Madame Delphine Batho n'a pas digéré de se faire virer brutalement de SON ministère, et elle le dit haut et fort, devant un parterre de journalistes avides. Et du côté des commentaires, de lourds soupçons de misogynie sont imputés au Président et à son premier Ministre.

Quelques autres ministres, habitués à jacter quand ça leur chante, ont senti le vent du boulet. À commencer par la Ministre verte du Logement, Madame Duflot, qui continue à tenir son parti, au moins avec son petit doigt, vous savez, celui qui dit la vérité. Mais malgé leur jubilation quand leur collègue a critiqué la politique de son patron, ils ont décidé de rester ministres, donc, en principe, ils ont choisi de la fermer. Un certain temps.

Dans son interview donné à la presse, Madame Batho a reconnu sa candeur, sa croyance en une autre manière de gouverner, sur le modèle d'une cour de récréation. Pendant un an, ce modèle a été parfaitement crédible, du point de vue des intéressés, au moins, mais c'était suffisant. 

Il ne l'était pas du côté des esprits chagrins, ceux qui pensent qu'une classe sans discipline n'attend pas longtemps pour chahuter. Ou encore, ceux qui pensent qu'un gouvernement est fait pour gouverner, et non pour commenter. Tous ceux là, et bien d'autres, attendaient avec impatience que le chef se mette à commander.

Il est possible que la victime, "propitiatoire", ait pensé qu'elle n'était pas la plus coupable de la bande. Mais la naïveté a des limites. Penser qu'un pays en récession, criblé de dettes, aux comptes publics rougis à blanc, accablé par un chômage massif de ses jeunes, puisse être mené avec un plumeau, témoigne d'une intelligence politique factice. Il fallait que la baguette s'abatte. La tête de Madame Batho dépassait, ce jour là.

Le choix de son successeur est plus significatif qu'on pourrait le croire. Monsieur Philippe Martin s'est fait connaitre par son combat furieux contre les OGM, a coups d'arguments des plus spécieux. Or, il a gagné, il n'y a plus d'OGM dans l'hexagone, et plus un seul chercheur pour en glisser un sous ses pieds. Comme les autres sujets chers à l'écologie sont beaucoup plus "croissance-sensibles", ils sont réservés au Président, et le Ministre n'aura pas à s'en occuper. Son sabre restera dans son fourreau.

Sceptique