Il y a dispute pour les définir. Les patrons des enseignes qui auraient besoin d'ouvrir le Dimanche, pour faire plus de chiffre? Leurs salariés, ayant un impérieux besoin de retirer un maximum d'un travail à temps partiel? Ou d'autres, trouvant un avantage à changer de jours de congé hebdomadaire? Ou, enfin, les syndicalistes, qui rassemblent dans leur opposition trois affirmations d'un coup: montrer qui commande l'économie marchande. Qui a la haute main sur les salariés. Qui a le pouvoir, indirect, de mettre à contribution les entreprises, pour remplir les caisses, auxquelles les salariés "défendus" contribuent peu.

Les lois en vigueur sont à l'avantage des syndicats. Mais elles ne satisfont pas certaines entreprises, celle de distribution, leurs salariés à temps partiel. Font-elles l'affaire de notre économie globale?

Sur l'espace occupé dans une page du "Monde" consacré à un autre aspect de l'actualité des commerces, les heures d'ouverture, une note incrustée rappelle "qu'en Allemagne, première économie d'Europe, tous les commerces sont fermés à partir de 18 heures". Comparaison n'est pas raison. L'économie allemande ne s'appuie pas sur son marché intérieur, mais sur ses exportations, toujours florissantes. Alors qu'on ne cesse de répéter, plus particulièrement à gauche, que notre économie doit s'appuyer sur la consommation, et donc sur le pouvoir d'achat . Les protestations contre l'austérité sont associées à ce rappel, sans le mode d'emploi pour rembourser autrement nos dettes publiques.

On sent que dans cette affaire, le gouvernement est divisé. Les pragmatiques sont conscients des inconvénients de la rigidité, qu'il ne faut pas faire la fine bouche devant quelques emplois de plus, dans les services, faute de pouvoir en créer dans la production, ce qui n'est pas pour demain.

Comme je l'écrivais dans un précédent billet, la révolte des intéressés, employeurs et employés, avait le mérite de mettre sur la place publique la question. Une société de consommation peut elle assigner des limites à l'offre? C'est ce que semblent penser quelques nostalgiques de la misère accessible à tous, au nom de l'anti-capitalisme primaire.

Dans l'état où se trouve notre société, avec son million et demi de chômeurs, et ses multiples assistés, qui ont jeté l'éponge, il me semble que tout est bon à prendre, que la révolte contre la fatalité fait oeuvre utile. Il est davantage nécessaire de lâcher la bride à ceux qui peuvent encore travailler et produire de la valeur ajoutée, que de surélever les clôtures. 

Notre syndicalisme refuse de prendre en compte cette réalité. Il semblerait qu'il n'en a pas besoin pour survivre, qu'il n'a rien à y gagner ou à y perdre. C'est cette irresponsabilité globale qui est un handicap. J'ai toujours approuvé l'idée de Ségolène Royal de rendre obligatoire l'adhésion à un syndicat, de son choix, de tous les salariés. De tous les professionnels, aussi, à mon avis, pour combattre la micronisation des syndicats, et leur surenchère obligée. Leur responsabilité devant leurs mandants serait nécessairement renforcée. 

Il a été remarqué que les syndicats les plus offensifs dans la sphère publique, étaient ceux qui signaient le plus d'accords dans la sphère privée....tant qu'il en est encore temps. Ils continuent d'achever les blessés.

Sceptique