Avec 70% des français, je me réjouis de cette victoire, très nette en termes de grands électeurs. Obama est le Président de l'Amérique jeune, populaire, plurielle,cosmopolite. Sa victoire est la défaite de l'Amérique riche et obscurantiste, se croyant bénite par Dieu pour sa réussite.

L'étrangeté de notre réaction réside dans ce qu'elle recouvre forcément une bonne partie de l'opinion de droite*, compte tenu de ce que notre extrême gauche n'aime pas Obama, qui n'est pas d'extrême gauche. S'il y a une extrême gauche aux USA, elle n'a pas l'écoute complaisante dont bénéficie la nôtre. L'extrême droite y est, par contre, plus bruyante et plus dangereuse, la liberté de s'armer aidant.

On s'attend à ce que Obama ait encore du mal à gouverner, en particulier à obtenir le budget qui permettrait de désendetter les États-Unis. La légitimité reçue avec une bonne marge l'aidera, mais l'ingratitude promise à tout gouvernement démocratique renforcera le Parti Conservateur dans deux ans. Sa fin de Présidence sera donc difficile, et il est donc très important que l'économie américaine soit relancée complètement dans les deux ans qui viennent.

L'amélioration de l'économie américaine aura un effet bénéfique sur celle de l'Union Européenne. Dans notre enthousiasme pour la victoire d'Obama, il y a une dose d'intérêt bien compris.

Sceptique

*les catholiques que nous restons inconsciemment n'aiment pas cet égoïsme militant qui a gagné le protestantisme américain. On voit encore des américains, enrichis par leur réussite, consacrer un grande partie de leur fortune à des oeuvres caritatives, mais l'auto-satisfaction est en même temps plus affirmée.