S'il est une institution qui n'est pas portée dans le coeur de ceux qu'elle sert, c'est bien cette Europe, réunie, échafaudée, étayée, pansée, perfusée, en réanimation permanente. 

J'exagère sûrement un peu. Mais ce sont ceux qui parlent, crient, ou vocifèrent, qu'on entend, et qu'on prend pour LES PEUPLES, puisqu'ils s'affirment l'être exclusivement.

Lisez n'importe quelle proclamation d'un représentant de la droite ou de la gauche populiste, ou les commentaires acerbes d'internautes de ces mouvances, et vous vous demanderez comment l'édifice tient encore?

À les entendre, aucun européen bien-pensant ne trouve un charme ou un avantage quelconque à cet "état" de fait, qu'on peut parcourir en tous sens, et où il est souvent possible de payer ses achats dans la même monnaie que chez soi.

Le moindre raté du moteur, une pétarade à froid, une discrète et rattrapable sortie de route, et voilà la guimbarde promise à la casse. Ces responsables politiques et financiers qui s'y accrochent ne sont que des collectionneurs de rossignols, qu'ils aiment exposer dans des parcs de châteaux . On les soupçonne lourdement de ne défendre que des intérêts inavouables, composés d'argent volé aux peuples.

Et de rêver tout haut, soit à la bonne vieille Europe des nations de l'année 1939, soit au grand ensemble prolétarien dont l'Union Soviétique fut le modèle envié. Il suffit de chasser de sa mémoire tout ce qui s'est passé depuis pour revenir à la France seule (au sens de se foutant de tous les autres). Bien sûr, par dessus les frontières, les français fraterniseront avec les voisins qui pensent comme eux. L'Ordre nouveau ou la Révolution prolétarienne étaient internationalistes.

Mais ces responsables politiques, élus par erreur, sont têtus. Ils voient, comment?, pourquoi?, des catastrophes ruineuses, désolantes, comme conséquences d'un échec. Leur principale difficulté est dans le choix des moyens, du prix à payer, et par qui, pour le sauvetage d'une Union Européenne, prise dans la tourmente de la crise mondiale. Et de s'étonner, encore, de voir des états étrangers à l'Europe, sortir leur chéquier pour faire un placement! Ah, les c..s!

Enfin, voilà, pour une Nième fois, "on" a arrêté les pendules, "on" a bu force café, et "on" a entamé une nouvelle partie, en mettant un gros tas d'argent sur la table! "On" a préféré "ça" à la faillite de l'ensemble, qui aurait valu, de toute façon, celle de chaque partie prenante. 

Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que pratiquement aucun des héros de cette nuit ne sera probablement récompensé de son action. Ni gloire, ni prunes!

Sceptique