Une très intéressante pétition d’universitaires de renom, dans le « Monde » daté du 25 Octobre 2012(p. 25-Débats), demandant à partager la faveur du détricotage, sous la forme d’un retour à la dépendance (administrative) des universités.

En fait, ce qu’ils reprochent à la réforme des universités visant à leur autonomie de gestion, de recrutement, un des grands projets de Nicolas Sarkozy, c’est d’avoir été faite à moitié.

Sa mise en actes, si je me souviens bien, a été accompagnée par des grèves d’opposants, des universitaires, mais aussi d’étudiants recrutés et endoctrinés en faveur du statu quo.

Il en est résulté le désengagement financier partiel de l’État, qui n’est pas compensé par une liberté de fixer le montant des frais d’inscription, et qui n’est pas assorti de la levée de l’obligation faite aux universités d’accueillir tous les bacheliers qui le demandent. Dont on sait qu’en raison de leurs insuffisances en termes de connaissances de base, la plupart abandonneront ces études avant le niveau licence. Avant la réforme, ce phénomène sévissait déjà, mais par sa banalité, il n’affectait pas l’amour-propre des universitaires. La demi-autonomie, le « pas coupables, mais responsables » qu’elle créait injustement, ne pouvait être que mal vécue.

La maitrise des filières et de leurs programmes n’est toujours pas lâchée par  le Ministère de l’Éducation Supérieure, qui doit garantir aux étudiants, non seulement un accès à l’Université, mais aussi la validité et l’uniformité des diplômes.

Paradoxalement, la conclusion de ces universitaires déçus est une demande d’une vraie liberté de recrutement de leurs étudiants, qu’ils promettent de mettre à niveau, pour éviter leur décrochage. Il y a une logique dans leurs contradictions : le gouvernement actuel est plutôt pour plus d’État que moins d’État, et sera peut être séduit par la paternité de cette vraie réforme de l’accès à l’Université. C’est évidemment purement théorique, car il faudra compter avec l’agitation étudiante, cette fois là pour la défense de ses intérêts. 

Sceptique