Le titre de l'article du "Monde"qui m'inspire, est clair. "L'exécutif confronté aux divisions syndicales". L'article dessine d'abord ce qui se passe sur la scène: le village gaulois irréductible, avec ses héros Thibaultix et Maillyx, unis dans le refus de toute concession à notre réalité économique, tandis que le "traitre" Chérèquix sussure qu'il faudrait quand même être raisonnable et coopérer avec César pour débloquer le schmielblick.

La suite de l'article tend à montrer que si Maillyx et ses fidèles forment le dernier carré des nonistes, prêts à mourir en même temps que l'économie française*, Thibaultix se fait Janus, se posant en force politique face à l'autre, la légitime, élue par la majorité réunie en Mai-Juin 2012, et faisant "signer à tour de bras" des accords dans les entreprises. Encore vivantes, cependant, car, dès qu'elles sont agonisantes, ses troupes se précipitent pour les achever.Ce qui confirme que leur chef ne se fait aucune illusion à leur sujet.

La vraie rédaction des actes qui vont suivre et leur mise en scène se passent dans les coulisses, comme du temps de Nicolas Sarkozy, ce qui permet au bon public de le rester, de vibrer encore, en voyant ses héros boxer les suppôts du gouvernement. Les salariés menacés de chômage croient dur comme fer en leurs chevaliers rouges, et ceux qui ne le sont pas encore cherchent activement le trésor caché par le patron radin.

On ne peut que féliciter les auteurs de la pièce, qui la mettent en scène, et les acteurs qui l'interprètent. Comme disent ceux qui sont "bon public", "ils jouent bien".

Mais les meilleures choses doivent avoir une fin. Qui pourra être l'annonce de la fin de la Guerre des Gaules, comme l'histoire ne l'a pas racontée, ou, au contraire, conforme à la vraie, le triomphe de César, l'humiliation du dernier village, résistant miraculeusement.

J'avoue ma lassitude de cette comédie, simplement retouchée à chaque représentation. J'aimerais que le répertoire de la Comédie Française se renouvelle franchement, qu'elle cesse de ressasser cette page cruciale de notre légende, espérant peut-être l'annuler!

Sceptix

*Simple "posture", car F.O. est un syndicat de fonctionnaires et d'agents du service public. S'il n'en reste que quelques uns, ce seront ceux-là.

Source: "Le Monde" du 5 Septembre, p.9