Quelle chance d'être un homme ordinaire! Il est alors possible d'avoir le coeur à gauche et le portefeuille à droite. Mais comme pour l'entrée au couvent, l'entrée en politique exige de choisir: plus de portefeuille, pour personne. Pour éviter les tentations, ou les tentatives...de corruption, les indemnités sont d'un bon niveau, qui font baver d'envie les citoyens-électeurs. Cela fait quelques dizaines d'années que les impétrants aux fonctions de parlementaire doivent déclarer leur patrimoine à l'entrée et à la sortie. Il n'a que le droit de rester stable ou de diminuer. Quant à déclarer un compte en Suisse, ce serait plus que de l'honnêteté. De la bêtise.

Examinons quelques secondes le dilemme: X se présente aux élections, bien qu'il ait un compte en Suisse. S'il n'est pas élu, il n'est qu'un citoyen fraudeur. S'il est élu, il devient un parlementaire doublement fraudeur. 

Comme, de plus, pour être élu, il faut être adoubé par un parti politique auquel on a donné des gages de fidélité et de dévouement, il est sûr qu'aucun parti, ni à droite, ni à gauche, n'investirait un titulaire de compte en Suisse. Donc, nouvelle couche de tromperie sur la marchandise.

Peut-on aimer la Gauche et l'argent? Oui, sûrement. Il n'en manque pas d'exemples. Mais il faut rester un laïc, ne pas entrer dans les ordres.

Un homme politique n'est pas un homme ordinaire. C'est très sincèrement qu'il est attiré par le pouvoir et qu'il s'en croit capable. Il lui faut faire ses preuves auprès de ses collègues et rivaux, bien avant ses électeurs. Je crois que le fabuleux destin de Jérôme Cahuzac n'avait rien de fortuit. Il méritait l'estime, l'admiration, de ses amis, et aussi de ses ennemis. Le compte en Suisse, c'était son vice caché. 

Sceptique