L'Iran vient de lancer un satellite, et son chef, Ahmadinedjad, en est plus que fier. Il dédie le succès de ses techniciens à son référent officiel, Allah en personne.

Ce n'est pas le satellite qui inquiète les occidentaux, mais la capacité du lanceur. D'avoir mis en orbite un satellite dont le poids n'est pas connu, en fait un vecteur balistique possible d'une bombe A.

Le Président iranien n'est pas un personnage politique comme les autres. Il ne cache, ni ses haines, ni ses désirs, ambitions ou projets. Il se voit chef de file d'un Axe rassemblant de gré ou de force tous les pays musulmans, pour renvoyer dans les cordes l'ensemble du monde occidental qui s'est incrusté en terre d'Islam depuis un bon siècle. Sa tête de pont, l'État d'Israël, doit disparaître.

L'hypothèse la plus pessimiste ne peut être balayée: dès que l'Iran a mis au point une bombe, il la met au sommet de sa fusée et l'expédie vers Israël. Elle touche son but ou est détruite en vol par une salve d'anti-missiles. Mais déjà, il n'y a plus d'Iran. Plusieurs missiles balistiques nucléaires l'auront frappé.
Ce sacrifice d'Ahmadinedjad et de son pays sur l'autel de la haine d'Israël est-il vraisemblable?

Il y a évidemment le précédent d'Hitler qui se voyait, avec ses alliés japonais et italien, maître assuré de la totalité du monde, et qui en a donc pris les risques, en décidant les attaques. Mais c'était avant l'ère de l'armement nucléaire dont l'effet dissuasif est évident et bénéfique pour la paix, malgré ses risques. La peur du gendarme est le commencement de la sagesse.

Il y a l'inconnue de la conviction réelle du président iranien. S'il ne se réfère à Allah que pour nous faire bisquer, admettant dans le fond de son esprit que son dieu ne s'occupe pas des affaires des hommes, nous devrons faire preuve de sang-froid, avec le doigt prêt à libérer la riposte. Mais si par malheur, il se prend réellement pour l'exécuteur d'une volonté divine, renouvelant, en l'espèce de son peuple, le sacrifice d'Abraham*, il nous mettra devant le fait accompli, face auquel toutes les parades devront être prêtes.

Et la dernière, l'action préventive, sans nous demander notre avis, de l'État d'Israël. Même si Israël n'a jamais réussi, pour des raisons intérieures de divisions et surenchères diverses, à définir une politique claire à l'égard des palestiniens, et à la mettre en oeuvre, il se ressoude dès que son existence est en jeu. Et les extrêmismes adossés à la religion seront, de part et d'autre, les meilleurs artisans du retour au pouvoir imminent de Benyamin Netanyaou, pour lequel un bon arabe est un arabe mort ou en prison à vie.

Entre la crise économique et les risques de guerre au Moyen-Orient, nous avons du souci à nous faire.

Sceptique

*Les musulmans(arabes) ont inclus dans leur fondement mythique le sacrifice d'Abraham, dont ils "sont" les descendants par Ismaël, fils d'Abraham et de sa servante. C'est Ismaël qui doit être sacrifié et qui est sauvé par la main d'Allah. Le bélier qui doit lui être substitué est également mis à la disposition d'Abraham.