L'humanité est obsédée d'ordre. En réaction au désordre qui lui est imposé depuis que la conscience et la mémoire ont fait d'elle une victime et un témoin gênant.

Régulièrement, "sa" maison est saccagée par quelque colère de La Nature. Aux débuts de l'humanité, l'élément (vent, eau, feu) était déchaîné par la divinité qui en était la gestionnaire. Les humains essayaient d'identifier la mouche qui avait piqué la divinité et provoqué sa crise. Leur recherche restant vaine, ils se posèrent vite la question de leur propre faute, et essayèrent par tous les moyens (éventuellement en sacrifiant une ou plusieurs de leurs plus belles filles) de calmer leur colère.

Le développement des sociétés humaines n'a pas abaissé leur niveau d'exigence d'ordre de la Nature, mais a progressivement simplifié l'administration divine, jusqu'au monothéisme actuel qui concerne une forte proportion de l'humanité. Cependant, cette simplification rend encore plus incompréhensible les caprices violents et meurtriers de la Nature sous toutes ses formes. Le monothéisme a dégagé une évidence nouvelle: les catastrophes naturelles sont, soit une punition infligée à l'humanité présente sous un secteur du ciel délimité, soit sa mise à l'épreuve. La seule réponse des hommes consiste à se tenir de mieux en mieux, et à se montrer généreux envers les dieux, dont le nombre s'est réduit à un seul, mais dont la préférence est revendiquée par diverses religions.

Les voies de Dieu étant toujours aussi impénétrables, des hommes plus raisonneurs que d'autres en ont conclu qu'IL n'y était pour rien, et que tous ces événements climatiques hypertrophiques n'avaient d'autre cause que l'activité humaine, complètement débridée et consacrée à la satisfaction, non plus des besoins essentiels, mais des désirs insatiables.

Cette cause, unique, c'est l'augmentation du taux atmosphérique de CO2(bioxyde de carbone) formant un acide (CO3H2) au contact d'eau. Le CO2 contribuant à l'effet de serre*, permet le réchauffement moyen de l'atmosphère, et une acidification des océans par dissolution dans ses eaux de surface. Il ne fait pas bon contester ce phénomène général, en arguant des exceptions locales et saisonnières. En ce qui concernent nos zones polaires, le Nord agit très bien, perdant une bonne part des glaces de mer en été, et larguant de beaux icebergs** à partir des glaciers des terres émergées. De toute façon, il est facile de cacher les faits contraires observés une année ou une autre. Dans le flot des paroles en provenance de ces régions, très fréquentées en toutes saisons, ils sont inaudibles.

Par contre, depuis plusieurs années, le Pole Sud, formé d'un vaste continent, recouvert d'une couche de glace de plusieurs milliers de mètres, et entouré d'une ceinture océanique qui gèle en surface pendant l'été austral, un phénomène contrarie les climatologues par sa déviance: la surface gelée augmente d'année en année au lieu de diminuer comme le réchauffement global l'intimerait. 

Et comme cette région du globe est très hostile, la population humaine de scientifiques est faible en permanence, et les explorations ponctuelles sont lourdes et coûteuses à organiser. Sans oublier les commentaires ironiques des climato-sceptiques, difficiles à faire taire.

Selon Liping Liu et Judith Carry, de l'Université de Géorgie (E.U.), le réchauffement des eaux circumpolaires aurait pour conséquences des précipitations neigeuses plus abondantes sur les eaux océaniques proches du continent antarctique. Cette neige flotte (sans fondre) et empêche (comment?) les eaux chaudes profondes(?) de remonter pour fondre la glace***. Le pouvoir réfléchissant (albédo) de la glace et de la neige reposant sur la surface...au retour d'un ensoleillement(en été austral!) permettrait à ces conséquences de l'hiver...de passer l'été sans dommage.

Mais pour les auteurs et leur supporters, le Pole Sud ne perd rien pour attendre. Le réchauffement à venir finira bien par vaincre sa résistance, en déversant de la pluie bien chaude sur ses glaces, et les fera fondre, en toute justice.

Quand?  Dans cinquante ans! Ils sont prudents, nos scientifiques. D'ici là, ils seront à la retraite, ou, s'ils se sont trompés, "on" aura eu le temps d'oublier leurs extrapolations. 

Sceptique

*Les gaz à effet de serre retiennent une partie de la chaleur solaire réfléchie par la surface de la terre. En leur absence, le climat serait beaucoup plus froid, probablement glaciaire. Un minimum d'effet de serre est donc vital.

**L'énorme iceberg, lâché par un glacier de la terre de Baffin, dans le grand Nord canadien, restera piégé dans le passage du Nord Ouest. Il ne risque pas de se retrouver dans l'Atlantique Nord. 

***Les eaux chaudes, plus légères, ne peuvent plonger dans les profondeurs qu'une fois suffisamment refroidies. Dans l'hémisphère nord, les eaux du Gulf Stream, aux abords de l'Océan Arctique, finissent par plonger, mais font habituellement un demi-tour que leur fait reprendre la route du Sud, en profondeur. Les phénomènes observés d'hivers doux, et de fonte anormale des glaces de l'Arctique et des glaciers environnants (Groenland), pourraient avoir été liés à l'écoulement en surface de l'Arctique d'eaux chaudes en provenance du Gulf Stream. On sait que ces eaux contribuent ordinairement à maintenir accessibles les ports russes de la Mer Blanche (Mourmansk, en particulier). Qu'en est-il depuis l'hiver 2007-2008? "On" n'en parle plus beaucoup.