Le plomb, c'est celui mis dans la cervelle de ces élèves des cités, en échec scolaire et promis à la profession juteuse, mais risquée, de dealer, et arrachés à leur misère intellectuelle pour être admis dans des internats d'excellence, où ils font, selon les derniers rapports, des étincelles.

L'argent, ce n'est pas celui qui est déversé sur l'Éducation Nationale, qui l'absorbe jusqu'au dernier centime, sans jamais paraitre rassasiée, mais celui qui est conservé par des parents égoïstes, népotiques, qui choisissent d'habiter dans des quartiers bourgeois, font des pieds et des mains pour faire échapper leur progéniture à la carte scolaire, et, si besoin, recourent au "bizness" de l'enseignement privé.

Ces traces de l'action de l'ennemi public numéro un de l'actuelle majorité, il a le devoir, lui, Vincent Peillon, héritier du plus périlleux poste ministériel de la Vème République, de les effacer. Encore très fraiches, un super-détergent et une brosse métallique devraient en venir à bout avant Mai, foi de vainqueur, mais il ne reste plus que deux semaines et demi, et il faut accélérer. Grattons, raclons, frottons, jusqu'à la pierre d'origine.

Il n'y a qu'une condition précieuse, mais manquante, dont la réalisation, ultra-délicate, traîne encore: la dévolution de la propriété des enfants, de l'âge de deux ans à leur majorité, au Ministre de l'Éducation Nationale. Non, Monsieur le Ministre ne les réclame pas dès leur naissance. C'est trop de boulot, c'est trop risqué, toutes ces maladies qu'assument les géniteurs. L'Éducation Nationale n'a pas été préparée à la fonction d'orphelinat. Imaginons des grèves répétées dans ce genre d'établissements? Qui prendrait en charge les bébés?

Mais dès qu'ils seront propres, Monsieur le Ministre se réservera leur destin. Ce sera son affaire, il organisera tout, semaine après semaine, mois après mois, année après année. La condition encore non dite, car manifestement prématurée, c'est la levée de la limite des deux mandats, auquel pourrait se heurter le Président François Hollande, mais qu'il aura le temps de corriger dès le début du prochain, sûr et certain. 

Car il est évident qu'après quelques mois difficiles, les papas et les mamans, débarrassés de leurs enfants, retrouvant leur liberté, l'apprécieront à sa juste valeur. Il en feront leur deuil, comme n'importe quelle chatte ou couple de merles. Et, élection présidentielle après élection présidentielle, ils reconduiront le pouvoir de François Hollande, moyennant la promesse de garder Vincent Peillon comme Ministre de l'Éducation Nationale. 

Sceptique