Elle était pourtant concoctée, ciblée, votée, mais ses inventeurs devant éprouver quelques craintes, ils l'avaient rangée dans un placard. À court d'idées et d'argent, ne sachant pas comment en prendre plus, les nouveaux inventeurs, en cherchant bien, ou grâce à un renseignement, ont retrouvé la taxe dans sa cachette, et l'ont sortie.

Mal leur en a pris. Du jour au lendemain, ils se sont retrouvés face à une jacquerie, qui, partie de Bretagne, a gagné, comme autant de trainées de poudre allumées, presque tout l'hexagone.

Soixante-cinq millions de sujets de mécontentement, qui crient tous en même temps, c'est difficile à gérer, même avec trente-six ministres pouvant compter sur le soutien indéfectible de leur Ministre-en-chef, d'une part, et celui de leurs fidèles fonctionnaires, d'autre part.

Les trente-six avaient été nommés en Mai 2012 avec une consigne unique:"Embêtez qui vous pouvez!" Les quelques changements( deux ou trois) qui ont suivi, depuis cette date, ont hérité de la consigne unique, et chacun a fait son devoir.

Si les français ne pas contents, les ministres, eux, le sont. La plupart disent aux mécontents qui les concernent directement, qu'il faudra leur obéir, faire comme ils disent. Et ils les renvoient à leur chef:"voyez le Premier-Ministre!" La cellule de soutien psychologique est à Matignon.

Harcelé, le Premier Ministre, leur fait une réponse globale:"On va revoir tout le système fiscal'. Promis, juré! Et pas pour 2017. Pour 2015.

S'il est facile de dire que notre système fiscal est fou de complexité, et globalement dissuasif de faire autre chose qu'un travail salarié, privé, ou mieux, de nos jours, public, national ou territorial, il l'est beaucoup moins d'en changer un iota. Les fonctionnaires de Bercy, craignant de perdre des emplois....à Bercy, veillent sur leur trésor privé, le Code des Impôts.

Pour faire ce qu'il a promis, qui écouteront le Premier Ministre et son mentor caché, le Président de la République? Les français descendus dans la rue pour tout casser? Ou les brillants conseillers qui leur soufflent que "Non, "ils" ne leur prennent pas encore assez, qu'il faut leur prendre encore plus, et plus vite, dès qu'ils ont leur virement, en fin de mois. 

Car entre les conseils des maitres-tondeurs, et les annonces des politiques, il se dégage quelques idées, qui par leur répétition cyclique, acquièrent, à l'ancienneté, du galon.

La première est la fusion entre la CSG et l'IRPP. La CSG, inventée par Michel Rocard, alors Premier Ministre d'un Gouvernement de François Mitterrand, avait comme particularité, bien qu'elle fut une cotisation, faisant partie des prélèvement obligatoires, de ne pas être déductible. Son montant serait compté dans le revenu imposable. À 1% à son origine, l'annonce ne fut pas très douloureuse. Mais sans illusion sur la progression des dépenses de l'Assurance Maladie, auxquelles elle était destinée, je me disais, à titre d'exemple, qu'au taux de 50%, les français en arriveraient à payer un IRPP sur une base double de celle qu'ils avaient réellement perçue. La CSG a cessé d'être "non déductible" au delà des 2%, atteints rapidement. Pour sauver les emplois de comptables, les premiers 2%, sur les douze au total, sont toujours non déductibles!

Les choses (me) paraissent claires: la fusion d'une cotisation sociale, la CSG, et de l'IRPP, l'impôt dans toute sa pureté, implique, sauf état de démence dont je ne serais pas conscient, que les taux seraient identiques. Les non-imposables ne paieraient ni impôt, ni CSG, les "riches" qui atteignent la tranche supérieure, actuellement à 45%, paieraient 45% pour la CSG et 45% pour l'IRPP, soit 90% d'impôt, au total. Perçu à la source*, conformément au voeu de Monsieur Piquetout, le gros contribuable ne recevrait en début de mois que 10% de son traitement mensuel. 2000 euros au lieu de 20.000, par exemple**.

Investissez dans le barbelé, et le mirador en kit. Ça va être rentable!

Sceptique

*Le prélèvement à la source, sur la base de l'année fiscale précédente, existe sous la forme des tiers provisionnels, ou des acomptes mensuels pour les "mensualisés". Je me demande pourquoi tous les contribuables ne le sont pas, tellement le moyen est pratique et indolore. 

**Les taux, tels qu'ils sont accessibles sur internet, sont plus complexes, et finalement moins confiscatoires qu'on le dit. Les politiques de droite ont laissé de beaux restes. Encore de quoi jeter.