Vincent Peillon n'est pas historien, mais philosophe. Mais la nécessité faisant loi, il a raconté, hier soir, aux trois féroces journalistes du Grand Jury, les premières pages de la Nouvelle Histoire de France, pour la partie qui le concerne comme ministre, l'Éducation Nationale.

Car notre pays vient de sortir de cinq ans de néant absolu, au cours desquels jusqu'au souvenir de l'âge d'or précédent a été effacé. En 2007, un pays heureux, prospère, sûr, calme et pacifique, a dédaigné une sainte femme, pour confier son destin à un homme, Nicolas Sarkozy. Pour cinq ans. Et, pendant ces cinq ans cet homme s'est ingénié à laisser un champ de ruines.

Dans le domaine particulier dont Vincent Peillon s'est vu confier la sauvetage, il ne restait plus rien de la situation observable au printemps 2007: des professeurs nombreux, heureux, et fiers de pourvoir le pays de bons élèves, sages, ambitieux et travailleurs, parlant, écrivant, sans fautes, la belle langue française, que le monde nous envie. Entrés dès l'âge de trois ans dans les établissements de l'Éducation Nationale, ils en sortaient tous à plus de vingt ans, bardés de diplômes et fin prêts à servir la prospérité et la renommée de la France, qui ne connaissait ni chômage, ni déficit, le monde entier tendant les bras vers nos élites et nos produits indispensables à son bonheur.

Ce long trajet couronné de succès récompensait les enseignants heureux, tenant des classes où les seuls mots démontraient la complétude et la solidité des savoirs acquis. Sans grèves, et sans absentéisme, l'école française ne connaissait plus, depuis longtemps, les chahuts et les cancres. Tout le monde était beau, tout le monde était gentil. Seule l'injustice de la nature faisait plafonner le succès au Bac à 80%. Bref, "ça baignait!", de Dunkerque à Perpignan, de Brest à Strasbourg.. 

Et voilà qu'en cinq ans, ce monde idyllique s'est effondré. Dans tous les domaines! Les français, affamés, désemparés, émigrent en masse, à pied, cherchant leur pitance au bord de la mer en été, à la montagne en hiver. Quant aux élèves, démotivés, ils se sont mis à parler mal, non seulement entre eux, mais à leurs professeurs, qu'ils n'hésitent plus à gifler, ou à envoyer à l'hôpital dès qu'ils sont pubères. Le savoir encyclopédique ne servant plus à rien dans la vie qui leur est promise, ils abandonnent les bancs du collège dès que la loi le leur permet, et l'absence de tout diplôme ne leur donne pas moins de chances qu'à ceux qui ont encore la patience d'aller jusqu'à la fac, qui achève d'en écoeurer la majorité, en deux ans.

Le résultat, selon le ministre chargé du sauvetage, c'est qu'il n'y a plus de vocations d'enseigner. Les concours n'ont plus de candidats. Les cages aux fauves que sont devenues les classes pendant ce court intervalle, n'auront bientôt plus de dompteurs. Or, avant de restaurer la situation antérieure, il faut d'abord calmer cette jeunesse frustrée qui en vient parfois à tuer les plus faibles. Il faudra, malheureusement, faire parler les muscles en première intention.

Soyons patients. "Habemus salvator!". Ce n'est plus qu'une question de deux, trois ans, le temps de trouver les trésors cachés par les mal élus enfin vaincus, redevenus politiquement minoritaires et donc juridiquement condamnables. À côté de ce que nous pouvons attendre, Lourdes perdra son aura.

p.c.c, Sceptique