C'était l'évènement télévisuel de ce soir: l'invitation faite à Bernard Tapie de venir s'expliquer sur son affaire, au 20heures de France 2. 

Ce ne fut pas une invitation mais une comparution. Sur un ton comminatoire, parfois violent, David Pujadas, avec une insolence que je découvrais, intima à son "visiteur" d'avouer publiquement son "escroquerie en bande organisée". Selon lui, il avait eu le dossier complet sous les yeux, y compris les compte-rendus d'audition que venait de subir l'homme d'affaires. À l'étonnement de ce dernier, il lança sur un ton méprisant: "vous savez bien qu'il n'y a plus de secret de l'instruction!" La pensée que ces auditions aient été falsifiées ne l'avait pas effleuré. Qu'elles lui soient parvenues illégalement faisait partie de la modernité. Le déni de justice, le non respect des règles, sont entrés dans les moeurs.

L'accusé se défendait bec et ongles, comme il sait le faire, mais le roquet ne desserrait les dents que pour aboyer. 

La bataille fut rude, au point d'être gênante, par son absence totale de respect, d'éthique professionnelle, submergés par la partialité du serviteur du pouvoir.

Bernard Tapie, sûr de son bon droit, sûr de son dossier, a annoncé des surprises douloureuses débouchant de cette action politique. Il ne pouvait parler autrement. 

Sceptique