"Français, françaises, voici ce que j'ai fait, dans la tempête, pour vous sauver du naufrage, et pour vous amener au port, sans trop de dégâts....et bien mieux amarinés qu'avant."

"Français, françaises, tout ça, c'est des menteries, il n'y a pas eu plus de crise que de beurre en broche, le capitaine vous a fait bosser pour rien! Demain, promis juré, vous serez bien payé, même sans travailler, car il n'y aura que du travail volontaire*!"

"Français, françaises", s'écrit alors un vieil homme, maigre et hirsute, vêtu d'une robe blanche, et pieds nus, "vos enfants n'auront pas encore les cheveux gris que ce monde sera cuit, des profondeurs de l'océan, jusqu'aux cimes des montagnes, du pôle nord au pôle sud, ultimes refuges des derniers hommes vivants. Égaux dans le péché (les sept!), vous le serez dans l'enfer mérité."

"Mais qu'est-ce qui vous prend, Sceptique? Une tarentule aurait-elle profité du réchauffement pour migrer jusqu'en Picardie?"

"Je lis la bonne presse, chers lecteurs, et celle-ci, quand ses imprimeurs le lui permettent, quand le fournisseur d'accès à Internet n'est pas "en maintenance", nous rappelle la vanité de nos disputes sur la meilleure manière d'ouvrir à tous, jeunes ou vieux, le Palais de Dame Tartine."

Car de tartines, bientôt il n'y en aura plus, nous rappelle le meilleur des "Mondes" (celui du 24 Juin 2011, rescapé de LA grève). Il n'est question que des mers et océans, stérilisés par la chaleur et l'acide carbonique (combinaison du CO2 et de l'H2O de la mer), mais sa dilatation et la fonte des glaces polaires, feront à coup sûr que les parisiens auront les pieds dans l'eau salée. Quant aux déserts qui entoureront notre capitale aux trois quarts abandonnée, il n'y poussera plus de blé. Malgré l'introduction du palmier-dattier, du mil et du sorgho, du sobre dromadaire, remplaçant de nos chevaux et de nos ânes trop gourmands, il n'y aura plus de vie possible pour autant de monde qu'aujourd'hui.

Alors, savoir s'il nous faut, demain, une économie libérale productiviste, offrant à chacun tout ce que ses mérites lui permettent, ou une économie distributrice, donnant à chacun selon ses besoins, ou une économie de subsistance, laissant à chacun la responsabilité de produire ce qu'il peut, où il peut**, pour ne pas mourir de faim...trop vite, quelle importance, je vous le demande?

Je ne vois, aujourd'hui, aucune tendance politique qui limite son horizon à 2020 (dans 9 ans!), au pire, ou en 2050 (dans 39 ans!) au mieux. Je ne vois au contraire que des supputations d'un prolongement de l'espérance de vie à 100 ans, dont un tiers seulement, pour certains optimistes, serait consacré à un labeur facultatif, autorisé à ceux qui s'ennuieraient à ne rien faire (voir *). Le futur État garantirait à tous, tous les biens et les services, qui sont devenus autant de drogues***.

Alors, Pierre, Paule, ou Jacques?

Sceptique

*Toute société idéale est confrontée à ce pénible problème: une proportion irréductible d'hommes et de femmes s'ennuient en vacances.

** Les citadins disposant d'un balcon pourront y faire pousser salades, radis et tomates (en été....qui durera presque toute l'année), et élever quelques poules dans l'appartement. Les autres émigreront au Groenland.

***Il n'y aura plus de distinction entre drogues légales (bagnole, télé, portable, ordinateur) et drogues illégales (shit, coke, héroïne, crack, etc...). Toutes seront dépénalisées, sinon disponibles.