Il faut d'abord atténuer, en se basant sur les résultats du deuxième tour, la dimension du désaveu qu'on peut imaginer à partir de la violence verbale, écrite, ou dessinée, ce ceux qui l'ont haï et qui ne lui ont accordé aucun mérite, au contraire. Il aurait fait tout mal. Ce sont, j'y pense, ceux qui voudraient habituer nos enfants à ne se reconnaitre aucun mérite, à retirer de leur coeur une estime de soi, à n'avoir aucune ambition, arracher à leurs parents leurs désirs pour leur progéniture, qui distribuent ,à tout va, les zéros pointés et les bonnets d'âne à celui qui a perturbé leur classe (sociale).

Déjà, élu contre une opposition conséquente, en 2007, sur un programme affiché de réformes inouïes, dont tout citoyen raisonnable reconnaissait l'intérêt, mais doutait, à partir de la même raison, de leur faisabilité, il s'est lancé, à la tête de sa majorité, à l'assaut des forteresses réputées imprenables. 

Car la France n'a pas tardé, après sa révolution de 1789, à reconstituer son tissu de féodalités bardées de privilèges, et hostiles à l'État, substitut du monarque avec lequel il s'était confondu. La différence résidait dans la cooptation des admis à ces nouvelles aristocraties. Elles vendaient cher, à l'État honni, leur compétence et leur nécessité. Tout doucement, année après année, la dette de l'État, qui ne pouvait servir aux citoyens les services indispensables sans les payer au prix fort, et s'endettait pour les satisfaire, gonflait et s'alourdissait des intérêts à verser aux prêteurs. En face de cette dette, le freinage continu de l'activité économique diminuait les ressources correspondantes. Il fallait bien arrêter ce cercle vicieux. Nicolas Sarkozy et son équipe s'attaquèrent à ces rigidités, commencèrent à dénouer queslques entraves, à programmer une réduction des dépenses publiques.

Un an après, ce fut la crise mondiale: il fallut jeter de l'argent dans les brèches de nos banques et de nos grandes industries. Des sots critiquèrent ce sauvetage des banques au prétexte de leur imprudence. Les laisser faire faillite était la punition qu'elles méritaient. C'était l'alpha et l'omega d'une certaine pensée économique française. Les mêmes sont d'avis que la société doit se porter au secours des plaisanciers ou des skieurs imprudents, surpris par des tempêtes ou des avalanches, mais pas des banques qui abritent leurs comptes courants!

Cette crise mondiale, comparable à celle de 1929, a été contenue plus rapidement, et l'énergie de Nicolas Sarkozy contribua à mobiliser les principaux états de monde pour la freiner et restaurer une confiance. Elle fut suivie par une crise spécifiquement européenne, dont toutes les économies n'avaient pas la force de résister à la tempête. Plus particulièrement celle de la Grèce, massivement falsifiée.Là encore, Nicolas Sarkozy intervint pour maintenir la cohésion de l'Union, défendre l'idée d'un sauvetage de la Grèce, et arracher à l'Allemagne, la meilleure élève de l'Union Européenne, un peu plus de compréhension, de solidarité, un peu moins de politique du pire, qui ne lui rapporterait pas un euro, et lui ferait perdre un marché. Sans compter les dégâts collatéraux infligés aux autres nations de l'Europe.

Le chantier de réformes, inachevé et contesté, les dégâts causés à notre économie par la crise, la cassure Nord-Sud qui affecte l'Union Européenne, dont les fourmis nordiques sont toujours réticentes à sauver de la famine les cigales méditerranéennes, voilà ce qui a été remis entre les mains de notre nouveau Président. S'il s'en sort, son mérite sera d'autant plus grand qu'il n'a pas été élu pour une prolongation des sacrifices, mais pour leur arrêt, et ses partisans ont une vision particulièrement candide et manichéenne du problème.

Parmi ceux qui comptaient sur l'impopularité de Sarkozy pour prendre la place enviable de président de la République, d'autres étaient bien plus inquiétants que François Hollande, qui l'a emporté avec habileté, et manifeste maintenant une judicieuse prudence. À suivre....Mais qu'il reprenne finalement les réformes de Sarkozy, en les présentant autrement, ne m'étonnerait pas.

Sceptique