Il est toujours agréable de "tomber" sur cette émission, surtout quand il est annoncé que pendant la phase "égalitariste" de la campagne électorale, l'émission sera suspendue. Elle associe toujours Olivier Ferrand, de Terra Nova, think tank se disant socialiste, et Rama Yade, l'électron libre de la droite intelligente. 

Lors de la dernière émission que j'ai analysée, je remarquais que Rama Yade faisait l'admiration d'Olivier Ferrand, qui rencontrait en elle une interlocutrice exceptionnelle. J'ai trouvé cette fois-ci que leurs analyses étaient très proches, et qu'Olivier Ferrand semblait ravi de trouver un fait sur lequel il pouvait enfin exprimer sa différence.

Le thème était la réindustrialisation de la France, et les moyens de crever la gangue qui s'est formée autour de la France, et qui l'appauvrit. Depuis la grande époque gaullienne et ses succès internationaux, les investissements publics se sont effondrés, et la technologie française n'invente plus rien qui s'impose au monde et démontre sa part de génie. Sur ce plan, tous ceux qui pensent sont d'accord. Mais, pour le moment, "on" en est aux promesses flatteuses et coûteuses, et il ne faut pas désespérer Florange. Olivier Ferrand a l'élégance d'attribuer ses idées à son champion François Hollande. Humm!

Il faut donc, disent en choeur les deux grosses têtes, que l'investissement public et privé se porte sur des innovations, avec une certaine souplesse, pour ne pas s'obstiner sur ce qui ne marche pas, ou a été résolu ailleurs. Rama Yade voit la possibilité d'intiatives à partir des territoires, tandis qu'Olivier Ferrand met en garde contre un soupoudrage incontrôlable. Rama Yade accuse l'euro trop fort, conforme à l'exigence des allemands, et attend des politiques une pression sur la BCE pour un taux moins élevé, favorisant nos productions. Olivier Ferrand objecte que les problèmes de change ne concernent qu'un tiers des échanges de l'euro-groupe, et que les manipulations monétaires du dollar et du yuan sont "incontournables".

Un bon mais court moment, passé avec eux, cet après-midi.

Sceptique