis que les procureurs, surtout à la suite de l'élection de Nicolas Sarkozy, ne pouvaient être que les suppôts dévoués du Président, prêts à toutes les besognes.

S'il faut bien reconnaitre que le service de la République peut se confondre avec celui de l'élu du peuple souverain, ce soupçon ne laisse pas de place à la conscience professionnelle du magistrat du Parquet. Chaque représentant de cette fonction judiciaire subit à plein la présomption de culpabilité.

Le "Monde" se félicite donc de ce que, les procureurs étant allés se cacher, les juges d'instruction, IN-DÉ-PEN-DANTS, aient retrouvé tout leur prestige. Le quotidien oublie de mentionner qu'un des plus célèbres vient de  voir démentir une de ses instructions interminables. Celle qui nous a valu une belle et longue crise avec le Rwanda, dont nous soupçonnions le Président actuel d'avoir envoyé "ad patres" son prédécesseur, un ami très cher. Un autre juge, reprenant l'enquête, a très opportunément découvert que la roquettte meurtrière avait pu*** être tirée par des comploteurs de l'autre parti, celui du Président défunt !

Indépendant, oui, mais pas de sa conviction intime!

Sceptique

*Les fonctionnaires "patriotes" qui, forts de leur affection pour l'opposition, transmettent à un "bon" organe de presse, en léger différé ou en temps réel les documents confidentiels qui passent par leurs mains. À croire qu'un micro est caché sous le bureau du juge ou de l'officier de police judiciaire. Une loi protégeant les sources des journalistes, ces fonctionnaires ne peuvent être poursuivis et sanctionnés. Mais une mutation....le temps que le Ministre soit mis au banc d'infamie, le flot d'informations est interrompu. Pour savoir qui muter, il faut oser espionner.  

**Quelle chance pour les citoyens français qu'une possibilité d'appel des décisions des cours d'assises ait été instituée, après quelques évidentes erreurs judiciaires irréparables.

*** "pu"..."on" s'en contente!

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Haïti: la double peine de la diaspora

Mon intérêt pour Haïti est antérieur au tremblement de terre, qui a fait, il y a deux ans, d'immenses dégâts matériels, et de très nombreuses victimes. Cette République, première colonie française, de la première vague (17ème siècle) à s'affranchir de la France, elle-même en pleine Révolution, puis, victime d'un retour offensif d'une République française prise en mains par le Général Bonaparte, avait fini par se débarrasser du colonisateur, opportunément aidée par la fièvre jaune. Mais elle avait perdu dans cette dernière aventure son premier dirigeant et héros, Toussaint Louverture, capturé par les troupes du Général Leclerc, et interné en France où il était mort rapidement.

Mais une fois acquise son indépendance, la République d'Haïti, semblait ne s'être jamais sortie du marasme économique et de l'instabilité politique, verrouillée, de temps en temps,  mais de quelle manière, par des dictatures ubuesques. Appliquant la doctrine Monroe, les américains y débarquaient périodiquement, pour mettre fin à des situations caricaturales.

C'est un article paru dans le "Monde", et vantant la valeur de modèle de la révolution haïtienne, qui m'a fait réagir la première fois. Je ne considère pas la misère et l'insécurité comme des indices de réussite.

Quand le séisme survint en Janvier 2010, Haïti était pratiquement sous protectorat de l'ONU, seule institution maintenant habilitée à prendre la décision d'une guerre ou d'une mise sous tutelle dans un but humanitaire. Évidemment, ce sont les grandes puissances du monde qui tirent les ficelles de l'ONU. Qui ne peut rien faire sans l'aval du conseil de sécurité, une fois que ses membres permanents ont abouti à un compromis acceptable par les....membres permanents. Pour Haïti, ce fut un avantage. Malgré leurs propres pertes, les forces de l'ONU participèrent aux premiers secours et au maintien de l'ordre. Les ONG caritatives et médicales présentes furent aussi immédiatement disponibles. Une noria aérienne, sous contrôle américain, déversa hommes, matériel et manuels de bonne pensée sur le pays en ruines. La recherche de survivants sous les décombres dura de longs jours, avec, de temps en temps, une survie miraculeuse. Puis, ce fut au tour du choléra d'ajouter quelques milliers de morts supplémentaires.

