Le phénomène avait perturbé le monde scolaire, plus particulièrement le secondaire, dont les élèves sont à l'âge de l'affirmation de l'identité. La seule solution a été d'interdire tous les signes d'appartenance religieuse. Dans les établissements publics ou sous contrat.

Mais l'Université, qui reçoit des jeunes adultes, supposés libres, dans l'affirmation ostensible de leurs convictions, la tolérance a été, tacitement, considérée comme possible, sans risques, la maturité des élèves étant présumée faire obstacle à tout embrigadement.

Mais à l'usage, un certain nombres de faits, d'attitudes, de demandes explicites, ont montré que l'affirmation religieuse dépassait la simple solidarité, la seule familiarité. Le groupe rassemblé par une identité religieuse finissait par exprimer son intolérance à la règle commune, et exigeait des exceptions. Pour les musulmans et les musulmanes la place de la femme était l'arme la plus utilisée, car la différence y joue un rôle essentiel. 

Dans notre société, le handicap des femmes est une séquelle du passé à corriger. Pour la religion musulmane, la différence de statut et de destin est une prescription divine qui transcende toutes les autres lois.

Déjà, le port du voile, en cours, et en travaux dirigés, est un "donné à voir" explicite. Mais passif et d'interprétation libre. Personne n'est obligé de se sentir agressé. Selon les incidents vécus par les présidents d'Université, qu'un rapporteur désigné a recueillis, ce sont les femmes enseignantes universitaires qui seraient ciblées. Elles ne sauraient évaluer les connaissances des hommes musulmans.

Le nombre de ces incidents, de ces symptômes de constitution d'un communautarisme au sein de l'Université, étant en hausse constante, la nécessité d'y porter un coup d'arrêt trouve ses partisans, dans un milieu se voulant, pourtant, très tolérant. Comme, pour des raisons de principe, une majorité à l'intérieur de l'Université sera difficile à trouver, ce sera à la représentation nationale de légiférer*.

Sceptique

*Le retentissement sur l'opinion de la publicité donnée à ces "incidents" sera forcément négatif, et une passivité de la majorité sera portée....à son passif! Elle a tout intérêt à se pencher sur le problème.

Note complémentaire du 9 Août 2013: Le débat est lancé. Il va, bien sûr, diviser notre société. Les notables musulmans s'inquiètent d'une possible interdiction à ce niveau là, aussi.Les universitaires qui donnent de la voix sont, pour le moment, ceux qui acceptent la situation actuelle. Ceux qui ont apporté leurs informations aux auteurs du rapport, se taisent. Et l'opinion, alertée, réagit: une majorité nette des sondés est pour l'interdiction du voile à l'Université. Le parlement sera interpellé, et pourra raviver ses clivages bien connus.

Mais notre projet de société, est ainsi fait. Il récuse le communautarisme, comme une défaillance de notre capacité d'intégration, et de celle de la communauté considérée. Ce qu'il reste de visible, d'évident, des différences d'origine de notre population, est vécu comme un échec et une menace. Les partisans de cette forme de mixité existent, mais sont très minoritaires, et pas sûrement très sincères.Une posture est plus probable. Les arbitres, l'État, le Parlement, devront être particulièrement prudents.