Il y a quelques jours, un spécialiste de l'Orient examinait les rapports attendus entre Barack Obama, le Président élu des États-Unis, et le monde musulman. Il en soulignait les handicaps: échec et haine envers G.W.Bush, haine des États-Unis et de son peuple, enlisement des conflits israélo-palestinien et irakien, forts soupçons d'un programme d'armement atomique de l'Iran.

Et, aux États-Unis mêmes, la crise financière et la très mauvaise passe de l'économie.

Il en concluait nettement que le nouveau Président devrait en rabattre sur ses ambitions de restaurer un dialogue direct avec tous ceux qui se déclarent ennemis de l'Amérique.

Ensuite est venue l'insulte, raciste et méprisante, hélas conforme à l'ancienne tradition,du numéro 2 d'Al Quaïda.

Malgré toutes ces "casseroles", je persiste à penser que Barack Obama a raison de vouloir tenter un dialogue direct, sans conditions préalables, avec les ennemis jurés de son pays, Al Quaïda exceptée, évidemment. Cette organisation n'envisage sûrement pas un dialogue quelconque avec qui que ce soit.

Il ne risque rien à essayer, sauf quelques "On vous l'avait bien dit", dans l'intérêt même des ennemis de l'Amérique. L'obstination de l'iranien Ahmadinedjad met en danger réel son pays, l'Iran. Un essai réussi d'une bombe A déclencherait pour le moins une attaque aérienne de ses installations par des armes classiques, parvenues à un haut degré de perfectionnement et d'efficacité. Quant à une tentative de lancement d'une bombe A sur l'ennemi juré, Israël, je préfère ne pas imaginer ce qui se passerait immédiatement.

Ne reconnaître que des états, en ne cherchant pas à imposer son modèle de société, fait sûrement avaler beaucoup de couleuvres, mais évite d'exacerber les passions nationalistes que sont promptes à partager les peuples victimes. Ou de provoquer pire que mieux, comme le coup d'État de Pinochet au Chili, dans les années 1970. On m'objectera que ce principe aurait obligé à tolérer les régimes hitlérien et stalinien. Mais en ce temps là, tant que la guerre ne fut pas totale, les relations diplomatiques se poursuivirent. Pendant la guerre froide, elles ne furent qu'inconfortables.

Le principal handicap du Président Barack Obama sera effectivement intérieur. Mais il faut souhaiter qu'il ait la volonté de conserver un peu de temps à faire évoluer les situations bloquées, dont un bon nombre résultent de la politique américaine des années Bush. Même s'il y a du vrai dans le concept de choc des civilisations, la solution d'aller jusqu'au bout du rapport de forces est la pire. Il faut souligner que le candidat démocrate a largement exprimé cet avis.

Sceptique