"François Hollande n'en démord pas". C'est par ces mots que débute l'éditorial du "Monde" daté du Jeudi 8 Aoüt 2013. Le déjeuner de la rédaction du quotidien avec le Président n'a pas réduit la distance nécessaire, sinon sincère, des journalistes. "On" lui oppose les avis des économistes et autres futurologues distingués. Le peuple n'est pas moins sceptique. Mais lui est sûr. Promis, juré, foi de président, la courbe prendra un tournant.

Quelques signes d'amélioration de la conjoncture mondiale et européenne, des frémissements, à quatre mois et des poussières de la date fatidique, ont fait jubiler le Président. "Je vous l'avais bien dit!", a-t-il sussuré.

Et les vilains autres de douter!

Or, par la grâce de cette infime reprise, montrant que la récession pourrait avoir touché le fond, que le stock de travailleurs éjectables s'épuise, l'augmentation du chômage pourrait ralentir, diminuer, mensuellement, ces prochains mois. Le prochain trimestre verra les embauches en vue du surcroit de travail qui précède les fêtes de fin d'année, entre préparateurs de commandes et pères Noël.

Comment visualiser sur une courbe politiquement correcte ce phénomène probable? Surtout pas en mettant en ordonnées le total des chômeurs inscrits à la fin du mois écoulé.

Il suffit d'aligner, mois par mois, le nombre de chômeurs supplémentaires recensés, sous la forme d'une colonne d'une hauteur proportionnelle à ce nombre. "La" courbe relie les sommets des colonnes alignées. Si le nombre de chômeurs supplémentaires diminue, la courbe s'infléchit...CQFD!

La vraie victoire sur le chômage sera la diminution sensible du nombre total de chômeurs. Ce ne sera pas aussi rapide.

Boniments? Pub? Il est illusoire d'attendre une contre-publicité de la part de politiques avisés. D'avoir réussi une élection à la Présidence de la République confirme François Hollande dans la catégorie.

Sceptique (plus que jamais!)

*Ce n'est peut-être qu'une solution entre autres. Je ne suis pas assez calé pour en imaginer d'autres plus difficiles. Mais l'art de fausser les statistiques est, parait-il, le b, a,ba de la haute administration. Elle existe pour venir au secours des politiques.