La crise a surpris les derniers pays entrés dans l'Union Européenne, qui n'avaient pas eu le temps de moderniser leur économie, et de se débarrasser des séquelles de leur occupation par l'Union Soviétique, ou de sa domination idéologique, .

Au sud-est de l'Union, la Roumanie et la Bulgarie sont dans un état qui fait le désespoir des jeunes, qui avaient refusé l'émigration en plaçant tous leurs espoirs dans l'entrée dans l'Europe. Certains se posent la question: était-ce une bonne chose? Nationalisme et nostalgie du communisme (l'association fonctionne bien) séduisent les trop nombreux frustrés. 

Mais au nord-est, c'est en silence que les baltes sont retombés dans la misère. Comme le silence est dans leurs habitudes d'habitants de pays froids, actuellement plongés dans un hiver qui a retrouvé des muscles et ses dents, le urs plaintes sont inaudibles. 

Le "Monde" du Samedi 2 Janvier consacre heureusement un reportage à la Lettonie, un des trois états baltes. Le PIB y a reculé de 17% en 2009, le chômage, officiel, et à 16%, et là bas, les indemnités de chômage ne sont versées que pendant neuf mois, à un taux rapidement dégressif. 

Tant que l'Europe était prospère, jusqu'en 2008, l'émigration concernait des hommes, qui envoyaient de l'argent à leur famille. Mais, maintenant, ce sont des familles entières qui partent, solidaires dans le risque d'une émigration, certes légale, mais sans garantie de réussite. "Il fera toujours plus chaud qu'ici", doivent se dire ces exilés. Mais le résultat est l'arrêt du flux d'argent vers les familles vivant au pays.

Une SOLUTION? Bien sûr, il n'y en a pas. "Quand le feu est au château, on ne s'occupe pas des écuries". Les nations européennes consacrent tous leurs efforts à ne pas tomber, à colmater les brèches qui s'ouvrent dans leur économie. Elles se couvrent de dettes, garanties par leurs actifs. Le chacun pour soi est forcément tentant. Unis ou isolément, les états de l'Europe ne peuvent prendre en charge toute la misère du monde.

Il lui reste, à l'Europe, une capacité à la solidarité. Elle ne la refuse pas totalement aux peuples plus pauvres qu'elle, même si elle a resserré les cordons de sa bourse. Mais à force de ne la voir qu'au Sud, un torticolis l'empêche de regarder vers l'Est. Nous avons, c'est notre tradition, de magnifiques ONG caritatives, qui se dispersent dans le monde entier. Quelques unes pourraient trouver de quoi faire dans leur spécialité, dans notre Europe même. 

Sceptique