Je suis toujours cette émission du Dimanche soir. Cependant, depuis sa reprise, je ne prenais pas de notes, je n'en faisais plus le compte rendu.

Mais l'invité d'hier soir, Christian Jacob, Président du groupe UMP "orthodoxe", ami fidèle de Jean-François Copé, livrerait peut-être des arguments de première main sur ce conflit de personnes qui bloque le fonctionnement du principal parti de la droite républicaine. 

Je m'attendais, à vrai dire, à ce que cette invitation à une émission très écoutée soit l'occasion d'un geste d'apaisement de la part du Président en fonction de l'UMP. Je ne fus pas déçu.

Jean-François Copé a fait savoir, par le truchement de Christian Jacob, qu'il proposait un nouveau vote pour le mois de Septembre 2013, soit un an après le tout récent et litigieux premier vote. Et pendant les premières minutes de l'émission, de la manière la plus théâtrale possible, la réponse de François Fillon est tombée: "D'accord!"

Après un dernier rite, qui ne sera pas une confession publique, le groupe R-UMP reformera avec les parlementaires copéistes et les "non alignés" un groupe parlementaire monolithique. Ouf!

Avant ce "coup de théâtre", Christian Jacob a été interrogé sur la grande affaire du jour, l'exil belge de Gérard Depardieu, et son échange d'amabilités avec le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, rapidement rejoint par tous les roquets de la nouvelle majorité. Un vrai concours canin.

Christian Jacob regrette la décision de l'artiste, et ses prolongements quelque peu hystériques. Mais c'est le premier outil de ce métier! Par contre, il dénonce cette politique de matraquage fiscal à outrance, étendu à toutes les classes d'actifs, en fait, tandis que les promesses d'économies sur les dépenses publiques n'apparaissent nullement dans le budget. Au contraire, souligne le député, les nouvelles dépenses, durables, au moins le temps du quinquennat, prolifèrent.

Christian Jacob se gausse des difficultés que rencontre le gouvernement avec les communistes du Sénat, qui devraient faire partie de la nouvelle majorité, mais jouent leur propre partition, répétitive. Ce qui aboutit à des retoquages des projets divers, qui seront corrigés par l'Assemblée Nationale.

Au passage, il critique le "crédit d'impôt" qui tiendra lieu d'allègement de charges de notre industrie, handicapée par le coût du travail. Heureusement, le P.S. est majoritaire à l'Assemblée, et peut compter sur la discipline de son aile gauche, qui n'aime pas trop ce "cadeau au patronat", car il est à peu près assuré de la défection de ses obligés EELV. Si, encore une fois, c'est la dépense publique qui viendra calmer le jeu, ce "truc" du crédit d'impôt permettra aux entreprises d'inscrire au bilan la dette de l'État, et augmenter d'autant le bénéfice net. La compensation de ce manque à gagner de l'État, ce sont ses oignons. On ne sait pas encore qui ils vont faire pleurer!

Un journaliste, Chapuis lui-même, il me semble, s'étonne de ce que la droite ne se soit pas jetée sur les accusations de Médiapart, lancées contre Jérôme Cahuzac. "Nous n'avons pas les même moeurs!", réplique Christian Jacob, qui évoque les attaques répétées contre Éric Woerth, tout particulièrement par le ci-devant président du groupe parlementaire socialiste à l'époque, Jean-Marc Ayrault, devenu le Premier Ministre de François Hollande.

Les réserves sur le bien fondé de l'interdiction des cumuls, concoctée par Lionel Jospin, conclueront l'entretien. Les arguments de la droite et d'une partie du centre et de la gauche, sont solides. La victoire de Hollande sur ce point particulier, si tant est qu'il y tienne, n'est pas assurée.

Sceptique