Personne n'y avait encore pensé. Moi-même, qui n'ignorait pas les bouffées de cette énergie à la faveur d'épisodes peu glorieux de notre histoire, je n'avais envisagé son exploitation. Il faut dire qu'elle était alors honteuse et secrète pour beaucoup de monde. Seuls les commissaires de police et les procureurs de la République en connaissaient l'importance.

Elle est devenue maintenant licite, révolutionnaire, donc patriotique, et se voit offrir des tribunes prestigieuses.

C'est ainsi que j'ai pu lire dans le "Monde" du 28 Décembre, p.17 (Débats), une lettre de dénonciation et de demande d'exclusion d'une personnalité (inconnue de moi) de Sciences'Po, alias Institut d'Études Politiques de Paris, signée par trois membres du corps des enseignants de cette grande école.

Selon eux*, le maintien jusqu'à la fin de son mandat de leur cible, prolongerait d'autant Sciences'Po dans sa situation d'écurie d'Augias.  Pour la nettoyer, Hercule n'étant plus de ce monde, il fallait au moins trois nettoyeurs dévoués.

J'avais déjà, il y a un mois, relevé le climat d'épuration qui accompagnait le deuil de Richard Descoings, le sulfureux, pour certains, le génial, pour d'autres, Directeur de Sciences'Po Paris. Il y avait déjà, dans une page semblable du "Monde", un nettoyeur qui faisait sa pub. Tandis qu'un de ses anciens complices prenait sa défense.

Cette fois-ci, encore, c'est une vraie pétition de potes de feu Richard Descoings qui fait contrepoids à l'assaut des blanches vertus au parfum de Javel.

Le mélange sent la poudre!

Sceptique

* Il y a deux fées du logis parmi les trois signataires. Le machisme de notre grammaire me contraint à l'usage du masculin. Encore un ménage à faire!