Cet épisode neigeux et froid, qui ne connaît que de courts répits depuis la mi-novembre, est dérangeant à un double titre (au moins): notre civilisation a pris l'habitude d'organiser le temps, celui des horloges et des calendriers, sans concession, de principe, au temps des météorologistes. Quand ce temps-là est le plus fort, c'est la civilisation qui doit céder, à sa grande humiliation. Comment? On ne peut pas partir en vacances? C'est un comble!

À l'offensive de l'hiver, répond la contre offensive des peuples motorisés. Et ces contre-offfensives s'enlisent dans la neige, qui ne permet aucune manoeuvre de retrait ou de contournement. Les humains y passent la nuit, sans aucun plaisir, mais plutôt avec l'angoisse de mourir de froid. 

Tout ce qui fait la gloire de notre civilisation moderne: voitures, camions, avions, et même le premier de tous, le train, est bloqué, renversé, retardé, hors-service. Quand les hivers européens, mystérieusement disparus pendant sept à huit ans, se sont brusquement rappelés à notre mémoire, en 2008, on s'est moqué des mésaventures de l'Eurostar, qui s'engouffrait dans le tunnel sous la Manche, de la neige compactée dans tous les creux de sa structure, et tombait en panne au milieu du tunnel dès que l'eau de fonte atteignait ses circuits électriques. La encore, quelques malheureux humains, confiant dans les belles machines, connurent les affres de l'obscurité, de la faim et de la soif.

Mais ceux qui sont vraiment contrariés, et sans limite prévue de leur souffrance, ce sont les théoriciens du RCA, le Réchauffement Climatique Anthropique (imputable à l'homme). Leur cri de ralliement est déjà "On gèle, mais elle chauffe!". Ce qui veut dire, qu'en même temps que l'hémisphère Nord subit des offensives hivernales sur toutes ses régions normalement froides, ou tempérées (jusqu'à la Méditerranée pour l'Europe), quelque part aux environs de l'équateur ou d'un hémisphère Sud, qui, lui, est en été, une température historiquement élevée a été relevée. Où et dans quelles conditions? "On" ne le dit pas.

On se souvient que c'est la canicule*, subie en 2003 par la France, fille ainée de l'Église Réchauffiste, qui déclencha l'annonce apocalyptique d'un climat évoluant inexorablement vers...le tropical, variante sahélienne. Les quelques années qui suivirent parurent confirmer ce scénario tragique. La pluviométrie, en particulier, ne compensait plus les besoins en eau de l'agriculture, des industries, et des particuliers. 

Les ordinateurs du GIEC, qui moulinent toutes les données qu'on leur fournit, en tenant compte de leur capacité de digestion**, donnent toujours les mêmes résultats, en faveur d'un réchauffement, quoique moins caricatural que pendant une période véritablement inquiétante, qui se conclut par une rectification majeure.

Mais d'autres spécialistes, du soleil, cette fois, montrent que notre étoile manifeste depuis quelques années une baisse de son activité, diminuant modestement la part d'énergie qui nous revient, mais qui s'est déjà traduite, au cours d'épisodes antérieurs semblables, par des hivers froids et des étés maussades***. L'hémisphère Nord, en raison du rapport des surfaces continentales et des océaniques, est plus sensible à ces variations minimes, dont le mode d'action n'est pas parfaitement connu. Les observations sont notées sur des graphiques, et ces derniers sont différents de ceux que fournissent les ordinateurs.

Les semailles d'inquiétudes ont été bien faites, grâce à des images bien choisies ou bien "travaillées", montrant l'effondrement d'un front de glacier dans la mer, phénomène normal dans les régions polaires, d'ours blancs dérivant sur des glaçons détachés de la banquise, de morceaux de forêts équatoriales défrichés par l'homme. La manipulation ou l'interprétation des images constituent une technique moderne****.Il faudra un nombre conséquent d'années comme les trois dernières pour relativiser le dogme du RCA.

L'humanité ne sera pas dispensée de revoir ses systèmes économiques, ses choix énergétiques, ses techniques diverses, qui dans l'état actuel de diffusion mondiale, sont sources de gaspillage et d'épuisement de ses ressources. Mais le ciel ne lui tombera pas sur la tête. 

Sceptique

*La canicule, exceptionnelle, provoqua une sur-mortalité de personnes âgées, isolées, qui ne fut pas identifiée tout de suite. De plus, le coup de chaleur, la déshydratation grave, n'étaient pas encore, à l'époque, des maladies répertoriées, dotées d'un numéro d'identification facilitant la communication et l'enregistrement statistique. L'alerte partit, d'une part des entreprises de pompes funèbres, d'autre part, et plus efficace, puisque recommandant un modèle de prévention et de prise en charge, par les Urgences des hôpitaux. Il n'y a pas eu, depuis, d'épisode comparable.

**Les phénomènes météorologiques, sur lesquels agissent de multiples causes mesurables, entrent dans les théories du chaos. Leur analyse mathématique est, de ce fait, très compliquée, et l'incertitude des résultats dépend du nombre de paramètres retenus pour les calculs. Quelle que soit la puissance des calculateurs, tous les paramètres ne peuvent être pris en compte. Un choix doit être fait.

***Ce sont les épisodes de Dalton, ou, nettement plus rares, de Maunder, de baisse durable de l'activité solaire.

****Certains choix d'images trahissent une volonté de falsification.