Jean-Luc Mélenchon mange du Hollande à chaque repas, car c'est au menu de la cantine de l'opposition, et ça le met en fureur. Il ne devrait pas s'en plaindre, puisque la fureur est sa seconde nature. S'il ne s'en plaignait pas, comment le saurions-nous?

Sa dernière indigestion est justifiée. Répondant à un journaliste anglais, qui exprimait son inquiétude pour la City, dans la perspective d'une Présidence et d'un Gouvernement de gauche comportant des ministres communistes, le candidat François Hollande aurait répondu "il n'y a plus", ou "il n'y a pas", de communistes en France. "Et moi, et moi?" ont rugi en choeur, forcément dissonant, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, fiers de leur cohorte.

Il y a une réalité: la voix de stentor et l'éloquence de tribun Jean-Luc Mélenchon ont fait remonter le score possible de l'alliance du PCF et du Parti de Gauche. Pas de quoi, cependant, gonfler la dette à venir du candidat Hollande, s'il est élu. Il ne devrait pas être obligé de prendre dans son gouvernement cet empêcheur de gouverner en rond, ou aucun de sa mouvance. À moins qu'un "embrassons-nous, Folleville!"mette un terme à la comédie.

Un autre réalité est que les votants pour Mélenchon ne seront pas souvent de vrais communistes, mais des électeurs sensibles à sa verve, riant de ses bons mots, faits sur le dos de son principal rival. Ce n'est sûrement pas sur son programme qu'ils se détermineront.

Des vrais communistes, non. Il n'y a plus que quelques chatelains affamés de micros et de caméras, réduits à l'organisation de mariages d'homosexuels pour attirer l'attention des médias. Car on ne me fera pas croire que cette "avancée" de la société ait secrètement fait partie de la doctrine. 

Sceptique