Quand j'ai lu les premières bribes de cette "information", je me suis dit que si des liens de sympathie pouvaient exister entre les responsables politiques et ceux des grandes entreprises, la supposition de compétences interchangeables était dangereuse. Elle a été "essayée" pendant les années Mitterrand, avec le succès resté en mémoire. Les politiques font de mauvais managers, et les managers de mauvais politiques.

Dans le cas particulier évoqué par toute la presse*, j'ai immédiatement pensé que Jean-Louis Borloo ne serait pas "the right man in the right place", à la tête d'une entreprise comme Véolia. À la tête de son Ministère il n'a pas fait  de bruit, de voix, ou de portes claquées.  Le "créneau", le traitement des déchets, est de la compétence de l'entreprise, mais c'est sa lutte permanente contre toutes les résistances et les obstacles érigés par les associations écologistes ou de simple défense du pré-carré, qui ronge son efficacité et sa rentabilité. Le problème des ordures, dans notre pays, c'est que si chacun trouve normal d'en produire et de s'en voir débarrassé par sa commune ou communauté de communes, le même peut militer contre tout moyen de les faire disparaître de sa vue et de son nez. À quoi s'ajoute un déficit de civisme qui alimente les décharges sauvages, ou les dépôts "sauvages" aux pieds des conteneurs affectés à cet usage. Notre "civilisation" n'est pas brillante sous ce rapport.

Donc, non, Jean-Louis Borloo, ancien Ministre de l'Environnement, n'est pas qualifié pour autant pour le poste de PDG de Véolia. Quand la "rumeur" a pris des forces, d'être relancée de rédaction en rédaction, elle est devenue une "combinazione" entre Henri Proglio, ex-PDG de Véolia, Nicolas Sarkozy, Président de la République,faiseur et défaiseur de Ministres, et Jean-Louis Borloo, qui a fait don de sa personne au Président en se retirant de la compétition présidentielle. Simple comme bonjour, à la portée de n'importe quelle éminence ou officine, rose, verte, ou rouge carmin.

Les intéressés balayent ou démentent, mais le mal est fait. Il n'y a qu'à voir comment les candidats de l'opposition s'en sont saisis, sans le moindre doute. Mais c'est une fausse naïveté, soyons-en sûrs.

Je serais en contradiction avec mon scepticisme si je me transformais en "indigné", au risque de me faire rejeter pour usurpation de décoration. La campagne qui vient de s'ouvrir présente tous les risques d'ête pourrie jusqu'à la moelle. Les dents des challengers rayeront n'importe quel carrelage. Les parquets et le marbre seront foutus. Il faudra que les électeurs se pincent le nez avec leur main libre.

J'aime mieux ne pas penser à ce qui suivra.

Sceptique

*Un "scoop" ne le reste pas longtemps. Toutes les informations paraissent sur les écrans en temps réel. Les différences ne tiennent qu'aux emplois du temps des lecteurs. Rien qu'un petit besoin à satisfaire fait de vous un innocent pendant quelques minutes (aux heures ouvrables).