Si le quinquennat de Nicolas Sarkozy s'achève sur un sentiment....d'inachevé, c'est, qu'effectivement, entre la crise qui l'a accompagné, et la résistance des forteresses essaimées dans la société française, il n'a pas pu accomplir toutes les réformes dont la nécessité a rallié sa majorité de 2007. 

Il était fatal que les réformes dérangent beaucoup de situations plan-plan, qu'elles apparaissent comme prématurées (devançant le départ à la retraite) ou qu'elles atteignent davantage que prévu les actifs concernés.

Il faut remarquer aussi que l'amplification de la crise, son atteinte très sérieuse d'une zone euro disposant d'une bonne monnaie, mais pas de la gouvernance politique et économique appropriée, a mobilisé les énergies des dirigeants européens, qui ont passé beaucoup de temps à se rencontrer et à se concerter, pour trouver des solutions à la crise des dettes publiques, et à la défaillance menaçante de la Grèce. En France, Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont mis au second plan des réformes prévues, pour se consacrer aux voies d'eau et aux voiles déchirées.

Les électeurs français ont donc le choix entre la continuité, et un changement...de personne. Pour le moment ils semblent séduits par le changement du personnel politique. François Hollande et la génération Mitterrand possèdent un maximum de chances d'arriver au pouvoir. Le sursaut qui pourrait les arrêter serait celui de la mémoire des électeurs.

Dans cette perspective, Nicolas Sarkozy annonce que s'il est vaincu au prochain scrutin, il se retirera de la vie politique. Pour ceux qui ont reconnu ses qualités, son aptitude, son courage et sa ténacité, ça fait mal. Mais, finalement, on ne peut imaginer un Président de la République aussi marquant, redevenir simple député et animateur de l'opposition. Il pourrait, en droit, entrer au Conseil Constitutionnel, mais il n'est pas sûr qu'il en ait envie. Cette pré-retraite automatique pourrait se clore sur le refus de Nicolas Sarkozy d'en faire partie.

Dans l'opposition actuelle qui se prépare à la relève, le "un pour tous" et le "tous pour un" ne font pas partie de ses traditions solides et encore moins de sa philosophie. Ses quinze ans de pouvoir entre 1981 et 2002 ont été faits de trois tranches de cinq ans, sanctionnées par les électeurs exaspérés. Chaque fois, le pragmatisme appelé au secours pour réparer la casse du dogmatisme n'a pas suffi.

Notre nation a particulièrement besoin de pragmatisme, précisément parce que ses tentations dogmatiques sont nombreuses et contradictoires, et proches du fanatisme religieux. Il faut de la laïcité en politique, aussi.

Celui qui gagnera le 6 Mai 2012 aura sur les bras un tombereau d'emmerdements rempli par le monde entier. L'un en avait pris l'habitude. L'autre ne l'ignore pas, mais il ne sait pas ce que vaudront ses troupes!

Sceptique