"nos ennemis, on s'en charge!"

"Il n'aime pas qu'on se mette en travers de sa route, et peut tuer pour ça" (bouffre!)."Cynisme". "Carriérisme". Rieur, gourmand, discutailleur. "Veut se faire plus gros que le boeuf!"(il a déjà laissé derrière lui la grenouille).

De qui est ce portrait ambivalent? De Jean-Vincent Placé, l'homme de plus en plus visible du Parti EELV, le coriace négociateur dont les exigences et leur satisfaction partielle, mais pas nulle, ont mis en émoi toute la classe politique, toutes tendances confondues.

Le portrait n'est pas tiré par Jean-François Copé, mais par les "petits copains" et "petites copines" de cet homme, incongru à gauche.

Car ce jeune homme aux dents longues, dans une bouche raffinée, développe sans vergogne des théories sur l'engagement individuel dans la politique, qui seraient orthodoxes à l'UMP, où il est permis de rêver à la présidence de la République, mais pas dans une mouvance de gauche phobique de tout césarisme, qui a du se bander les yeux pour se laisser prendre par un François Mitterrand. Depuis, tout en ne le regrettant pas, elle a récupéré toute sa vigilance.

Quant à notre héros, il est pour le moment dans une mouvance qui pousse à la caricature la discipline monacale. Il n'y doit son salut, si j'en crois ce portrait livré par le "Monde", que par sa disponibilité pour aller au charbon, et sa capacité d'en rapporter beaucoup. Mais se plaira-t-il longtemps dans le rôle de "frère convers", indispensable, mais exclu d'une nomination de prieur?

Il y a une constante dans l'évolution des hommes capables de changer d'idées: ils vont toujours de gauche à droite. Modérée, pragmatique, et non théorique. L'extrême-droite fournit quelques tranfuges assagis à la droite "normale". Comme l'extrême gauche alimente la gauche "de gouvernement" par sa frange la plus jeune*. 

Ce n'est peut-être pas à la gloire de l'homme, en général, que d'abandonner ses idéaux généreux et absolus, et se résigner à l'invariance de l'humanité, mais, en même temps, être un "yaka" ou un "indigné" jusqu'à la mort n'est un titre de sainteté que depuis peu. Et pas forcément pour toujours.

On peut parier sur l'avenir politique de ce jeune homme qui n'est pas un "électron libre" mais un atome lourd, de la catégorie que son parti exècre, au sens propre et au figuré!

Sceptique

* "jamais" est un mot qu'on prononce à vingt ans. Plus tard, on sait que deux mots n'existent pas:"jamais", et "toujours".(Vicki Baum, "Le lac aux dames").