L'affaire qui trouble subitement notre vie politique éclipse complètement tout le reste de l'actualité, et l'horizon de 2012. Indépendamment de la vérité ou de la fausseté des accusations portées contre Dominique Strauss-Kahn, Directeur du FMI et possible candidat, "bien placé", à notre élection présidentielle de l'an prochain, le temps nécessaire à la Justice américaine pour faire la clarté dans cette affaire est un temps perdu pour le parti socialiste et pour notre vie politique. Les traces, dans les esprits, d'un scandale, ne s'effacent pas du jour au lendemain.

Les hommes politiques de haut niveau ont-ils une "libido" hors du commun et difficilement maitrisable? Ne serait-ce que sa part orientée vers la conquête d'un pouvoir, pris sur les rivaux non moins intéressés, elle se doit d'être plus obstinée, plus intraitable....que celle des "autres". Comme dans n'importe quelle espèce animale vivant en groupe, il se dégage un dominant. Nos sociétés humaines modernes, à la structure pyramidale, comprenant des niveaux nombreux, installent très démocratiquement, à chaque niveau, des "dominants". La sélection se fait à l'intérieur des partis, de leurs divers comités de candidatures , et sont confirmés par les élections, dont les résultats sont rarement incohérents au regard de ce trait naturel, malgré toutes les parités possibles. Même les élues sont dominantes, non seulement à l'intérieur de leur genre, mais quelque peu aussi sur leurs concurrents masculins (ce qu'ils supportent mal, et les pousse à la dissidence!). Les règles de parité n'en ont pas moins une utilité, car abandonnées à la "nature", les élections ne porteraient au pouvoir que des hommes, plus avides de pouvoir que les femmes, qui se l'imposent, comme un devoir . La vraie égalité est très improbable.

Si les sociétés d'autrefois acceptaient, en sus de la domination politique, la domination sexuelle, acceptant comme "normale", la vie érotique débridée des puissants, rois, princes, ou généraux, celles d'aujourd'hui, au nom de l'égalité qui est la marque de la démocratie, sont d'une pruderie remarquable. Les hommes politiques sont contraints à laisser leur sexe au vestiaire en toutes circonstances publiques. Et dans leur vie privée, ils ont tout intérêt à la même prudence. Heureusement pour eux, les femmes qui les aiment trouvent aussi une récompense dans la protection de leur aimé, dans le sacrifice auquel elles consentent en restant bien cachées. "Ils", et "elles", savent, que des meutes de voyeurs, occasionnels ou professionnels, les épient, les suivent à la trace, cherchant matière à ragots bien payés. Les maitresses et les amants de nos grands hommes et grandes femmes sont très méritants. Ceux qui sont chargés de protéger leur intimité, aussi. Dans "notre" société française, en particulier, ils méritent la confiance placée en eux. Les "légitimes" ne sont pas moins discrètes et protectrices...sauf si elles ont à libérer leur propre ambition.

Ce n'est donc qu'après coup, longtemps après, que quelques bonnes fortunes, que quelques liaisons plus que discrètes, sont inscrites au C.V.accessible au public. Et, généralement, nos concitoyens, loin de s'indigner d'avoir fait partie des trompés, sont plutôt rassurés d'avoir placé leur confiance sur un homme, ou une femme, "normaux".

Ce que j'affirme, en conclusion, c'est que les politiques en vue, ne "profitent" pas de leur pouvoir pour assouvir leur désir, mais qu'ils n'ont pas pu, dans une situation particulière, le maitriser, piégés qu'ils peuvent être par leur puissance séductrice, confirmée par leur rôle social. Conquête sexuelle et conquête du pouvoir utilisent le même carburant.

Sceptique