Hier soir, Nicolas Sarkozy, candidat à un deuxième mandat, comparaissait à l'émission de TF1  "Des paroles et des candidats", menée par Laurence Ferrari. 

Le candidat aurait à répondre à des questions, ou à des reproches, de citoyens "représentatifs" de la société française, et à des journalistes de la presse écrite et de la télévision.

Laurence Ferrari, en représentante convaincue du "4ème Pouvoir", ouvrit le feu par une attaque personnelle du Président candidat, et se fit remettre à sa place très séchement. Le contenu de l'insolence, à cette heure, m'échappe*, mais il n'était pas inattendu de la part de cette présentatrice.

Tout au long de ce dialogue, l'accusé-avocat Nicolas Sarkozy sut défendre avec vigueur et efficacité son bilan, et souligna quels risques l'Europe, dont la France, avait frôlés à l'acmé de la crise, entrainant l'euro dans un tourbillon mortel. Personne, journalistes ou public profane, ne pouvait se représenter ce qui serait arrivé en cas d'écroulement de la monnaie unique. Il ne minimise pas son rôle ni celui de son associée Angela Merckel.

Ses entretiens avec les citoyens présents m'ont surpris par leur familiarité: il les vouvoie, mais les appelle par leur prénom. Il les laisse parler, et prend quelques notes. Puis il montre sa connaissance de leur problème, il les rassure, les félicite de leur succès, ou expose les mesures en chantier ou insérées dans son projet, susceptibles d'améliorer leur situation. Il défend vigoureusement les efforts accomplis en direction des cités, masqués par la délinquance organisée qui les frappe, le bruit médiatique qui en résulte, et la réaction policière envahissante. Il affirme faire la différence entre ceux qui veulent réussir et ceux qui s'adonnent à la facilité du trafic.

Aux accusations, émises par les journalistes, d'une hostilité à la construction européenne, il s'affirme profondément européen, mais il s'oppose à sa dérive technocratique et dogmatique, qui fait de l'Union Européenne une "passoire", donnant tout et ne recevant rien. Il veut une Union Européenne qui protège ses habitants, qui se défende de l'appétit du reste du monde. C'est pourquoi il s'attaque aux insuffisances de l'Espace Schengen, dont le défaut n'est pas la libre circulation à travers les frontières intérieures, mais l'insuffisance d'efficacité de la défense de ses frontières extérieures, qui sont sous la responsabilité des états frontaliers, mais qui devrait être épaulée et évaluée par les autres états de l'Union. À la critique opposant l'attaque qu'il se permet contre Shengen, et celle préparée par le candidat François Hollande contre l'accord récent des 25 sur la régulation budgétaire, il répond que Schengen a trente ans, et celui visé par le candidat de gauche à peine un mois.

L'Europe a finalement repris, depuis peu, la place qu'elle méritait dans cette campagne nationale. Telle qu'elle est, elle sert souvent de cible aux candidats. Qui lui donneraient tous les torts, ou voudraient en exclure les mal-pensants**! Sa vision, c'est celle de la suprématie de la politique, qui ne peut se concevoir qu'à l'échelon des états, dont les dirigeants sont élus. L'avenir, tel qu'il le conçoit et se propose de le défendre, c'est la reprise en mains par les états de l'avenir de l'Union, et le retour à une délégation confiée à la commission.

Sceptique

*J'ai revu le début de cette émission. Laurence Ferrari a ressorti en introduction l'accusation lancée par Saïf al Islam, le fils de Mouammar Khadafi, d'une aide financière du dictateur libyen au candidat Sarkozy, pour sa campagne de 2007. Accusation reprise opportunément par le site Médiapart.

**Les conservateurs, les libéraux, qui transforment les rêves des révolutionnaires en cauchemars.