C'est un dialogue, sur France Inter, entendu hier matin. Deux journalistes spécialisés tentaient de discerner les vraies intentions du gouvernement à travers la glose confuse, le "botter en touche", que ses principaux membres pratiquent: le redressement des finances publiques ne se fera que par l'impôt, les dépenses s'avérant politiquement et socialement intouchables, formait leur conclusion, effarée.

Une autre information, une indiscrétion au profit du Figaro, pose comme certain le renoncement à l'allongement de la durée des cotisations "retraite", le besoin de financement du système passant à la charge des finances publiques (comme ce fut le cas avant la réforme entreprise en 2009), au moins jusqu'en 2020, sous condition que l'actuelle majorité soit reconduite en 2017. Le deuxième mandat étant le dernier, un moins de démagogie serait permis. Si la droite revient au pouvoir, le choc contre les salariés à statut, de l'État et des services publics, sera, de nouveau, son affaire.

Mais, pour le moment, faute d'espoir de voir l'économie se redresser "naturellement", grâce aux mesures assouplissant le droit du travail et les finances des entreprises, utiliser jusqu'au dernier euro la valeur ajoutée de ce qui en reste, serait la tentation ou la nécessité. Un tour de vis à la rigueur, une politique de redistribution intégrale. 

Dans le fantasme de nos théoriciens, elle épargnerait automatiquement l'électorat de la majorité. La grogne des victimes resterait impuissante, politiquement et juridiquement minoritaire.

Ces intentions, de faire supporter tout le poids des dépenses publiques et des dépenses sociales à la minorité encore économiquement aisée, sont plausibles, malgré les propos lénifiants ou carrément flagorneurs du Président François Hollande en personne. L'absence de transparence de la politique fiscale est un trait historique qu'aucun pouvoir, pré-républicain, ou républicain, n'a jamais pu effacer.

L'essentiel, c'est qu'aucun basculement de la majorité d'ici à 2017 ne vienne compromettre ce projet sadique. Même un tombereau de votes "sanction" aux municipales et aux régionales précédant la prochaine présidentielle ne mettront en danger réel cette politique. La décentralisation est une fiction. Le vrai pouvoir est à l'Élysée, à Bercy, et, un peu, au Parlement.

Sceptique