La presse, les journalistes, ceux qui gravitent au plus près de personnes en vue du monde politique, se posent deux questions.

À propos de François Hollande, ils disent:"qu'est-ce-qu'il pourrait faire?"

À propos de Ségolène Royal, qui a fait un retour remarqué dans les médias:"qu'est-ce-qu'on pourrait en faire?

Ségolène Royal, reçue hier-soir par l'équipe du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, ne se pose pas, à propos d'elle-même, la première question. Elle laisse entendre qu'elle a abandonné toute ambition de dimension présidentielle ou gouvernementale. Que sa mission de Présidente de la Région Charente-Poitou, dont elle veut faire un paradis terrestre, modèle disponible, par la suite, pour une généralisation à l'échelle de la France (et sûrement plus, tellement il sera irrésistible!), la comble, au présent et au futur.

"Bombardée" vice-présidente de la Banque Publique d'Investissement, elle en parle dans les mêmes termes que le vrai président, Nicolas Dufourcq, "passé"" au club de l'économie de LCI, la veille. "On" sait que l'entente entre ces deux personnalités n'est pas des meilleures. Elle n'évoque pas la bisbille.

N'ayant pas besoin, pour être dans le rôle qu'elle s'est choisi, de ferrailler avec un rival, elle peut se dispenser de l'agressivité d'une héroine. Une sorte de sainteté n'est pas loin. Femme ayant accompli toutes les potentialités spécifiques de ce sexe*, elle a, sur les hommes dogmatiques, l'avantage de l'expérience et du pragmatisme qui en résulte. Elle exécute, en quelques mots, le renoncement à l'apprentissage précoce des adolescents en échec scolaire. Mais le coupable n'est pas nommé.

Entre "je suis passée vous faire un petit coucou", ou "me re-voilà!", j'hésite à me prononcer. Il y a six ans, j'avais conclu à une inaptitude à la fonction présidentielle qu'elle briguait, tout en regrettant de ne pas reconnaitre, à aucune femme "politique" en vue, à l'époque, cette aptitude. Notre société, notre pays, n'a pas encore résolu sa misogynie fondamentale, et aucune de nos femmes n'est parvenue, sans se dénaturer, à traverser le "plafond de verre" qu'elles rencontrent dans tous les métiers, dans toutes les carrières à haut niveau de responsabilité.

Nous avons beau faire des lois de discrimination positive, rien n'y fait. Entre le droit des hommes, et le devoir des femmes, il n'y a pas photo. Ségolène Royal adopte cette posture, quand elle affirme, avec sincérité, qu'elle n'a pas de rancune envers celui qui a refusé de lui céder son siège en 2012, profitant des votes de la droite.

Mais en tout état de cause, il ne faut s'en remettre qu'à la décision du peuple souverain, seul juge de ses défauts fondamentaux.

Sceptique

*La femme se partage entre ses trois potentialités, être amoureuse et compagne d'un homme, être mère et mère aimante, être engagée dans la société et passionnée, ou non, par sa fonction. Passionnée, ou non , par son patron....si elle n'est pas elle-même, la patronne. "On" ne peut pas être insensible aux accents de Ségolène Royal, parlant de François Mitterrand. On me reprochera sans doute cette place faite à l'affectivité des femmes, à la fois comme valeur et comme point faible. Je persiste et signe.