Si je place cette information, que je vais détailler, dans la catégorie "sciences et politique", c'est qu'une fois que sera rendu le diagnostic des scientifiques, il serait étonnant que la politique, qui englobe maintenant des croyances qui doivent l'emporter sur la science, ne s'en mêle pas.

Les faits, c'est l'extension inquiétante d'une maladie virale spécifique du manioc, plante originaire de l'Amazonie, devenue la nourriture de base des africains des régions au climat chaud et humide du centre de l'Afrique*. Ce virus (de la striure brune), qui envahit toute la plante et la détruit, est inoculée par un insecte, la mouche blanche, à l'origine, ravageur du tabac. L'extension du territoire infesté par la mouche blanche semble précéder l'extension de la striure brune du manioc.

Le constat établi, une cause unique est affirmée: l'élévation des températures moyennes dans cette partie du continent africain. Le problème ne semble pas mériter une analyse plus fine. Car si le manioc est un aliment qui "tient le ventre", il n'a aucune place dans la gastronomie mondiale. Ce n'est une nourriture que pour les pauvres. Et, c'est bien connu, il faut se secouer pour s'occuper des pauvres. Il faudra mobiliser contre cette maladie la solidarité mondiale. L'article publié par le "Monde" du 14 Mai décrit cette mobilisation, ses financeurs, des oeuvres privées, ses scientifiques, sortant de l'ombre. Les dernières lignes de l'article évoquent l'existence de maniocs transgéniques en cours d'essais.

À partir de cette révélation, il ne m'étonnerait pas de voir surgir des protestations indignées de la part des ennemis des bio-technologies. Il est probable que l'opposition en restera là. L'Afrique est loin, et ses habitants n'apprécieraient probablement pas que des touristes fanatiques viennent saccager leurs cultures.  

Dans cette partie du continent européen dont le tiers nord de la France fait partie, "on" a du mal, beaucoup de mal, à croire en cette histoire du réchauffement climatique. Entre les deux solutions proposées, la première, le retour draconien aux niveaux de consommation d'énergie du début du 19ème siècle, ou la seconde, l'adaptation, par notre intelligence, aux conséquences diverses du réchauffement, l'avantage, en France, appartient, intellectuellement seulement, à la première**. On dit des messes, mais on continue à pécher. Les prêches n'en deviennent que plus véhéments. Tous les politiques tremblent devant la menace d'excommunication majeure. Nos scientifiques sont les boucs émissaires chargés de nos vices. Nous donnerons-nous le droit de porter secours aux africains avec l'arme ce notre science agronomique?

Sceptique

* La plante, dont la racine tuberculeuse produit l'aliment, se reproduit par simple bouturage d'un morceau de tige, planté dans un sol non préparé, ramolli par les pluies. Si la plante est infectée, la bouture produira une plante malade, et un réservoir de virus pour la mouche blanche.

**Quant à la seconde, notre intelligence, elle est sous naphtaline, au placard. La politique agricole se résume à des interdits ou des projets d'interdits.