Le Président en exercice au moment du tremblement de terre était justement en fin de mandat. Il assura vaille que vaille les affaires courantes, mais il fallut organiser une élection présidentielle dans un pays complètement....désorganisé. Le vainqueur des deux tours était inattendu: Michel Martelly, un émigré de fraiche date ayant réussi dans la chanson. N'ayant pas demandé la nationalité du pays où il avait rencontré le succès, il n'était pas frappé d'ostracisme comme tous les haïtiens à double nationalité le sont . Car c'est là le point faible de la société haïtienne: elle ne peut assurer un avenir aux meilleurs de ses habitants. L'émigration est permanente. Elle est alimentée par les classes moyennes instruites, et par les classes misérables qui prennent tous les risques pour aller tenter de survivre ailleurs. Ils essaiment vers les E.U., le Canada, et le nord de l'Amérique du Sud. Ceux qui vont vers le Nord, États-Unis et Canada, sont immergés dans un monde où les courageux et les débrouillards parviennent à s'insérer, à travailler, à gagner leur vie. Ils entretiennent par leurs virements la famille restée au pays. Mais ils sont l'objet d'un rejet global de la société haïtienne. Leur exil a diminué leurs chances de jouer un role social en y revenant. L'histoire de la République d'Haïti montre que ce pays n'a pas adopté le principe de l'unité, et a toujours stigmatisé ses membres favorisés par leur instruction, leur niveau professionnel. La commodité offerte par certains pays d'accueil, de la double nationalité, est considérée par la constitution haïtienne comme un vice rédhibitoire.

Michel Martelly voudrait que l'aide internationale serve d'abord à l'amélioration des conditions d'existence de la population sinistrée plutôt qu'à la reconstruction des bâtiments publics, comme le Palais Présidentiel. Mais la Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti entend gérer les fonds des donateurs en suivant son projet, et n'y fait pas participer les haïtiens, quels qu'ils soient: gouvernement élu par les habitants sinistrés, ou membres de la diaspora ayant compétence pour y être impliqués.

Sceptique

source: article de Jean-Daniel Rainhorn, Le Monde du 12 Janvier 2012, p.23(Débats)

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21 janvier 2012

Trahison en Afghanistan: il faut tenir!

Hier, deux, aujourd'hui, quatre, soldats tombés sous les balles de tueurs déguisés en militaires afghans, auxquels nos hommes donnaient l'accolade, quelque temps plus tôt. Morts sans avoir pu se défendre, le pire pour un militaire.

J'ai ressenti la même révolte, le même dépit, le même mépris, que tout le monde. Je me suis dit, comme tout le monde, "y en marre, arrêtons là, rembarquons." J'ai compris la réaction de colère de Sarkozy, chef des armées, responsable politique de notre engagement là-bas, dans la suite de Chirac et de Jospin, qui ont agi de concert, en 2001.

On sait ce qu'on a pris en charge, il y a dix ans. Un pays sous la coupe d'un mouvement terroriste et fanatique, assujetissant tout un peuple à leur interprétation de leur religion."On" les aurait bien laissés faire avec leurs compatriotes ce qu'ils voulaient, s'ils n'avaient pas couvé l'organisation "Al Qaeda", coupable des terribles attentats de New York et de Washington, le 11 Septembre 2001. L'expédition punitive américaine avait bien marché, les talibans avaient été chassés. La tentation d'une prolongation politique sous la forme d'une prothèse démocratique a été trop forte. L'Afghanistan en était bien loin. Entre les chefs de guerre locaux et les talibans qui se réorganisaient, il y avait trop à faire. Les américains ont appelé à la rescousse leurs alliés. 

Il est vite apparu qu'une occupation, aussi "bienveillante" qu'elle soit en intention*, ne pouvait être plus efficace que celle qui l'avait précédée. Par sa géographie et son peuplement divers, qui n'est équilibré que par la force des armes, l'Afghanistan n'a qu'une unité, celle d'un "sac de noeuds"! Les alliés occidentaux avaient sous la main un chef de gouvernement, Hamid Karzaï, objet d'un consensus limité, l'expression libre de la population se cantonant aux zones sécurisées. Il fallait l'aider à former et à entretenir une armée nationale, convaincue de son devoir de servir l'État afghan, et non ses chefs d'unité de grades divers. Il fallait que cette armée soit un "melting pot", extirpant des têtes les références tribales. Il fallait qu'elle ait la combativité et l'efficacité nécessaires pour tenir en respect les "parties prenantes". Une armée forte et disciplinée au service d'un État légitimé par l'accord majoritaire de la population, c'est la recette qui rassemble le plus de suffrages dans le monde libre.

Parce que les opinions, dans les pays qui sont coalisés au service de cette mission, trouvent insupportables les pertes en hommes, piaffent d'impatience, veulent qu'on en termine, les Alliés se sont fixés un terme: fin 2014.

