À l'automne dernier, j'avais exprimé mon ralliement, avec réserves, à une taxe carbone qui ne se voulait qu'incitation à des comportements d'économie des toujours précieuses énergies "fossiles". Ce que les français paieraient en plus en passant à la pompe*, ils le récupéreraient sous la forme d'un forfait versé par l'État. S'ils avaient été sages, ils auraient été gagnants. Gaspilleurs, ils auraient été perdants.

"Retoquée" par le Conseil Constitutionnel, la loi votée ne fut pas applicable au 1er Janvier, comme prévu. Le Président Sarkozy en promit une nouvelle mouture pour le 1er Juillet de cette année. 

Si pour quelques consommateurs passionnés de puissance et de vitesse, le carburant n'est jamais assez cher, il était évident que la grimpette du prix du pétrole juste avant la crise de l'automne 2008 avait eu sa traduction sur nos routes, sur lesquelles une majorité de conducteurs conduisait au dessous de la vitesse autorisée. La consommation globale avait nettement diminué. 

Elle est repartie à la hausse, ainsi que les excès de vitesse, dès que les prix sont retombés à un niveau "plancher", déterminé par les baisses de production de l'OPEP, et les diverses taxes prises au passage, qui ont d'ailleurs l'avantage de lisser les variations.

La reprise de l'économie, lente, mais sûre, fait de nouveau monter les prix du pétrole et de ses sous-produits. Mais, surtout, l'hiver politiquement incorrect, dont on voit à peine le bout, a nécessité une surconsommation**, qui, pour les plus modestes, a du faire des trous profonds dans les budgets, même en abaissant la température des logements. La facture de ces dépenses est encore à présenter pour de nombreux locataires de HLM ou d'immeubles à chauffage collectif. Quelques très mauvaises surprises sont à prévoir.

Les doléances sont remontées jusqu'au sommet, et auraient été entendues. Les conditions nouvelles posées pour la mise en place de la taxe, comme son application aux frontières de l'Europe sur les produits importés, sont loin d'avoir l'accord de nos partenaires. Voilà une bonne raison de mettre sous le coude la moralisation de la consommation hexagonale d'énergie***. 

Si la référence au "réchauffement climatique anthropique" est encore l'équivalent du signe de croix, trouvant sa place dans la quasi totalité des discours politiques , les citoyens qui se pèlent de froid commencent à douter sérieusement, et quelques scientifiques diaboliques n'ont plus peur d'insinuer que d'autres, adulés, ont peut être pris leur désir pour la réalité. Il faut maintenant donner au (mauvais) temps, du temps.

À cet égard, la hausse des prix à la production des énergies fossiles, même si elle est souvent traitée de "scandaleuse", n'est pas une si mauvaise affaire, en rendant rentables les moyens d'économiser l'énergie, et la recherche d'énergies nouvelles.

Sceptique

* Le "passage à la pompe" quel que soit son rythme, constitue la confrontation la plus évidente au prix du carburant. Les factures de fuel, de gaz, et d'électricité sont plus épisodiques.

**Multipliée d'un facteur 2,5.

***Il est d'observation courante que les français, toutes catégories, ont du mal à imaginer que leurs difficultés ont leur équivalent au delà de nos frontières. Ils sont plus nombreux à admettre, quand même, que chasser le bouc émissaire Total dans le désert n'est plus la solution.