Plus personne ne doit ignorer, en Europe, ce que veut dire "Escherichia Coli". C'est la vedette de ces dernières semaines. Je ne sais pas si la dimension symbolique des crises sanitaires qui sont dues à cet hôte des intestins est bien évaluée : l'Europe est dans la merde!

Rassurez-vous, je ne pense pas à une guerre bactériologique déclenchée par un groupuscule souverainiste, mais dans le contexte d'une Europe, construction raisonnable et raisonnée s'il en fut, tout prend la signification....d'une indigestion générale!

La Grèce, les grecs, sont pris de vomissements incoercibles, ils ne gardent rien dans l'estomac. Les transfusions d'euros ne les soulagent pas, les "mimis" des infirmières qui se relaient autour de leurs lits les laissent "de glace". Dès que leurs coliques leur laissent un court répit, ils injurient leurs médecins et menacent d'en changer. Et de ne pas payer leurs honoraires, bien sûr.

C'est là qu'est le problème: l'ardoise est déjà pleine, sur ses deux faces! Si le partenaire grec "signe sa sortie"*, bien d'autres malades, moins sérieusement, mais quand même en soins...attentifs, contraints à une diète sévère, pourraient bien envoyer balader à leur tour leurs docteurs. Sans payer leurs dettes.

Si ne pas payer ses dettes n'enrichit pas les débiteurs, l'abstention ruine les créanciers. Plus particulièrement les privés, en l'occurrence les grandes banques et les compagnies d'assurances, qui ont placé ainsi leurs "provisions". Destinées à leurs clients, qui ont confié leur argent, ou souscrit un contrat pour un risque. On a vu, il y a maintenant trois ans, ce que la subite perte de confiance dans les banques et les compagnies d'assurance a pu faire. Les états ont du s'en porter garants, pour leur éviter la faillite, solution mortelle encore souhaitée par quelques esprits simples.

Pour ne pas perdre les prochaines élections, Madame Angela Merckel voudrait bien que les créanciers privés de la Grèce fassent une croix sur les ardoises qu'elle ont dans leurs coffres, afin que les valeureuses fourmis allemandes ne soient pas contraintes de donner pour les cigales grecques, dont le chant est devenu grinçant, qui plus est.

Il n'y a pas que les fourmis allemandes qui ne sont pas prêteuses. Allez demander aux fourmis françaises ce qu'elles en pensent? Harpagon est leur héros. Leur cassette est bien cachée**. Elles ne partagent pas les élans charitables de leur gouvernement, qui sait ce que coûterait la faillite de la Grèce.

Pourtant, comme dans un tricot, le lâchage d'une maille peut d'étendre à l'ensemble, pour peu que d'autres se mettent à tirer sur le fil. Un détricotage de l'Europe? Il n'y aurait pas de raison disponible pour la refaire, avant longtemps!

Sceptique

*Les malades hospitalisés qui décident de sortir contre l'avis médical signent une décharge.

**L'argument contre l'intervention militaire en Libye n'est, pour le moment, que son coût. Il est vrai que nous n'en faisons pas autant pour les syriens! Pour qui travaillons-nous en Libye, se demandent nos concitoyens?

20/06/2011: Note....d'optimisme: pendant que les protestataires battaient le pavé d'Athènes, dans la fumée des lacrymogènes, les rudes pistes de la Grèce ont fait le bonheur de Citroën et de ses deux valeureux champions. Le comble, pour faire face à la concurrence, le champion en titre demande des mesures protectionnistes!