Tous les contingents, américains et autres, auront évacué l'Afghanistan à cette échéance, quelle que soit la capacité du gouvernement afghan et de son armée à maintenir leur légitimité face aux diverses forces terroristes ou tribales qui persisteront à ce moment là. Cette perspective ne fait pas l'affaire des talibans et de quelques autres factions. Ils s'efforcent donc d'empêcher les institutions, pouvoir politique et armée nationale, d'atteindre l'efficacité nécessaire, et de provoquer la débacle précipitée des alliés occidentaux, soumis à la pression permanente de leurs opinions. Les situations pré-électorales sont particulièrement favorables à ces pressions. Chez nous, en France, la palette allait du respect de notre engagement jusqu"au terme fixé, au rembarquement immédiat. Le doute qui saisit notre Président en exercice, et candidat à un deuxième mandat, referme en partie cet éventail. En Novembre prochain, le Président américain, Barack Obama, aura à faire face à la même pression.

Ces actes qui sont à la fois de trahison(de la confiance) et de terrorisme, nécessiteront des mesures de protection, des aménagements de la vie de nos militaires dans leurs bases fortifiées. Elles iront à l'encontre d'une fraternisation méritée par la majorité des militaires afghans. Mais une fois ces précautions prises, il vaut mieux, pour notre honneur, et par solidarité avec tous les membres de l'OTAN engagés là-bas, qu'on tienne.

Sceptique

*Les soldats, de métier, ou même appelés, ne sont pas des "enfants de choeur". Leur formation, leur arme, faite pour tuer, leur peur, aussi, les rend méfiants et méchants. Il y a donc en permanence en Afghanistan, des "bavures" qui entretiennent la rancune. 

 

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20 janvier 2012

François Hollande:(entre) Raison et Sentiments

Proposer le blocage du prix de l'essence par le moyen d'une TIPP "flottante", modulant les recettes de l'État....et des Régions, au gré du marché du pétrole brut, est à ranger franchement du côté des sentiments. Sentiment de compassion pour les automobilistes, encore nettement majoritaires en France, et demande d'amour et de reconnaissance en contrepartie. Comme aurait dit Fernand Raynaud, "ça peut payer!" 

Il prend quand même le risque, comme ce fut le cas à la fin des années Jospin, de faire grimper aux rideaux ses alliés écologistes, qui, eux, voient la France du futur reconvertie au "moteur à crottin". Je formule à ce sujet deux hypothèses: ayant rencontré sur le quai d'une gare, sa rivale et néanmoins amie Éva Joly, la passionaria du bon air bien frais, l'idée de la contrarier lui est venue sous cette forme "démocratique" ou "électoraliste", comme vous voudrez. La deuxième hypothèse est qu'il avait l'idée en tête, mais qu'il a gardé son idée "écoloclaste" pour ses ouailles aux oreilles roses.

Et la Raison, dans tout cela? La Raison nous dit que ne produisant pas de pétrole, mais en consommant beaucoup, la subvention en douce de ce produit risque d'être ruineuse pour les finances publiques. Oh, bien sûr, beaucoup de nos concitoyens sont convaincus que ces hausses ne sont le fait que de TOTAL, notre "bouc émissaire de l'hexagone"*. Un blocage des prix leur apporterait du baume au coeur et ferait mal à Monsieur Christophe de Margerie.

Cela ne lui ferait rien du tout et n'apporterait rien de bon à notre balance commerciale. Il est inscrit dans le destin du monde que le pétrole sera de plus en plus consommé, en raison de l'amélioration du niveau de vie de la majorité des peuples du monde, et de plus en plus cher, ne serait-ce que par les difficultés d'accès aux nouveaux gisements, situés sous les fonds des océans, ou dans les régions circumpolaires. C'est loin de chez nous et les français "n'en ont rien à cirer", me direz-vous. Tant qu'on ne vient pas en chercher au large de Marseille, tout va pour le mieux.

Et la Raison nous dit encore que la hausse des prix du carburant rendra rentable l'exploitation des schistes et des sables bitumineux (déjà engagée au Canada, ce qui fait hurler les Verts), et la recherche de carburants produits à partir d'une biomasse qu'on arriverait à faire restituer toute l'énergie cumulée dans sa substance (on n'en est qu'à un modeste 18%, au maximum). Et si l'humanité n'y parvient pas, elle reviendra, dans la douleur, à l'âne et à la brouette**!

Sceptique

* L'expression appartient à un Professeur de Médecine, Cyril Koupernik, à propos d'une maladie imaginaire qui fit gagner beaucoup d'argent aux laboratoires pharmaceutiques dans les années 1960. "Elle" finit par passer de mode devant le scepticisme d'un nombre grandissant de médecins. La formule complète était:"Le magnésium, ce bouc émissaire des ignorants de l'hexagone!" Pas gentil, hein?

