Je ne peux négliger cet événement, soulagement réel pour les victimes et les familles, preuve, aussi, que dans le secret le plus opaque, les politiques et les services de l'État n'abandonnent pas ces compatriotes, capturés par esprit de vengeance, ou par volonté de peser sur nos choix politiques, opposés à ceux des preneurs d'otages.

Nous avons du mal à comprendre ces procédés d'un autre âge*. Nous ne sommes pas des "petits saints", mais à nos yeux depuis longtemps, la prise d'otages est le fait de criminels, qui veulent échapper à la police et à la justice, ou exigent une rançon. Leur réapparition, systématique, dans les conflits qui nous opposent à des organisations islamistes depuis la décolonisation, ne nous laissent pas le loisir de les ignorer.   Nous devons affirmer notre solidarité avec les victimes d'enlèvement et de séquestration, et chercher la bonne méthode, permettant la libération des otages, sans encourager le procédé. D'où, je le pense, la durée de ces enlèvements, parfois cause de morts d'otages.

Cette libération est à mettre au crédit de François Hollande, qui, sur ce sujet particulier, se comporte de la même manière, sensible et solidaire des familles, peut-être avec plus de patience, que son prédécesseur. Le recul est assez long pour affirmer que ces actions ne sont pas récompensées par les électeurs. Mais c'est un devoir, et pas des plus faciles, qui échoit en héritage, à tout président de la République. Apparemment, pour longtemps!

Sceptique

*La prise d'otage n'a jamais été un procédé, dans notre histoire. À l'issue de batailles, les prisonniers de haut rang, princes, ou même, rois, étaient gardés avec tout le respect qui leur était du, jusqu'à la conclusion de la paix. Parfois, un monarque remettait en otage un des ses fils,pour obtenir la confiance de ses adversaires. Les prisonniers sans titre de noblesse étaient assez généralement mal traités.

Note du 31 Octobre 2013: Pendant toute la journée d'hier, les journalistes ont harcelé les responsables qui leur tombaient sous la main, pour leur arracher l'aveu du versement d'une rançon. Tous ont démenti fermement, tandis que le "Monde" avançait un montant de 20 millions d'euros. Personne n'est dupe, et à quoi bon (se) poser la question. Il est faux de dire que c'est l'appât du gain qui fait cibler davantage les français. Cette "préférence" est politique. Les français s'occupent encore activement de leurs anciennes colonies, avec lesquelles les rapports sont apaisés et solidaires. Ce qui ne fait pas l'affaire des conquérants d'aujourd'hui, tout simplement.

L'autre empêcheur de conquérir en rond, ce sont les États-Unis. Eux ne paient pas pour leurs otages, qui sont exécutés s'ils ne parviennent pas à s'échapper. Mais ils balancent des drones, qui éliminent au jour le jour ceux qui se distinguent par leurs entreprises terroristes.