Il a tout fait, il a accepté toutes les contraintes, toutes les humiliations, en vue d'un but lointain: honorer la signature de la Grèce, régler ses énormes dettes, mettre en conformité le fonctionnement de son pays avec les règles de savoir-vivre de l'Union Européenne.

Mais pendant ce temps là, un nombre conséquent de grecs, multipliant leur nombre par la violence et l'acharnement de leurs protestations, bloque le fonctionnement du pays, fait grève sur grève, scie une par une toutes les branches de l'arbre grec, met le feu à la galère "Pasok". La sachant promise au naufrage, ses marins abandonnent leur capitaine, mettent sac à terre.

Alors, tel Ponce Pilate, mais plutôt en rage qu'indifférent, Papandréou jette un référendum en pature à la foule. Sans illusion sur sa réponse. Elle dira NON, des deux mains.

Hommage respectueux au peuple, disent certains, ravis de la bonne blague faite à l'Europe et aux avocats de la Grèce.

"Ah, les cons, qu'ils se démerdent!", me parait infiniment plus audible.

On verra donc, à court terme, la Grèce se retirer de l'euro, et de l'Europe. On a du mal à se représenter le bouleversement géo-politique que cet acte aura pour conséquences. Sera-t-il inéluctable, comme on le dit, que d'autres devront suivre? Que ce soient l'Espagne ou le Portugal, ni leurs dirigeants, ni leurs peuples ne le demandent, ne le méritent.

En attendant le NON franc et massif des grecs, tout le travail accompli par les dirigeants européens est suspendu*. Les stylos ne toucheront pas les chéquiers. Avec quoi le gouvernement grec paiera-t-il ses fonctionnaires?

Alea jacta est!

Sceptique

*Il est clair qu'un référendum ne s'improvise pas du jour au lendemain. Mais son annonce a un résultat immédiat car sa réponse est connue d'avance. Il n'y a pas de patriotisme européen. L'Europe n'est encore qu'une idée élitiste. Qu'elle soit bonne, comme je le pense, ou mauvaise, comme d'autres en sont convaincus, "quand tout le monde a tort, tout le monde a raison".