**Une belle invention, dont l'éternité est assurée.

 

 

 

 

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18 janvier 2012

Costa Concordia: le déshonneur d'un capitaine

"Début de la fin de notre civilisation" m'écrit un correspondant attaché au passé. "Futur "cas d'école" pour les formations d'officier de la marine marchande" remarque un professionnel. Une pareille légéreté révélée chez un homme auquel ont été confiés un bateau d'une valeur de près d'un demi-milliard d'euros* et 4.000 personnes à bord, entre passagers et membres d'équipage, n'était pas imaginable. "Il" aurait aggravé son cas en quittant le navire avant qu'il soit entièrement évacué. Quant à l'évacuation proprement dite, elle a été aussi cafouilleuse qu'a été celle du Titanic, cette fois-ci en raison du cosmopolitisme de l'équipage et des passagers. Une Tour de Babel flottante, comme peut l'être de nos jours, un paquebot de croisière.

En Europe, l'industrie de la croisière est devenue une spécialité italienne, résumée par un nom devenu prestigieux, Costa. Au temps où les CE des Caisses de Retraite organisaient des croisières en basse saison pour le plaisir des affiliés et pour le leur, jusqu'à ce que ces institutions reçoivent un coup de baguette comptable sur leurs doigts, j'ai eu envie de vivre ce plaisir. Sans avoir de motif à me plaindre de l'expérience, ce modèle de voyage sur-organisé ne m'a pas séduit. Mais je peux comprendre qu'il ait ses "accrocs", des personnes seules, surtout, qui y dépensent des économies inutiles.

Les paquebots ne sont plus utiles qu'à ça, être "promène-couillons", comme disent les marseillais, car ils ont été éliminés du transport de passagers d'un continent à l'autre, par les avions de ligne. Ce ne sont donc que des stations de vacances flottantes, où chaque client doit pouvoir trouver ce qu'il y cherche: repos, plaisir, découvertes, fêtes et spectacles divers. Au cours d'un voyage, les passagers ne voient que très peu les membres de l'équipage. Ils ont affaire au personnel hôtelier et aux animateurs divers. Les officiers, dont le commandant de bord, ne sont présents qu'au moment de l'accueil et à l'approche de la séparation.

La navigation maritime étant "assistée" autant que l'est la navigation aérienne, la compétence technique est plus utilisée que le pifomètre. Le métier a perdu de sa poésie et de son héroïsme. Mais il n'a rien perdu de sa responsabilité! Simplement, il ne s'agit là que d'un principe, d'une valeur abstraite, rarement appelée à servir en urgence.

Dans le cas de l'échouage du Costa Concordia, l'accident est la conséquence d'une bêtise délibérée, d'un jeu d'adolescent attardé avec la Porsche ou la Ferrari du papa. "Faire son intéressant" comme on peut encore le dire, tant le "donné à voir" est humain. Un oubli total des devoirs de la charge. Ce qui est fait est fait. C'est une défaillance individuelle, non de la compétence, mais de la conscience professionnelle. 

Il est connu que la routine, la facilité, la sécurité, démobilisent l'homme, lui font oublier les risques. Sur les routes, les accidents sont plus fréquents lors des déplacements routiniers, sur des trajets archi-connus. On s'en rend compte en observant, dans les aéroports, les comportements des équipages, avant leur embarquement, ou après leur service, tandis que les passagers récupèrent leurs bagages.

Ces hommes qui ne s'occupent plus que de vacanciers, de retraités rattrapant une vie consacrée au travail, de couples en voyages de noces, et les promènent sur des trajets réglés au mile marin et au quart d'heure près, ne sont-ils pas plus exposés à s'identifier aux fêtards qu'ils transportent et cotoient? Ce ne serait qu'un fait de société à la probabilité non nulle, et non le signe d'une "décadence" de la civilisation. Ces capitaines n'ont que si peu d'occasions d'être courageux qu'ils ne sont pas sélectionnés sur ce critère. 

Sceptique

*Rectification du 19/01/2012

P.S. On a pu à bon droit s'étonner de ce que ce capitaine gravement défaillant ait finalement été extrait de sa prison par la justice. Sa faute comprenant en plus un manquement à l'honneur, avoir abandonné le navire, ses passagers et son équipage, le risque d'une punition immédiate infligée par des co-détenus a probablement été estimé d'un niveau élevé, et motivé la mesure prise par le juge.

23/01/2012 -Un article du "Monde", daté du 22 Janvier 2012, insiste sur les responsabilités humaines à l'origine des accidents maritimes, soit par légéreté ou baisse d'attention, comme le naufrage du Costa Concordia, soit par fatigue réelle des officiers et des équipages des bateaux sous pavillon de complaisance, non protégés par des droits sociaux suffisants. Le gigantisme, surtout celui des porte-conteneurs, est également épinglé. 

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