Je suis touché par la mort de Jorge Semprun. C'était un militant d'autres idées que les miennes, mais j'ai trouvé admirable sa passion pour la langue française, et l'effort qu'il disait avoir fait pour la parler sans le moindre accent. Afin de se fondre dans la société française, et de pouvoir reprendre la lutte (contre le fascisme), après la défaite de son camp républicain, en 1938. 

Avant la fin du franquisme, vivant en France, il parlait notre langue, effectivement, sans accent, mais aussi à la perfection. Quelques années après son retour d'exil, une pointe d'accent lui était revenue. Mais il a toujours écrit en français.

La langue française présente cette particularité d'être l'objet de passions, d'être écrite par des écrivains étrangers avec plus de perfection que s'en imposent les auteurs français eux-mêmes. Tahar Benjelloun, Milan Kundera, Hector Bianciotti, Andrei Makine, en sont les exemples que j'ai admirés.

Non sceptique, en l'occurrence