Je m'attendais à cette victoire. Nicolas Hulot m'avait quelque peu surpris, se révélant meilleur connaisseur des sujets sérieux qui se posent à la société française, mais sa recette unique et vague (on produit de quoi satisfaire les besoins des français, mais avec moins d'énergie, sans préciser comment*), n'augurait rien de bon.

Rien d'immédiatement inquiétant, tant d'un côté que de l'autre. Ni l'une, ni l'autre ne pourront accéder, même par surprise, à la fonction présidentielle. La vraie gauche aura besoin de leur appui, elle leur promettra donc presque tout ce qu'ils demanderont, mais elle ne tiendra pas toutes ses promesses, car c'est impossible. Il y a, même, une incompatibilité entre la vision de l'avenir propre aux Verts, et celle de la Gauche Rose-Rouge.

Il me parait probable qu'ils (les Verts) feront un peu plus de voix que lors des précédentes présidentielles, non du fait de la candidature d'Éva Joly, peu ou pas démagogue et honnêtement rabat-joie, mais de la meilleure prégnance de leur idéologie dans la classe moyenne française. La présence d'une candidature verte sérieuse à ce premier tour, en 2012, est en fait plutôt gênante pour le PS. Il ne suffira pas qu'il puisse compter sur les voix des Verts. Encore faudra-t-il que son candidat (ou sa candidate), soit présent(e) au deuxième tour.

C'est d'ailleurs pourquoi Daniel Cohn-Bendit n'était pas favorable à une candidature verte au premier tour. Trop de risques de contribuer à la défaite de la gauche. Il espère toujours un sage retrait.

L'idéologie verte a sa place dans beaucoup d'esprits, mais au titre d'arguments critiques, montrant du doigt les mauvais français. L'eau bout toujours à 100° dans leurs casseroles.

Sceptique

*Par l'abolition des principes de Carnot, peut-être?

Note du 15 Juillet: Éva Joly a déclaré que si elle devenait présidente, elle supprimerait le défilé militaire du 14 Juillet et le remplacerait par un défilé citoyen. Elle pourra faire adopter le trajet Bastille-Nation, mieux adapté. Tout en prenant la précaution de ne pas dérouler sous ses pieds le tapis rouge, il ne faut pas lui en vouloir. Elle a dit qu'elle avait choisi la France par amour. La France, oui, mais pas les beaux-parents!