Grand émoi des responsables de la santé publique, des militants anti-tabagiques, et des redresseurs de torts professionnels: selon les dernières statistiques, la consommation de tabac a fait un bond, rattrapant des niveaux déjà perdus.

Une analyse plus fine montre que ce rebond est du aux chômeurs-fumeurs, qui ont augmenté leur consommation de 6%, et aussi, aux femmes, qui sont 2% de plus à s'être mises à fumer.

Échec de Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, qui n'a pas lésiné sur les objurgations et les hausses de prix qui se voulaient dissuasives?

Ce reproche, cette disqualification, sont injustes. La hausse du chômage, conséquence de la crise et de la destruction d'un grand nombre d'emplois, se traduit, pour ses victimes, par de l'ennui, de l'angoisse, de la déprime, qui trouvent une consolation, pour ceux qui sont fumeurs, dans la multiplication des cigarettes. D'autant plus que les lois sur le fléau du tabagisme ne s'étendent pas au domicile, où doit se morfondre le chômeur ou la chômeuse.

Arrêtons de chercher un bouc émissaire ou plusieurs, pour expier une prétendue faute*. 

Je suggère une mesure compassionnelle: différer de quelques mois la hausse prévue des prix du tabac. "Quand le feu est au château, on ne s'occupe pas des écuries!"

Sceptique

*J'ai entendu un militant  d'un mouvement anti-tabac dire que la hausse était explicable par celle des licenciements pour cause de tabagisme. Quelle nécessité d'être méchant? Quand une conviction glisse vers le mode religieux, elle en adopte la logique: le péché doit être puni.