J’ai regardé hier soir le spectacle donné par l’imitateur humoriste Laurent Gerra, curieux de découvrir ses trouvailles sur le personnage public, les défauts de sa cuirasse .

J’ai été déçu. Le personnage est encore trop lisse, trop bien défendu, pour qu’on puisse faire du bon humour à son propos.  Chercher les failles que sont « ses » femmes ne pouvait aboutir qu’à une reconstitution lamentable de sa vie privée.

Par ce qu’on sait « officiellement » de sa vie privée, sa vie maritale avec Ségolène Royal, connue sur les bancs de l’ENA, et leurs quatre enfants, sa liaison avec une personnalité en vue du P.S., et une petite « mazarine » bien à lui, et enfin sa vie maritale avec Valérie Trierweiler, journaliste, réaffirmant sa décision de ne pas devenir « bobonne », je m’autorise à penser que François Hollande est un homme résolument moderne, écartant, pour lui, tout acte symbolique de possession, comme l’est le mariage. Son rapport au pouvoir, « avec des pincettes », mais sans l’air dégoûté, est un autre « symptôme » de cet hyper- contrôle du rapport à l’objet « pouvoir ». Il ne s’y vautre pas, laissant cela à ceux de ses ministres, qui rêvent « d’être vizirs à la place du vizir ».

Deux personnalités de caractère et d’ambition équivalentes ne peuvent éviter de se trouver en concurrence, ou en opposition. François et Ségolène furent potentiellement en rivalité en 2007, sûrement avant, dans l’intimité, mais François Hollande, ne sentant sans doute pas prêt, ou jugeant la situation « pas mûre », n’entra pas en lice, cette année là.

En 2011, ils se retrouvèrent devant les primaires du P.S. . François Hollande, fin prêt, apte à séduire un électorat conséquent sans distinction de genre, l’emporta nettement. Ségolène Royal fit au moins acte d’allégeance. Aux législatives, elle fut victime de la mauvaise manœuvre du comité d’investiture du P.S.*, et son rival dissident, un bon socialiste, ramassa à son profit tous les votes centristes et UMP de la circonscription, désirant la défaite de la Présidente de la Région Poitou-Charente. Le « tweet » de soutien à son rival de la compagne de François Hollande ne fut, à mon avis, pour rien, dans sa défaite finale. Au premier tour, « on » choisit, au deuxième, « on » élimine !

La chute de l’enthousiasme des électeurs, évaluée par les sondages, traduit la fuite des croyants en la pensée magique, pas encore compensée par une note favorable de ceux qui jugent aux actes. Il persiste encore un grand flou sur ce que feront vraiment le Président et son gouvernement en matière d’économie, de fiscalité, de politique européenne.

Les premières situations difficiles, en particulièrement la plus récente, ont été bien « gérées ». La sécurité, cette fois-ci, est « bien partie », sur un champ de bataille actif**, qui ne laisse pas en repos l’outil forgé par Nicolas Sarkozy, et sur lequel peut s’appuyer Manuel Valls.

 Sceptique

 *Quelque soit le « Comité d’investiture », le résultat est souvent mauvais.

 ** »On vieillit sur les champs de bataille, et j’en reviens » (Bonaparte à Barras…qui le trouvait trop jeune !)