Dès que vous ouvrez un journal, sur papier, radiophonique ou télévisé, vous avez droit au bulletin épidémiologique de la grippe A, H1, N1, qui sévit actuellement, sous le drapeau français (ce qui se passe ailleurs est sans intérêt), dans les DOM-TOM de l'hémisphère Sud.

Il y a quelques victimes, celles qui n'y survivent pas, qui sont classées méticuleusement en "avec facteurs de risques", mettant hors de cause le corps médical et la santé publique, et "sans facteurs de risques connus", dont les ayant-droits pourraient chercher des noises, et qui obligent l'État à faire preuve d'activisme, en envoyant des renforts de médecins et d'infirmiers.

Mais surtout, pour rassurer nos populations hexagonales, qui viennent de passer leurs vacances sans trop de soucis, comme l'épidémie qui frappe nos îles tropicales de l'hémisphère sud est soumise à une amplification autant visuelle que sonore, il faut que le choeur des commentateurs invoque "l'hiver austral", s'en gargarise, même, et personne ne s'aventure à le contrarier.

Or, déjà, à latitudes comparables, les climats de l'hémisphère nord et de l'hémisphère sud ne sont pas identiques, simplement de calendrier inversé. Question de courants marins, de proportions entre les surfaces émergées et les surfaces océaniques. Les grandes masses continentales, qui ne stockent pas la chaleur, et se refroidissent fortement en hiver, sont dans l'hémisphère nord.
Et nos confettis à nous sont à des latitudes tropicales, où les températures varient peu, entre 25 et 30°*. Le climat tiède et humide favorise plutôt la survie des virus dans les aérosols diffusés par les malades. Le mode de vie des habitants constitue peut-être un facteur facilitant de la transmission.

Rien ne permet donc de dire, à partir des constatations faites outremer, que l'épidémie provoquée par le nouveau virus subira une amplification du fait de notre marche vers l'hiver. Elle est déjà présente sur le territoire métropolitain, et semble contenue par les mesures d'hygiène et les moyens médicaux de prise en charge.

La spécificité de la grippe épidémique saisonnière, c'est d'être favorisée par la fragilité des voies respiratoires supérieures, irritées par le froid de l'automne et de l'hiver. Cette grippe là semble indifférente à ce facteur. Inconnue des systèmes immunitaires, simplement, elle ne rencontre aucune résistance.

L'arrivée du vaccin est la ressource attendue pour y faire vraiment face. Son arrivée possible en automne n'est qu'une coïncidence. Il aurait été le bienvenu dès le printemps dernier!

Sceptique

* Dernières températures indiquées par la Chaîne Meteo!