À l'aune de la démocratie, la cause devrait pourtant être entendue. Le "Monde", amer, mais honnête, publie ce matin même un sondage qui donne 77% d'opinions favorables aux propos incendiaires de Manuel Valls. Une majorité qui ferait sauter de joie n'importe quel politique.

Le problème, c'est que les Roms s'en foutront complètement. Nos problèmes ne sont pas les leurs. Les voyages, dans un sens ou dans l'autre, ils en ont l'habitude. Ils font partie de leur culture de peuple nomade, ayant adopté, par nécessité, et commodité, l'économie de cueillette*.

Il ne servirait à rien de leur donner un territoire**. Pour le nombre qu'ils constituent, en France, entre 15.000 et 20.000, par rotation, un canton pourrait suffire pour qu'ils ne se marchent pas sur les pieds. Mais notre territoire est partagé entre de multiples propriétaires privés. Il y a peu de propriétés publiques. Alors, prendre à qui? Comment? En seraient-ils contents? Non, surement! Et les habitants expropriés et expulsés, ceux des cantons voisins, pas davantage. Conséquences électorales, aïe, aïe, aïe!

Les problèmes concrets posés à la population sur laquelle ils ont jeté leur dévolu souriant, sont l'affaire des élus locaux et des forces de police. À l'échelle de la classe politique, la question fait partie du "jeu de rôles". Les petits partis de gauche, désespérés de ne se voir grandir, quand ce n'est pas le désespoir d'avoir rétréci, adorent leur rôle de Zorros du peuple Rom***. Tracer un Z sur les fesses du sergent Hollande ou de son fidèle, mais pas muet, Valls, c'est le pied. Ça ne leur rapportera pas une voix, mais ils passeront sur toutes les chaines de Télé.

Cela fait partie de nos habitudes, nous ne nous occupons pas de ce qui se passe dans les autres pays de l'Union Européenne, de ce qu'y font les Roms, et de la réaction des habitants sédentaires. Ce que je sais, par information directe, c'est qu'un des peuples qui les héberge depuis des siècles, d'où ils partent, et où "on" les re-dépose par un pont aérien, les Roumains, les détestent, les méprisent, voudraient bien les envoyer au diable. 

Sans doute parce qu'ils ou elles sont à l'abri de la sanction démocratique, les commissaires européens réprouvent nos mauvais sentiments et notre manière de faire. Nos responsables politiques se croient obligés de les envoyer aux pelotes. Ils perdent leur temps.

Sceptique

*La "révolution néolithique", qui vit se généraliser, lentement, mais surement, l'agriculture et l'élevage, créa la tentation de se servir dans les provisions de céréales et de viande mises sous les yeux des affamés. Les producteurs durent se défendre, et la classe des guerriers remplaça celle des chasseurs. La période vit une expansion considérable, pour l'époque, de la démographie. Mais aussi, des guerres et des massacres. Les éleveurs formèrent des peuples nomades sur les terres plus propices au paturage qu'à la culture. Cela ne dura qu'un temps, en Europe. L'augmentation de la population favorisa la sédentarisation, l'agriculture au détriment de l'élevage extensif. La décision du peuple Rom, il y a mille ans, de se faire nomade fut trop tardive pour se tailler le territoire nécessaire. Toutes les places étaient déjà prises. Ils durent adopter la manière douce, mais subtile, pour satisfaire leurs besoins.

**Comme ce fut la solution pour les normands. Mais c'étaient des guerriers. Les serfs changèrent de maitres. Qui se partagèrent entre la France, et l'Angleterre, leur conquête de 1066.

***"Ils" se partagent les rôles. Les élus défendent les électeurs, ceux qui ne le sont pas, les roms.