La préparation, par nos représentants et le gouvernement, du budget 2014 est pour le moins troublante. En fait, il s'en prépare deux, le budget proprement dit, et celui de la Sécurité Sociale, pas loin d'être aussi aussi lourd que l'autre. 

Et comme, pour chacun des deux, les économies seraient politiquement coûteuses, ou impossibles, il n'est question que des diverses manières de faire les fonds de poche des français.

En matière de dépenses publiques, et de soins de qualité et en pointe technologique, nous avons pris des habitudes qui ne sont plus en rapport avec les ressources de notre économie marchande et la capacité contributive des français. Cette capacité est tirée vers le bas, en raison des salaires faibles quand il y en a, ou des allocations temporaires pour les chômeurs de longue durée.

Comme nos dépenses publiques sont pour leur plus grande part les salaires et charges de fonctionnaires ou de personnels à statut protégé, il n'est pas question, surtout aujourd'hui, de licencier les non-indispensables, ou de baisser le montant de leur traitement, comme ça s'est fait en Espagne, en Irlande, en Grèce. Tout au plus, leur point d'indice est bloqué, leur traitement ne suit, avec retard, que l'inflation..sous-évaluée.

Idem pour les dépenses de santé, dont la part la plus lourde est l'hôpital, en majorité, public. La médecine privée, essentiellement libérale, a atteint un niveau d'effectifs lui permettant, paradoxalement, de mieux se défendre des tentatives de la mettre à la diète.

Si nous étions un pays sous-développé, nous souffririons moins de la menace de perdre ces avantages d'un progrès économique, et du médical, qui sont derrière nous. Il y a bien quelques beaux esprits qui essaient de nous démontrer qu'en nous éloignant de la nature brute, nous avons en même temps perdu la santé, mais seuls les bien-portants les croient.

"Comment faire bonne chère avec peu d'argent?", c'est la question que se posent nos responsables. Ne pouvant se résigner à une vie plus spartiate, leur imagination s'est déployée du côté des recettes. Leurs sentiments ont orienté leurs regards vers ceux dont ils sont sûrs qu'ils ne sont pas leurs électeurs, les entreprises, et les épargnants. 

Les premières verront, malgré leur utilité chantée tous les jours à la messe médiatique, alourdir les prélèvements sur leurs bénéfices, qui fendent le coeur de nos députés, et des fiscalistes de Bercy. Les seconds verront l'intérêt de leur épargne, placée dans l'outil de production, ponctionné de 15,5%**, avec, si le Conseil Constitutionnel laisse passer, une rétroactivité remontant jusqu'à l'ouverture de l'investissement. "Is" ne liquideront pas ces comptes d'épargne, de peur que le capital soit raflé à son tour, mais il n'y mettront pas un sou de plus. Or, cette épargne contribue massivement à l'investissement dans l'économie marchande.

Ceux qui sont férus d'histoire de France se demandent, à la fin de la lecture de chaque chapitre, comment notre nation a pu se sortir vivante des erreurs économiques, politiques, ou militaires, cumulées depuis des siècles. Les représentants, ou les responsables, maintenant temporaires, du présent et du futur de notre peuple, soi-disant "le plus intelligent du monde", n'arrêtent pas d'égrener les bêtises.

Je ne vois qu'une raison. Bien que ce concept ait été porté au plus haut niveau par notre philosophe René Descartes, les passions se voient préférées, de plus en plus, par la grande majorité de notre peuple. Or les passions viennent toujours en soustraction de la raison. Il peut n'en rester plus du tout, ou fabriquée de toutes pièces et fausse.

Sceptique 

* Extrait du sketch de Raymond Devos "Je suis possédé de mon percepteur".

**Le dernier taux de prélèvements sociaux sur les revenus de cette épargne atteint déjà 12,5%. C'est surtout l'hypothétique rétroactivité du nouveau taux qui semble absurde, car elle devra amputer le montant de l'épargne elle-même, puisque les revenus annuels, y sont intégrés, après déduction des prélèvements et frais.