Des poursuites abandonnées pour cause de doutes sur la crédibilité de la plaignante, la récompense, sous forme d'un effondrement, avec quelques soubresauts, de la dictature de l'affreux satrape Mouammar Khadafi, maitre de la Libye depuis 42 ans, tel était, ce matin, le menu des médias.

Du bonheur pour les amis politiques de DSK, ci-devant meilleur candidat à la présidentielle 2012 pour le Parti Socialiste, juqu'à la douche glacée de la mi-Mai 2011. 

Du bonheur pour notre Président de la République et son gouvernement, à l'initiative de l'appui aérien, et un peu plus, donné à la rébellion libyenne, menacée d'écrasement au mois de Mars de cette année. Six mois d'intervention, coûteuse en carburant et en engins sophistiqués, mais, heureusement, pas en sang.

Les deux événements, la mésaventure du Directeur du FMI, et valeur sûre du Parti Socialiste (oh, pas unanime, parce que riche en présidentiables!), et l'aventure libyenne, dénigrée par les partis extrémistes de notre opinion, mais sujet d'inquiétude pour beaucoup, échaudés par les précédents vietnamien, algérien, irakien, et afghan, se partagent la première page de nos journaux.

Six mois, ça commençait à faire beaucoup pour une opinion, qui palpe ses poches, et craint pour ses militaires, fussent-ils "de carrière". La compassion pour les peuples concernés par les guerres civiles ou les famines rencontre toujours une limite. La Corrèze avant le Zambèze, ça fonctionne toujours. Tout le monde n'en a pas honte.

Maintenant que la bête est sérieusement blessée, planquée dans quelque trou, "on" commence à dire que "c'est loin d'être fini", que la guerre civile va se prolonger, avec ses drames humains et économiques, qu'il faudra prendre en charge. D'aucuns se chargent de rappeler que la "bête" avait été accueillie en triomphe à Paris, il y a quelques années, il est vrai, "blanchie" par une bonne action, la remise à la France de quelques infirmières bulgares et d'un médecin palestinien, devant être sacrifiés pour détourner l'attention du peuple des bêtises commises par "la science libyenne".

En plus de sa B.A., Mouammar Khadafi était plein aux as, et nos Rafales lui faisaient envie, ainsi que notre prestigieuse industrie nucléaire. Deux bonnes raisons pour le fêter dignement. La "real politik" commandait de passer sur le reste, plutôt encombrant.

De là à sussurer que l'intervention en Libye était une tentative d'effacement de l'humiliation du peuple français d'avoir eu à faire des courbettes à un Khadafi réellement insupportable, il n'y avait qu'un petit pas à faire. Hollande l'a fait, Aubry, non. Cette différence pèsera-t-elle dans la campagne qui s'ouvre? Ce ne sont que paroles ou silences, prompts à s'effacer.

Mais pour le moment, il me parait normal d'éprouver la sensation d'une page qui se tourne, d'un avant, et d'un après. DSK pour les uns, Khadafi pour les autres.

Sceptique