Les derniers échos de la campagne présidentielle, les analyses de ses moments intenses, comme l'émission "des paroles et des actes", qui a opposé François Hollande et Jean-François Copé, les foucades et les rodomontades d'un Mélenchon, les rêveries-tout-haut d'Éva Joly, m'inspirent quelques images. J'ai un faible pour les allégories.

Je vois un orchestre, qui, en attendant son chef, se fait donner le LA, non pas seulement par le premier violon, comme c'est l'usage, mais par divers instrumentistes, qui essayent de "placer" le leur. Et les "réponses" à l'un, ou aux autres, créent une inaudible cacophonie.

C'est le flutiste Jean-Luc Mélenchon qui fait le mieux entendre ses aigus vrillants, allant chercher jusqu'au fond des poches les euros mal acquis des multi-smicards. Du coup, du violon au cor anglais, tout l'orchestre joue les quelques notes du "sus aux riches".

La contrebassiste Marine le Pen fait pas mal aussi. Ses graves sombres, escortant une image de fin du monde, sont reprises par tous les instruments. La "tempesta di mare"* qui interdit toute navigation en Méditerranée, dissuadant l'immigration, est un grand moment.

Le "la" de la harpiste Éva Joly, qui se voudrait joyeux, évocateur d'un retour à l'Eden originaire, perdu par la goinfrerie de la dernière trouvaille d'un Dieu-catastrophe, tord l'estomac comme une diète sévère et prolongée. Le silence qui suit est encore d'elle.

Je vois encore un aréopage de médecins coiffés de chapeaux pointus, comme ceux moqués par Molière, qui décrivent, organe par organe le piteux état de la pauvre France, qui "part" de tous les côtés. Organe par organe, ou corps entier, le traitement est unique:"SAIGNARE, ENSUITA, PURGARE!"


Sceptique

*Concerto pour flute de Vivaldi. Jean-Luc Mélenchon est à la hauteur!