LA POLITIQUE est bien embarrassée souligne le "Monde" dans son éditorial du 4, 5 Août 2013: la science, la vraie, celle qui ne falsifie pas, ne peut fournir aux politiques des preuves suffisantes et universellement acceptables de la nocivité de ces produits des bio-technologies, les OGM, que des idéologues ont réussi à faire passer comme dangereux pour la nature "normale", intégrant les consommateurs humains.

Cela fait quelques siècles que la science était appelée à donner son avis aux décideurs politiques, et qu'elle était écoutée respectueusement. Mais, là, "On" voudrait bien qu'elle se mouille dans une décision qu'elle ne peut pas assumer en vertu de ses principes.

Si la ligne éditoriale du "Monde" est on ne peut moins favorable aux OGM, et soutient globalement la doxa écologique, l'éditorialiste conclut avec raison que les politiques doivent choisir une solution "politique", libérant les scientifiques de toute responsabilité.

Donc, interdire, tout simplement, la mise en culture de semences génétiquement modifiées, forcément produites par des semenciers étrangers. Comment justifier cet ostracisme dans le contexte de nos accords internationaux? Impossible, peut-être, mais "ils" feront sûrement le pari que personne ne nous fera la guerre (celle des OGM, comme celle de l'Opium, menée contre la Chine, au 19ème siècle), pour nous les imposer.

On peut espérer que dans la foulée, ne seront pas réhabilités, par voie d'amendements, le géo-centrisme, le créationnisme, et quelques autres croyances ayant encore quelques fidèles très véhéments.

Je suggérerais bien aux politiques d'utiliser le moyen de la langue, de faire interdire tout produit dont le nom générique commence par M,O,N, ou toute marque déposée commençant par ces trois lettres , puisque on est maintenant sûr qu'aucun OGM ne sera produit par un semencier français, et que ce marché est trusté par la firme MONSANTO.

Mais j'ai réfléchi aux inconvénients "collatéraux": les fidèles de Monsavon, des chocolats à la cerise Mon Chéri, et sûrement quelques autres passions ou habitudes commençant par MON, seraient gravement et injustement lésés. À l'intérieur des familles, y compris les pires, le possessif MON est très employé*. 

Conclusion: les politiques devront aller au plus simple, sans fioritures.

Sceptique

*Ce phonème, qui est aussi un de nos articles possessifs, est spécifiquement français, mais la France est seule concernée. D'autres nations l'ont suivie dans cette voie, ce qui prouve notre prestige culturel, mais si elles veulent continuer à le faire, il faudra qu'elles forgent leur propre loi.