J'espère, même, que je fais remonter la moyenne, puisqu'il parait que les français ont été espionnés un peu moins que les autres, ce qui n'est pas flatteur!

Pour ma part, je suis régulièrement visité par des lecteurs américains, qui semblent veiller à ce qu'aucun billet ne leur échappe. J'en ai même eu un, ou un groupe se partageant la tâche (les visites étaient longues, les adresses IP changeantes), qui a sûrement lu tous les billets que j'ai écrits depuis l'ouverture de ce blog.

Pour rester sur le même ton, les cris d'orfraie poussés par les gouvernements européens, dont le nôtre, malgré sa place de lanterne rouge, paradoxe qui, je pense, doit en faire rire plus d'un, sont pour la galerie des gogos. Les secrets des salons d'ambassades sont des secrets de Polichinelle ou d'alcoves, peut-être, dont les puritains américains se sont régalés. Comme partout et depuis toujours, les vrais secrets, d'État, sont bien gardés et peu partagés. Si Jérôme Cahuzac n'avait pas craqué, serions nous absolument certains qu'il avait eu un compte en Suisse, évacué en douce vers Singapour? Malgré l'acharnement de Médiapart, sans la confirmation de la Banque suisse ou de la singapourienne, le doute aurait profité au suspect. Les aveux du coupable ont suffi*.

Pour revenir aux américains et à leur espionnite, ils ont l'excuse d'avoir à garantir la sécurité d'un paquet de pays qui n'en ont plus les moyens, et dont quelques citoyens rêvent de trahison. Finalement, si la France est riche de fanatiques de toutes catégories, prêts à servir diverses causes, elle a fait preuve de son souci de sa sécurité, tant extérieure, avec sa force de dissuasion, et ses troupes d'élite engagées là où c'est nécessaire, qu'intérieure, avec sa police de haut niveau, rarement prise en défaut. 

La France est un allié grincheux et susceptible,mais, finalement, sûr.

Sceptique

*Selon une information récente des Échos, le justice suisse aurait bien répondu à la demande des services fiscaux français. Après les aveux, semble-t-il.

Post-scriptum du 4 Juillet 2013: La fête nationale des États-Unis n'est qu'une coïncidence. Il me semble nécessaire de revenir sur cette affaire qui crispe les relations entre les américains et les européens, pour le plus grand plaisir de leurs rivaux communs, comme la Russie de Poutine.

Les terribles attentats du 11 Septembre 2001 ont profondément modifié la vie des États-Unis. Ils ont eu le sentiment d'avoir totalement manqué de vigilance, de s'être faits avoir comme des "bleus". D'où leur décision de réserver à leur seul peuple le principe de liberté individuelle, et de créer une discrimination implicite au détriment de tous les autres humains, présumés capables de nuire à l'Amérique, activement ou par défaut. Une sorte de paranoïa pour laquelle les américains ont des dispositions, prompts qu'ils sont à basculer d'une grande fierté à un complexe d'inculture. Les terroristes du 11 Septembre ont trahi leur confiance. Ils sont venus chez eux préparer leur forfait dans tous ses détails. Ils ont profité des vertus de la vie américaine pour tuer trois mille américains d'un coup. Nous avons sûrement du mal, nous les européens, avec notre expérience de massacres encore plus massifs, à évaluer le choc subi.

De notre côté, nous offrons aux américains le spectacle d'une Europe "bouffée" par ses problèmes intérieurs, et incapable de s'occuper, tant de sa sécurité en tant qu'ensemble, que de celle du monde. Elle abandonne aux États-Unis cette tâche. Qu'ils s'en occupent au profit de tous, sans nous embêter! Seules la France, par tradition "gaulienne", et la Grande-Bretagne, par solidarité historique avec son rejeton, font un effort pour ne pas totalement abandonner leur part de responsabilité.

La pulsation entre isolationnisme et interventionnisme, qui caractérise les États-Unis, privilégie,toujours, en intensité, l'interventionnisme....au nom des intérêts américains, et non pour nos beaux yeux. Nos yeux, ils les trouvent myopes. En fait, ils ne sont que braqués sur notre nombril.

Sceptique