C'est la panne sèche. "Mettons de l'eau", dit Démago!

Il y a "populisme" et populisme", le mauvais, bête et méchant, de la droite, qui court sus aux roms et aux immigrés, et le bon, bête et gentil, qui fait l'aumone de l'argent des autres.

À propos de cette baisse de quelques centimes d'un carburant dont notre civilisation est devenue dépendante, les commentaires des citoyens sérieux sont sévères, mais ils ne représentent qu'une frange impuissante.

Le sondage publié par La lettre de l'Express, hier soir, a la fraicheur de la naïveté. 15% des lecteurs désapprouvent implicitement, en comptant plus sur la raison des conducteurs que sur ces piecettes que vont économiser les automobilistes. Les 85% restants comportent un bloc de 51%, de l'ensemble, qui trouvent que les pétroliers auraient du être rançonnés davantage. Les pétroliers, dans la nomenclature malfaisante des français, c'est Monsieur de Margerie, le PDG de Total. Monsieur de Margerie, suppôt du Diable, fabrique son pétrole en Enfer. 

La France est un paradis. Par définition, elle n'a pas de pétrole. Mais elle ne manque pas d'idées, et cette dernière est tout sauf fatigante. Si vous vous demandez pourquoi les distributeurs ont accepté de prendre à leur charge trois des six centimes de baisse forfaitaire, vous vous représentez un épicier de quartier qu'on menace d'un contrôle fiscal, d'une inspection des services d'hygiène, ou de la concurrence et des prix. Pensons aussi à la corde sentimentale, encore capable de vibrer à ce niveau dans l'organisation. Souvenons-nous que dans les années 50(19..), en pleine inflation d'après guerre, Antoine Pinay avait obtenu une baisse volontaire de 5% des prix de détail. À cette époque, le commerce n'était encore assuré que par des "petits" commerçants.

"Encore un peu de temps, Monsieur le bourreau!" Entre les besoins d'argent des producteurs, les prouesses techniques coûteuses des pétroliers, et la soif de ces carburants "incontournables", des nouveaux riches, le pétrole ne peut que poursuivre sa hausse. Qui s'accélère dès que le canon tonne quelque part, trop près des lieux de production, et des passages maritimes obligés.

La hausse a déjà rentabilisé des explorations de gisements sous-marins profonds, et la mise en exploitation des sables et schistes bitumineux du Canada et des États-Unis, ainsi que des gaz de schistes, potentiellement très abondants. Ce qui n'est pas encore rentable, c'est la production de carburant synthétique. Passons vite sur les résistances menées par les écologistes contre ce contournement par la technique de la dérobade de la nature. Leur fragile rempart cédera dès que la pénurie sera réelle.

Donc, cette baisse artificielle du prix des carburants, en France, n'est que de la poudre aux yeux, pour quelques semaines, de rentrée. S'il est de bon ton d'évoquer le sort des pauvres travailleurs qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, ce qui a mis à sec les trésoreries des français, c'est le surcoût énergétique de leurs dernières vacances. Les quelques dizaines d'euros qu'ils vont économiser pendant les trois mois qui viennent seront une petite consolation. La paranoïa française, orientée vers le gouvernement et ses complices, baissera d'un ton.

Sceptique