Pour la première fois dans la tenue de ce blog, ce n'est pas une information qui m'inspire un billet. C'est une...désinformation!

Vous me direz, il y en a plein, tous les jours, c'est facile à trouver. Peut-être, mais je ne m'en sens pas de propager, consciemment,  une désinformation.

Il s'agit d'un courrier de lecteurs du "Monde"(22 Décembre 2012, p.20), deux importants élus du Grand Ouest, qui réagissent à un billet d'Hervé Kempf, écologiste patenté du "quotidien du soir". Dans un numéro (du 3 Décembre 2012) Monsieur Kempf avait accusé de "manipulation" les études de l'État en faveur du projet d'aéroport international de Notre-Dame des Landes, dont on sait qu'il est un "casus belli" entre les élus de Loire-Atlantique et la mouvance écologiste hexagonale. Oui, on peut être un habitant de l'Alsace, des Alpes-maritimes profondes, ou des faubourgs de Maubeuge, et ne plus pouvoir dormir à cause de ce projet d'aéroport, qui doit, justement, permettre aux nantais de dormir mieux.

Pour l'écologisme et ses porte-paroles, les démonstrations des bureaux d'études commandités par l'État étaient tout simplement falsifiées, dans le but de faire passer un projet aux motivations fantaisistes. Les nantais et autres citadins de la région n'avaient aucun besoin de cet investissement.

Ce que disent ces élus, dont l'un est le remplaçant de Jean-Marc Ayrault à la Maairie de Nantes, c'est que les dénonciations reprises par Hervé Kempf, sont, elles, tirées d'une contre-étude confiée par des élus hostiles, à un bureau d'études néerlandais, forcément très "au fait" des besoins des nantais. Les auteurs de la lettre reprennent une par une les erreurs d'interprétation des experts commis pour cette tâche précise de disqualification.

J'ai déjà exprimé mes doutes, non pas sur l'intérêt de ce nouvel aéroport, ne me permettant pas de juger les besoins des habitants d'une région très éloignée de la mienne, mais sur la capacité d'une démocratie de mener une guerre civile contre ceux qui récusent la démocratie, au nom d'un intérêt supérieur, tout en faisant semblant de l'invoquer. Ce serait sûrement plus facile si ce mouvement utilisait le banal terrorisme, à coups de bombes ou de révolver. Contre ce mode d'action, notre démocratie n'a pas d'états d'âme. Mais contre ces citoyens hexagonaux qui font du "seat-in"là où l'aéroport doit être installé, en affirmant qu'ils sont la France entière, la force publique ne peut être violente. Car l'État qui la commande est allié avec ceux qui sont derrière le mouvement!

Que veulent-ils, ces alliés du gouvernement, partie prenante de la majorité? RIEN, justement. RIEN DE RIEN. Rien qui facilite la vie des français telle qu'elle est encore aujourd'hui, ponctuée par les vacances et les transhumances par tous les moyens. S'il leur faut accepter les infrastructures existantes, il n'est plus question de laisser ajouter un kilomètre d'autoroute, ou de voie ferrée à grande vitesse, ou une piste d'aéroport. En attendant d'avoir enfin le pouvoir, et D'ARRÊTER TOUT, tout ce qui marche à l'électricité ou avec un moteur à explosion.

Car la partie française de l'humanité, pour donner l'exemple au reste du monde, sera vertueuse, frugale et anhédonique, sanctionnée ainsi d'avoir été en pointe des jouissances humaines. Les sept péchés capitaux, c'est fini! Les français seront "locavores", faisant disparaître de leur table tout ce qui ne sera pas produit sur place. L'oeuvre diététique du Docteur Carton sera leur bible. La minceur Cochet et l'amertume Mamère seront les nouvelles normes. Le vélo sera un roi indétronable, l'âne et la brouette seront les luxes des ruraux, remis sur le faite de la hiérarchie sociale, comme en 40!

sceptique (avec un petit s)